Zimbabwe : Les petits exploitants agricoles réduisent leurs pertes après récolte grâce à des récipients de conservation hermétiques (IPS)

| novembre 9, 2015

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La saison dernière, Mollene Kachambwa a perdu une tonne de maïs. Des charançons et des champignons ont détruit un cinquième du grain récolté par sa famille. Cette saison, les charançons et les champignons devraient se trouver une autre proie.

Pour protéger les récoltes de cette année des insectes nuisibles, Mme Kachambwa a entreposé son maïs dans une caisse en métal galvanisé hermétiquement clos. Connu également sous le nom de « silo », le récipient lustré trône fièrement sur sa ferme, dans le village de Kachambwa, dans la province centrale du Mashonaland, à 75 kilomètres au nord-est de Harare, la capitale zimbabwéenne.

Les agricultrices et les agriculteurs comme Mme Kachambwa dépensent souvent plus de 50 $US chaque saison pour l’achat de pesticides destinés à protéger leur grain entreposé contre les charançons. Mais ils disposent de peu de moyens de protection contre les champignons qui produisent l’aflatoxine une substance chimique toxique. Un lien a été établi entre l’affaiblissement du système immunitaire et le risque de cancer très élevé.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, 25 pour cent des denrées alimentaires du monde sont contaminées par l’aflatoxine. Des études menées par l’Institut de recherche sur les politiques alimentaires révèlent qu’environ 26 000 personnes meurent du cancer du foie chaque année en Afrique subsaharienne, en raison d’une exposition chronique à l’aflatoxine.

Toutefois, un nouveau projet teste l’efficacité de silos hermétiques en métal et de « super sacs » en plastique épais dans la réduction de la contamination du maïs entreposé par l’aflatoxine.

Charlene Ambali est la principale chercheuse et la coordonnatrice de projet d’Action Contre la Faim, un des partenaires du projet. Elle déclare : « Si les niveaux d’aflatoxine sont élevés dans le maïs produit par les agricultrices et les agriculteurs zimbabwéens, cela pourrait nuire non seulement à la santé des personnes, mais également … à la vente du maïs, une denrée vivrière cultivée dans le pays. »

Ozwell Chitono est agent de vulgarisation agricole dans le district de Shamva, dans la province centrale du Mashonaland. Il affirme que les mauvaises méthodes de séchage et de conservation favorisent la propagation de l’aflatoxine.

Le Dr Loveness Nyanga est chercheur et maître de conférences à l’Université du Zimbabwe. Le Dr Nyanga déclare : « Les collectivités [sont également] préoccupées] par le fait qu’elles doivent utiliser en permanence des pesticides et des engrais … [et] elles s’inquiètent du fait que cela constitue un risque pour la santé. Ils ont salué l’arrivée du récipient hermétique, car elles n’auront plus besoin d’utiliser des pesticides sur les grains récoltés. »

Alice Mhonda cultive dans le village de Mushowani. La saison dernière, elle a récolté deux tonnes de maïs qu’elle a conservé dans des sacs hermétiquement fermés. Elle a soigneusement empilé les sacs sur des structures en rondin, dans une pièce située à l’extérieur de sa cuisine.

Mme Mhonda déclare : « J’ouvrirai les sacs en février pour voir si cette méthode à fonctionner. Je suis heureuse de n’avoir pas été obligée d’acheter de pesticides. La saison dernière, j’ai utilisé sept pots de pesticides, mais j’ai tout de même perdu cinq sacs de maïs à cause des charançons, et une partie a moisi. »

Les récipients de conservation en métal sont une innovation appréciée dans le village de Kachambwa. Ils ont relancé les affaires de l’étameur Francis Pokoti, qui a fabriqué plus de 100 récipients en métal de diverses tailles pour le projet, et pour d’autres clients privés qui ont hâte de tester eux-mêmes la nouvelle technique.

Mme Kachambwa déclare : « J’ai confiance que mon maïs est à l’abri dans le récipient en métal. J’ai appris à faire sécher correctement le maïs avant de l’entreposer. Je place une bougie allumée pour … [enlever l’oxygène du] récipient avant de le sceller. J’ai également appris à faire des analyses pour évaluer la teneur en eau de mon grain avant de le conserver dans le récipient. »

Pour lire l’intégralité de l’article duquel provient cette histoire intitulée « Les petits exploitants du Zimbabwe tentent d’assurer leur sécurité alimentaire et de contrer les risques pour la santé à l’aide d’une technique de conservation hermétique », cliquez sur : http://www.ipsnews.net/2015/10/zimbabwes-smallholder-farmers-seek-address-food-security-and-health-risks-with-air-tight-storage-technology/