admin | mars 21, 2024
Radios Rurales Internationales (RRI) a organisé, du 12 février au 08 mars 2024, quatre semaines de discussion en ligne ayant réuni plus de 90 radiodiffuseurs et radiodiffuseurs de son réseau de stations de radio et des membres de la société civile africaine pour la discussion sur WhatsApp.
Consacrée au travail de soins non rémunéré, cette discussion en ligne sur WhatsApp a connu la participation de deux spécialistes des questions d’égalité de genre et inclusion (EGI) du Burkina Faso et du Mali: messieurs Herman DAWEGA de l’Association pour la Promotion des Enfants en Difficultés (APED) du Burkina Faso et Adama CAMARA Direction Régionale de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille de Sikasso au Mali,. Ces derniers ont accompagné les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses dans la quête d’une meilleure compréhension des enjeux relatifs au travail de soins non rémunéré pour leurs communautés, notamment les femmes et les filles. Cette discussion en ligne de quatre semaines ont ainsi permis aux participant.es de :
- Comprendre la notion de “Travail de soins non rémunéré”
- Connaître les normes sociales relatives au travail de soins rémunéré
- Cerner l’impact des normes sociales et des attitudes sur la répartition du travail de soins non rémunéré tout en explorant les ressources et infrastructures nécessaires pour soutenir les personnes impliquées dans le travail de soins non rémunéré
- Savoir comment aborder les sujets liés au travail de soins non rémunéré à l’antenne dans des émissions radio.
La première semaine a été consacrée aux présentations des spécialistes et des participant.e.s de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. D’un point de vue quantitatif, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses de la République Démocratique du Congo ont constitué une part importante du lot des participant.e.s. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses ont également pu exposer leurs intérêts pour la discussion en ligne et le thème choisi. De plusieurs régions du continent africain, ces professionnels de la radio ont fait part de l’importance pour leurs communautés d’ouvrir un débat sur les soins non rémunérés.
Dans leur exposé, messieurs Herman DAWEGA de l’Association pour la Promotion des Enfants en Difficultés (APED) du Burkina Faso et Adama CAMARA Direction Régionale de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille de Sikasso au Mali, les spécialistes invités ont insisté sur la prise en compte du travail de soins non rémunéré comme une question importante liée à l’égalité de genres et inclusion. Ils ont également rappelé le poids social, psychologique et économique de ces soins non rémunéré sur les filles et femmes tout en pointant du doigt leur impact sur la société toute entière. De la perspective des participant.e.s, l’accent a été mis sur l’importance de la sensibilisation comme moyen efficace pour ouvrir le débat sur le travail de soins non rémunéré, surtout dans les communautés rurales.
Au cours de la discussion, il est apparu clairement que les attitudes à l’égard du travail de soins non rémunéré évoluent, les jeunes générations participant de plus en plus au travail non rémunéré. La division du travail varie selon les zones rurales et urbaines. Les femmes rurales consacrent plus de temps aux tâches non rémunérées, tandis que les hommes consacrent la majeure partie de leur temps à un emploi rémunéré. Par contre, les femmes urbaines peuvent avoir moins de temps à consacrer aux soins non rémunérés, car elles doivent concilier travail rémunéré et garde d’enfants, éducation, soins aux personnes âgées et services communautaires. Cela les amène à utiliser des services rémunérés, transformant le travail de soins non rémunéré en travail de soins rémunéré.
Malgré ces disparités géographiques, les femmes constituent la colonne vertébrale de la mise en œuvre des soins non rémunérés. La santé des membres de la famille, la prise en charge des enfants et les attentes de la société influencent considérablement leur implication dans le travail de soins non rémunéré. Les réseaux de soutien, les initiatives communautaires et les avancées en termes de législation portant sur le travail de soins non rémunéré sont essentiels pour soutenir les personnes engagées dans les soins non rémunérés en Afrique, en leur apportant un soutien psychosocial, en les formant et en leur donnant les moyens d’agir. En définitive, les participant.e.s se sont mis d’accord sur le fait que les normes sociales constituent des pesanteurs importantes en matière des soins non rémunérés.
En ce qui concerne les changements nécessaires au travail de soins non rémunéré, l’accent a été mis sur la nécessité de remettre en question les politiques et les rôles traditionnels des hommes et des femmes et de promouvoir l’égalité dans la prestation de soins. Les radiodiffuseur.seuse.s ont souligné l’importance de partager les responsabilités de soins et de soutien de famille entre les sexes, d’encourager les individus à poursuivre leurs intérêts indépendamment des normes de genre, et de fournir un accès égal aux opportunités d’éducation et de formation.
