Jamila Hamisu | mars 29, 2020
Nouvelle en bref
Quand Hajiya Tabawa Hamza récolte ses tomates, elle les met dans des caisses en plastique plutôt que dans les paniers traditionnels en raphia. Malgré la petite taille des caisses, elle les préfère aux paniers, car peu de tomates se gâtent pendant le transport, minimisant ainsi les pertes. Par conséquent, elle a plus de tomates à vendre et son revenu est cinq fois plus important. Dans l’État de Kano, au Nigeria, plusieurs cultivateurs et cultivatrices de tomates utilisent les caisses en plastique au lieu des paniers. Maintenant, très peu de tomates s’abîment, et peu de gens se blessent pendant le transport.
C’est vendredi, et il est environ six heures du matin. Hajiya Tabawa vient juste de finir de cueillir des tomates. La veuve d’âge moyen appelle d’une voix forte sa fille aînée, et lui demande d’aider à transporter rapidement au marché les caisses en plastique remplies de tomates.
Madame Hamza vit dans la région administrative de Bunkure, au sud de l’État de Kano, au Nigeria. Elle cultive des tomates sur une exploitation de 100 mètres carrés, dont elle a hérité de son défunt mari.
Madame Hamza utilise des caisses en plastique pour transporter les tomates au marché, car, selon elle, ces caisses permettent de conserver les tomates plus longtemps. Elle place les tomates cueillies dans ces caisses et les achemine vers des villes telles que Lagos. Les caisses empêchent les tomates aient des contusions, soient broyées ou s’abîment pendant leur transport et leur manipulation.
Autrefois, elle transportait ses tomates dans des paniers en raphia tissés avec des feuilles et des branches de palmier. Mais, maintenant, elle préfère les caisses.
Madame Hamza explique : « Il y a quelques années, je vendais à peine un ou deux paniers par jour à cause des dommages que subissaient les tomates transportées dans les paniers en raphia … La majorité des client(e)s vient de la ville et préfère les tomates fraîches. J’enregistrais généralement des pertes. »
Elle utilise les caisses en plastique depuis 2018 et n’a aucun problème de tomates abîmées. Madame Hamza affirme que ses volumes de vente quotidiens sont passés d’un ou deux paniers en raphia à 10 ou 12 caisses plastiques. Cela lui a permis d’augmenter son revenu journalier qui est passé de 6 000 nairas nigérians (16 $ US) à 30 000 nairas (81 $ US).
Une caisse en plastique de tomates pèse environ 22 kilogrammes. Un panier en raphia de tomates pèse près de 60 kilogrammes, et contient ainsi assez de tomates qu’un peu plus que deux caisses et demie en plastique.
Mahmuda Dahiru est le responsable de l’association paysanne de Kwanar Gafan, dans la région administrative de Bunkure. Lui aussi a abandonné les paniers en raphia au profit des caisses en plastique. De ce fait, l’homme de 57 ans déclare : « Le revenu de mes ventes journalières de tomates est passé de 33 000 nairas (89 $ US) à 44 000 nairas (119 $ US). »
Al Hassan Shugaba est un agriculteur de la région administrative de Kura, dans l’État de Kano. Il cultive depuis 25 ans et livre des tomates à Lagos et dans d’autres zones éloignées au Nigeria. Il préfère également utiliser des caisses en plastique pour transporter ses tomates.
À ses dires, lorsqu’il transportait 100 paniers en raphia de tomates de sa ferme au marché, il perdait l’équivalent de 10 à 20 paniers à cause des dommages. Avec les caisses en plastique, la quasi-totalité des tomates arrive intacte à destination finale.
Monsieur Shugaba affirme que l’autre inconvénient des paniers en raphia c’est qu’ils blessent les personnes qui les utilisent. Il raconte qu’une fois, une personne qu’il avait engagée pour transporter ses tomates s’était blessée gravement à la main et avait dû aller à l’hôpital parce qu’elle avait perdu du sang.
Mal Auwal Salisu est le coordonnateur des circuits de commercialisation et de la logistique chez Pyxera Global, une organisation caritative qui distribue des caisses en plastique aux associations paysannes. Selon lui, utiliser des caisses pour transporter les tomates est un moyen sûr et économique qui permet aux producteurs et aux productrices de réaliser plus de bénéfices à cause de la durée de conservation plus longue et du nombre très limité de tomates qui s’abîment.
La présente nouvelle a été produite grâce au financement de la Fondation Rockefeller dans le cadre de son initiative YieldWise.