Malawi : Le manque de communication altère l’amour dans une famille

| juillet 10, 2023

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Nouvelle en bref

Martha et Yohane James sont mariés depuis quatre ans, mais les trois dernières années ont été marquées par des différends. Madame James travaille à l’extérieur comme femme de ménage, et passe régulièrement cinq jours au travail sans rentrer chez elle. Son mari pense que ce n’est pas juste qu’elle ne rentre pas à la maison, tandis qu’elle trouve injuste de ne pas savoir combien il gagne en tant que constructeur. Ce jeu de reproches et le manque de communication ont creusé un écart entre eux. Barbra Banda est la présidente de l’ONG Gender Coordination Network au Malawi. Selon elle, au Malawi, les divorces résultent généralement du manque de communication. Elle explique : « Les couples doivent mieux communiquer chez eux. Ils doivent s’ouvrir l’un à l’autre par rapport aux différentes questions, y compris les questions financières. »

Il est quatre heures du matin, en ce lundi. Martha James a interrompu son sommeil, et effectue rapidement les tâches ménagères chez elle. Quelques minutes après, elle part à son lieu de travail où elle est femme de ménage. Généralement, elle reste là-bas cinq jours de suite sans rentrer à la maison. Madame James vit dans le canton populaire 23, à Lilongwe, la capitale du Malawi. Elle est mariée et est mère d’un enfant de 11 ans. Elle déclare : « Cela fait trois ans que je travaille, mais cet emploi a détruit ma famille. »

Elle ajoute que son mari est irrité de la voir passer autant de jours au travail. « Mais en même temps, je dois conserver mon emploi. Je ne peux pas arrêter de travailler, car je n’ai aucune autre source de revenus. » Yohane James et sa femme sont mariés depuis quatre ans. Il la rend responsable de l’absence de paix dans leur famille. Il déclare : « En tant qu’homme, je trouve injuste que ma femme passe des jours sans rentrer à la maison. Je crois qu’elle ne comprend pas mes préoccupations parce qu’elle fait comme bon lui semble. » Madame James pense que son mari est à l’origine des incompréhensions dans sa famille, car il cache les informations importantes. Elle explique : « Par exemple, j’ignore totalement combien mon mari gagne en tant que constructeur. Je… pense que je dois le savoir en tant que son épouse. »

Madame James soupçonne son mari de la tromper. Elle explique : « Il y a quelque temps, il a passé la nuit dehors, mais je ne lui ai pas posé de questions. À son retour, je lui ai demandé de retourner là où il avait passé la nuit. »

Madame James raconte s’être vengée de son mari une semaine plus tard. Elle a quitté le travail et s’est rendue chez son amie. Lorsque son mari l’appela pour savoir où elle était, elle lui dit de deviner lui-même.

Elle explique : « Je lui ai dit que cela ne devrait pas lui faire mal que j’aie passé la nuit à l’extérieur cette fois-ci. Honnêtement, je n’ai rien fait de mal, mais je voulais simplement lui donner une leçon.

Cette chasse aux coupables bouleverse la famille depuis trois ans. C’est un mariage qui ne tient qu’à un fil à cause du manque de communication. Le couple n’a pas le temps de discuter et de régler ses problèmes.

Monsieur James confirme que le manque de communication a envenimé la situation de sa famille. Il déclare : “Chacun fait comme bon lui semble. Cela favorise les disputes incessantes. Nous sommes théoriquement séparés.” Madame James explique : “J’ai impliqué des proches de mon mari dans nos désaccords familiaux, mais rien ne change. Mon mari continue de laisser notre enfant à la maison sans rien à manger, pourtant je sais qu’il gagne de l’argent. Si les choses ne changent pas, j’ai l’intention de quitter la maison avec mon enfant pour aller ailleurs.”

Mabyuto Phiri est le porte-parole du poste de police de Kawale, à Lilongwe. À ses dires, la situation difficile que traversent monsieur et madame James est monnaie courante. Il ajoute que des cas similaires sont rapportés chaque semaine à leur Unité de soutien aux victimes, un service spécialisé qui gère les cas de violence basée sur le genre, et garde confidentielles toutes les informations qu’il détient sur ces dossiers.

La violence basée sur le genre dépasse parfois le cadre de la violence physique. Monsieur Phiri explique : “Les cas que nous gérons se rapportent aux situations suivantes : des hommes ne laissent pas de quoi acheter de la nourriture, des couples ne s’informent pas mutuellement de leur retour tardif à la maison et des époux s’enferment l’un l’autre à l’extérieur de la maison.”

Il ajoute : “Lorsque nous recevons ces cas, nous invitons les couples pour écouter ce qu’ils ont à dire. À ce moment, nous identifions les points de désaccord et les faiblesses. Par la suite, nous atténuons leurs dissensions et leur prodiguons des conseils.”

Selon monsieur Phiri, entre janvier et mars de cette année, le poste de police a enregistré au moins 201 cas liés à la violence physique, émotionnelle et sexuelle qui proviendrait d’une absence de bonne communication au sein des couples.

Barbra Banda est la présidente de l’ONG Gender Coordination Network au Malawi. À ses dires, beaucoup de divorces au Malawi ont leur source dans le manque de communication. Elle explique : “Les couples doivent mieux communiquer chez eux. Ils doivent s’ouvrir l’un envers l’autre par rapport aux différentes questions, y compris les questions financières.”

Elle ajoute : “Nous conseillons et encourageons les couples, notamment les femmes, sur les façons d’avoir une meilleure communication dans leur couple.”

Les interventions de la police et de l’ONG Gender Coordonation Network pourraient contribuer à réunifier la famille James. Mais leurs problèmes persistent à cause du manque d’accompagnement.

Cette nouvelle a été produite avec le soutien financier du gouvernement du Canada, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, dans le cadre du projet iHEARD (Innovations en matière de santé, de droits et de développement). Le projet est dirigé par un consortium composé de : CODE, Radios Rurales Internationales et MSI Reproductive Choices et mis en œuvre au Malawi par FAWEMA, Farm Radio Trust, Women and Children First UK et Maikhanda Trust, Girl Effect/ZATHU, Viamo et Banja La Mtsogolo.

Photo: Image d’archives de Radios Rurales Internationales