Projecteurs sur Mubiru Ali de Radio Simba, finaliste du Prix des communications George Atkins

| novembre 6, 2017

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L’agriculteur, enseignant et radiodiffuseur Mubiru Ali sait que ses émissions radiophoniques transforment des vies. Il produit et anime des émissions agricoles hebdomadaires à Radio Simba qui dessert le centre, l’est et l’ouest de l’Ouganda. Il évalue à 15 000 le nombre de numéros de téléphone d’agriculteurs et d’agricultrices figurant dans sa base de données. Il se peut qu’il ne se rappelle pas tous leurs noms, mais eux se souviennent de lui.

Il se rappelle : « L’an dernier, un agriculteur de Kasambya, à Mubende, m’a apporté une chèvre pour me remercier d’avoir donné des informations sur la patate douce à chair orange, y compris sa culture, les raisons de la cultiver et où trouver des marchés. Il était très content que je lui ai fourni les renseignements dont il avait réellement besoin à ce moment. Il a vendu ses patates douces à chair orange et a pu payer quatre années de scolarité pour tous ses 12 enfants. Par conséquent, il m’a donné une chèvre. »

Pour monsieur Mubiru, il y a quelque chose de bien meilleur à la chèvre dont on lui avait fait don. Lorsque la légionnaire a ravagé les champs des paysans et des paysannes ougandais pour la première fois, monsieur Mubiru en a parlé à la radio, et a diffusé les voix d’agriculteurs et d’agricultrices. Puis, des représentant(e)s du ministère de l’Agriculture sont intervenus.

Il déclare : « Les meilleurs moments c’est quand nous parlons des problèmes des agriculteurs et que le gouvernement prend des mesures pour y remédier. Le gouvernement a distribué gratuitement des pesticides aux paysans pour les aider. »

Monsieur Mubiru a 30 ans. Cela fait six ans qu’il travaille avec Radio Simba, un partenaire de Radios Rurales Internationales.

Qu’il s’agisse de lutte contre les ravageurs ou d’essai de nouveaux outils pour obtenir un bon prix pour leurs récoltes, les agriculteurs et les agricultrices comptent sur Radio Simba pour obtenir des informations leur permettant de profiter de leurs cultures.

Cependant, il peut s’avérer difficile de recueillir des informations et de les présenter clairement. Monsieur Mubiru affirme que c’est frustrant quand les spécialistes ne sont pas disponibles pour des interviews. De plus, l’explication de techniques complexes à la radio peut être une tâche délicate.

Il ajoute : « Certaines questions exigent des démonstrations pratiques. Je trouve difficile d’expliquer lorsque les gens ne vous voient pas, [quand] ils sont incapables de voir en personne ce que vous leur dites. En tant qu’enseignant je fais de mon mieux. »

Monsieur Mubiru est enseignant de formation, et s’est converti au métier radiophonique lorsqu’il se rendit compte de la différence que pouvaient faire des renseignements fiables sur le marché dans la vie des agriculteurs et des agricultrices.

Il explique : « Ma mère m’a motivé à m’engager dans la radio. Ma mère était cultivatrice et j’ai été témoin des difficultés qu’elle éprouvait pour nous faire vivre, et de ce qu’elle pouvait gagner à la fin de la récolte. Aussi, j’ai pensé que je pourrais me faire le porte-parole des agriculteurs afin de les aider à obtenir le bon montant pour leurs produits agricoles. »

Maintenant, son objectif est de mettre les paysans et les paysannes en contact avec les acheteurs, et de s’assurer que les premiers soient informés des prix proposés sur le marché, afin qu’ils puissent bénéficier d’un traitement équitable.

Monsieur Mubiru diffuse régulièrement des discussions communautaires en direct. Il invite des expert(e)s, des agent(e)s de vulgarisation agricole et des agriculteurs et des agricultrices locaux expérimentés pour discuter des sujets et faire une démonstration des techniques.

Mais il ne se fie pas uniquement à ses sources. Il s’appuie également sur son expérience personnelle en tant qu’agriculteur. Monsieur Mubiru cultive du maïs, de la banane et des patates douces à chair orange.

Il déclare : « Je me suis en fait impliqué dans l’agriculture pour avoir des informations de première main, et pas uniquement des anecdotes. Ensuite, je peux communiquer les renseignements appropriés [à la radio] à mes collègues agriculteurs. »

Tout cela fait partie de ses efforts visant à changer les mentalités vis-à-vis de l’agriculture. Selon lui, lorsque les villageois(e)s voient un(e) universitaire repartir au champ, cela les encourage à considérer l’agriculture comme un métier rentable.

« Je suis fier d’être moi aussi un agriculteur. C’est la raison pour laquelle je prêche ce que je fais. Beaucoup de personnes instruites tirent profit de ce type d’activités. »

Chaque année, Radios Rurales Internationales décerne le Prix des communications George Atkins aux radiodiffuseurs et aux radiodiffuseuses qui font montre d’excellence en offrant des émissions visant à aider les agriculteurs et les agricultrices d’exploitations familiales à nourrir leurs familles et accroître leurs revenus. Ce prix porte le nom de feu le Dr George Atkins, fondateur de Radios Rurales Internationales.