Les radiodiffuseurs.seuses ont insisté sur la nécessité d’éduquer tout le monde sur les effets négatifs des stéréotypes de genre, de soutenir ceux qui sont confrontés à la discrimination ou à la violence fondée sur l’identité de genre, et de reconnaître et célébrer les réussites des hommes et des femmes. Les radiodiffuseurs.seuses ont mis l’accent sur la nécessité de s’attaquer au fardeau inégal des soins non rémunérés qui pèsent sur les femmes, d’impliquer les hommes dans les tâches ménagères et les soins à la famille, et de mettre en place des modalités de travail flexibles.
La sensibilisation au sein des familles et à travers les moyens médiatiques a été également ciblée comme un moyen efficace pour faire bouger les lignes, de manière efficace, en ce qui concerne le travail des soins non rémunéré. Les participant.e.s ont également lancé un vibrant appel au pouvoir public, aux ONG locales et aux organisations internationales pour une intensification des campagnes de sensibilisation et des actions de plaidoyer pour offrir des plateformes de discussion et d’action pour soulager les personnes engagées dans les SNR, notamment pour soulager les filles et les femmes qui sont les plus touchées par cette problématique.
La dernière semaine a permis aux participant.e.s de s’appesantir sur comment aborder le travail de soins non rémunéré à l’antenne. Cette semaine peut être résumé en quatre points. Dans un premier temps, les radiodiffuseurs.seuses ont évoqué les potentiels thèmes des épisodes d’émissions radio pouvant porter sur le travail de soins non rémunéré. Les sujets proposés sont les suivants : la compréhension du travail non rémunéré, la promotion d’une répartition égale du travail, l’autonomisation des filles, la démystification des stéréotypes liés au genre, la discussion sur le monde invisible du travail non rémunéré, le pouvoir des femmes, l’histoire des travailleurs non rémunérés, les hommes et le travail non rémunéré, la masculinité positive, le partage équitable des soins non rémunérés, etc.
Dans un second temps, les participant.e.s ont pu cibler les personnes ressources devant intervenir sur ces questions à l’antenne. Un accent particulier a été mis sur le fait que la radio doit donner la parole aux filles et femmes qui sont majoritairement concernées par les SNR. Plusieurs ont également conseillé que les émissions radio puissent être mises en ondes dans les langues les plus parlées par les communautés (rurales), afin que le message ait un écho effectif au sein des familles.
Troisièmement, les radiodiffuseurs.seuses ont échangé sur les formats radio les plus adaptés pour ces émissions interactives. Pour finir, plusieurs ressources de RRI portant sur le travail de soins non rémunéré ont été partagées dans le groupe WhatsApp, afin de permettre aux radiodiffuseurs.seuses d’avoir des informations pertinentes pouvant leur permettre de préparer leurs émissions radio. RRI invite tous les partenaires radio à produire des épisodes sur le travail de soins non rémunéré à partir du mois de mars, mois de la Journée internationale de la femme, et tout au long du mois d’avril. Toute personne qui produira un épisode sur ce thème entre le 1er mars et le 30 avril 2024 pourra participer à un tirage au sort pour recevoir l’un des 30 prix d’une valeur de 100 $ CAD. Il vous suffit de remplir ce formulaire pour indiquer votre participation : https://forms.gle/ntsKFiKZWzSYsavv5
La discussion en ligne sur le travail de soin non rémunéré a permis d’aborder la question du travail de soins non rémunéré. Durant cette discussion en ligne WhatsApp, une approche participative avec des questions-réponses a été adoptée. Elle a permis aux participant.e.s de donner librement leur opinion. Les divergences sur le thème abordé ont offert l’opportunité de saisir cette problématique de plusieurs perspectives. A la fin de cette discussion, deux recommandations peuvent être mises en avant. D’une part, les participant.e.s ont souhaité que Radios Rurales Internationales continuent de faire émerger, régulièrement, des plateformes de discussion et d’apprentissage sous le format de discussions en ligne. Ces opportunités constituent, selon les participant.e.s, de bons formats d’apprentissage et de mise en relation pour les stations de radio. D’autre part, les participant.e.s encouragent toutes les initiatives qui visent à faire du plaidoyer sur les questions liées au travail de soins non rémunéré, notamment via le moyen de la radio, le premier canal d’information des communautés rurales.