Comment un groupe de vérification des faits dirigé par des étudiants combat les mythes et la désinformation sur le COVID-19 (IJNET)

| janvier 4, 2021

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Lorsque le Nigeria enregistra son premier cas de COVID-19 en février 2020, Sultan Quadri commença en entendre des rumeurs partout.

L’étudiant nigérian en journalisme de 19 ans, de la Lagos State University, se souvient de la rumeur qui courait selon laquelle la chloroquine pouvait guérir le COVID-19, ce qui n’a pas été prouvé. D’autres mythes disaient que les réseaux 5G propageaient le COVID-19 et que la chaleur empêchait ou ralentissait sa propagation, ce qui est faux. Certain(e)s doutaient même de l’existence du COVID-19.

Quelques semaines plus tard, monsieur Quadri réalisa qu’il ne fallait pas laisser ces rumeurs continuer à se propager. En s’inspirant de plateformes comme Africa Check et Dubawa, il décida de combattre les mythes et la désinformation en créant un groupe de vérification des faits.

People’s Check commença en mi-avril avec plus de 15 vérificateurs(rices) de fait de sept institutions. Leur objectif : apporter des corrections aux mythes et aux rumeurs en rassemblant des informations exactes et à jour auprès de sources fiables.

En mi-mars, People’s Check avait publié plus de 20 faits vérifiés. En mai, le groupe reçut un petit financement dans le cadre du Meedan’s Check Global COVID-19 Fund pour poursuivre son travail. En juin, People’s Fact démarra un projet de vérification des informations sanitaires dénommé « Verify Nigeria. »

Au moyen de graphiques, de vidéos, de podcasts et de blogues, le projet « Verify Nigeria » a lutté contre les mythes et la désinformation au moyen de contrôles précis et de notes d’information. Le groupe a également produit un contenu pour aider le public à reconnaître la désinformation et à vérifier lui-même les faits. Aujourd’hui, le site Web de People’s Check continue de se développer, avec des faits vérifiés sur la santé, la politique, l’économie, etc.

Monsieur Quadri et ses collègues vérificateurs(rices) sont autodidactes. Il affirme que leurs premiers pas dans la vérification des faits ont été des cours d’initiation à la vérification des faits de la First Draft and Poynter News University. Plus tard, le groupe a également participé à l’atelier sur la désinformation en matière de santé d’Africa Check’s qui a été offert gratuitement aux journalistes nigérians.

Ololade Olabiyi, une autre étudiante vérificatrice de faits de la Lagos State University, travaille avec People’s Check depuis sa création. Elle affirme que People’s Check lui a appris comment détecter les fausses nouvelles au moyen d’outils comme Yandex et Tineye pour la recherche d’images inversées, inVID pour la vérification des vidéos et Tweetdeck et Google Trends pour le suivi des médias sociaux.

Outre le COVID-19, monsieur Quari espère que People’s Check pourra promouvoir la culture de vérification des faits auprès de la jeunesse nigériane et bâtir une génération de vérificateurs(rices) des faits. People’s Check a déjà réalisé des progrès à cet effet. Lors de trois événements publics, le groupe a formé plus de 200 étudiant(e)s, journalistes et citoyen(ne)s sur des outils et des approches pour la vérification des faits.

À mesure que People’s Check poursuit son envolée, le groupe recherche de nouveaux moyens de promouvoir son travail, déclare Nonso Ezebuiro, le stratège en développement du groupe. Il souligne que les médias sociaux et la publicité sur la toile seront essentiels pour cette stratégie, mais que People’s Check ne dispose pas pour l’instant du financement nécessaire pour élargir ses activités.

« Nous croyons fermement que notre développement jusqu’ici est dû aux normes élevées que nous nous sommes fixés en tant qu’équipe, » déclare monsieur Ezebuiro. « Par conséquent, nous voulons continuer à faire un travail de qualité [et] à trouver les bons talents pour nous aider à aller de l’avant. »

People’s Check participe au Programme sur le de savoir-faire en matière de donnée organisé par Code for Africa, en partenariat avec la Banque mondiale.

Le présent article est adapté de l’article « Student-led outlet fights misinformation, trains young fact-checkers in Nigeria. », initialement écrit par Sultan Quadri est publié par IJNet. Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur :https://ijnet.org/en/story/student-led-outlet-fights-misinformation-trains-young-fact-checkers-nigeria