Vladmir Mzaca | mai 9, 2016
Au Zimbabwe, la sécheresse a de graves conséquences sur les vaches laitières de la province du Matabeleland-Sud. Sheila Lupuwana est triste de voir les vaches maigres et sous-alimentées chercher le peu d’herbe qu’elles peuvent encore trouver sur la ferme laitière de sa coopérative.
Toutefois, Mme Lupuwana a juré de ne pas abandonner l’élevage laitier à cause de la sécheresse. Elle a déjà commencé à se préparer pour la prochaine saison de soudure qui pourrait se caractériser par une baisse de production du lait et la mort des vaches laitières.
Il a beaucoup plu au Zimbabwe au cours des derniers mois. La mauvaise pluviométrie est attribuée au phénomène El Niño qui touche plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, et met à mal les sources de revenus de Mme Lupuwana et d’autres productrices laitières.
Des études récentes menées par le gouvernement révèlent que près de 25 000 bovins sont morts de faim au Zimbabwe.
Mme Lupuwana est la présidente de l’Association des producteurs laitiers d’Umzingwana, créée par un groupe de 20 femmes en 2002.
Elle affirme que la production du lait était faible l’an dernier. En novembre, l’association n’a produit que 558 litres, ce qui représente une petite portion des 5 000 litres qu’elles recueillent généralement par mois.
Une diminution de la production en période de soudure réduit la production de lait pasteurisé, de yaourt et de crème glacée de l’association.
Le problème est lié au manque de pâturage et d’aliments pour animaux. Mme Lupuwana explique : « La situation est difficile pour nous. On savait que le manque de pluie entraînerait une baisse de la production, car les vaches laitières n’auraient plus d’herbe à brouter. Nous sommes un groupe de femmes qui n’avons pas les moyens [d’acheter] d’autres suppléments. »
En mars, des pluies abondantes ont réjoui le cœur des femmes, ranimant ainsi leur espoir d’avoir de l’herbe et d’autres aliments pour leurs vaches laitières. Mme Lupuwana déclare : « Les pluies sont arrivées au bon moment parce que nous pourrons réaliser le plan que nous avions élaboré pour tenir le coup pendant cette période difficile. »
Mme Lupuwana soutient que l’association se prépare à constituer des réserves de fourrage pour s’assurer d’avoir suffisamment de fourrage en saison sèche. Elle affirme que les réserves de fourrage ne fournissent pas 100 % des aliments pour animaux, mais sont un complément au fourrage disponible en saison sèche.
Entre temps, cette faible production nuit sérieusement à certaines femmes, surtout celles qui doivent subvenir aux besoins de leurs familles après le décès de leurs époux. Mme Lupuwana déclare : « Elles doivent se débrouiller tant bien que mal pour prendre soin de leurs familles en raison de la baisse de la production de lait et du risque de perdre leurs vaches laitières à cause de la sécheresse. »
Sinini Ndlovu, membre de l’association, est veuve. Elle n’avait pas d’argent pour payer de quoi permettre à sa famille de célébrer les fêtes, en décembre dernier, et peinait à payer les frais de scolarité du premier trimestre de 2016. Elle déclare : « Je ne savais pas par quoi commencer parce que nos activités étaient au ralenti et c’était une utopie pour nous de penser faire des bénéfices. Nous craignions le pire et il me fallait trouver d’autres projets en dehors de la production laitière pour subvenir aux besoins de la famille. »
Même si le mois de mars a été bien arrosé, Mme Lupuwana affirme que, pour maintenir l’activité de production de lait, elles doivent s’assurer que leurs vaches ont de l’eau potable à boire à long terme. Elle déclare : « Nous sommes en quête d’un [bailleur de fonds] qui nous accordera un financement pour creuser au moins deux forages de plus, car il nous faut beaucoup d’eau pour continuer à arroser les pâturages si nous voulons constituer des réserves de fourrage. »
