Discuter la santé et droits sexuels et reproductifs

| août 16, 2024

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Radios Rurales Internationales (RRI) a bouclé, au début du mois de juillet 2024, une discussion en ligne de quatre semaines ayant porté sur la santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR). Au total, 208 personnes dont des radiodiffuseurs et radiodiffuseuses de stations de radio, des membres d’organisations de la société civile africaine et des professionnels du secteur de la santé ont rejoint notre groupe WhatsApp dédié aux francophones. Sur les 208 membres inscrits, 85 ont obtenu des attestations pour leur participation active.

L’objectif de la discussion était de :

  • Comprendre l’importance de la santé sexuelle et reproductive, de donner aux communautés les moyens d’affirmer leurs droits et de réclamer l’accès aux services et aux informations de qualité.
  • Explorer comment la violence basée sur le genre impacte la santé reproductive des femmes.
  • Promouvoir l’égalité des sexes, en remettant en question les stigmates et les tabous, et en veillant à ce que les individus puissent exercer leurs droits et faire des choix éclairés concernant leur santé sexuelle et reproductive.

Au cours de la discussion, il est devenu évident que les sujets relatifs à la santé et aux droits sexuels et reproductifs sont sensibles et parfois considérés comme tabous dans la plupart des pays africains. Il existe des obstacles à l’accès à l’information, car certains sujets peuvent donner sous le coup de la loi. Certains thèmes généraux liés à la santé sexuelle et reproductive ne peuvent être abordés qu’à des heures spécifiques. Les normes religieuses et culturelles, ainsi que les lois et réglementations des pays, ont été identifiées comme les principaux obstacles. De la discussion, il est à noter que les médias jouent également un rôle important dans la sensibilisation et l’éducation du public sur les questions liées aux SDSR, mais cela n’est pas toujours facile en raison de ces obstacles et des tabous sociaux.

Bien qu’il soit communément admis que la violence basée sur le genre affecte tout le monde, la discussion s’est concentrée sur la manière dont elle touche la santé reproductive des femmes. La violence contre les femmes est l’une des violations des droits humains les plus fréquentes, mettant en danger la santé physique et psychologique des femmes, ainsi que le bien-être de leurs enfants. Les participants ont partagé ce qu’ils croient être les causes profondes de la violence basée sur le genre. Il en ressort que la violence basée sur le genre (VBG) est un problème grave qui découle de divers facteurs, notamment :

  • les normes sociales et culturelles, le déséquilibre et le rapport des pouvoirs au sein de la société, la dépendance économique, le manque d’éducation et les traumatismes non résolus ;
  • le travail non rémunéré des soins, qui est souvent réservé aux femmes, alimente la violence basée sur le genre, car elles dépendent presque entièrement de leurs maris pour la plupart de leurs besoins.

S’attaquer aux causes profondes et impliquer les hommes dans les efforts de prévention de la violence basée sur le genre peut promouvoir une culture d’égalité des genres, soutenir la santé reproductive des femmes, créer une société plus sûre et équitable pour tous et toutes, et réduire les cas de violence sexuelle.

Le renforcement des cadres juridiques et de leur application, en engageant toutes les parties concernées, comme les organisations religieuses, les ONG, les leaders traditionnels et les acteurs clés du gouvernement, à travers des discussions publiques (émissions de radio, réunions publiques, campagnes de sensibilisation, etc.) tout en offrant un accès à des services de santé sexuelle et reproductive de qualité, a été identifié comme une étape essentielle pour lutter contre la violence basée sur le genre.

La dernière semaine de la discussion était consacrée à la manière de tenir des conversations pertinentes et non discriminatoires sur la santé et les droits sexuels et reproductifs à l’antenne. Parler des SDSR à la radio est important. Cela aide à éduquer les auditeurs et auditrices sur les questions de santé sexuelle et reproductive, les droits, et les options disponibles, à normaliser certains sujets sensibles, et à aider les auditeurs à prendre des décisions éclairées sur leur corps, leur santé et leur bien-être. Il est crucial de se rappeler que les SDSR peuvent sembler être des sujets banals pour certains, mais très sensibles pour d’autres. Cette sensibilité est souvent liée à la culture, au contexte religieux, au genre, à l’âge, à la classe sociale et au niveau d’éducation, comme nous l’avons remarqué au cours des deux semaines de discussion. Pour cette raison, il est important de prendre en compte vos auditeurs et de leur faire sentir qu’ils peuvent participer en toute sécurité et librement.

Les participants ont partagé s’ils avaient produit ou prévoyaient de produire une émission sur la santé et les droits sexuels et reproductifs. Ils ont également expliqué comment ils veillent à inclure et représenter les audiences ayant un accès limité aux informations et services de santé lors de ces discussions.

Les sujets proposés par les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses comprenaient, entre autres : les défis et l’importance de la divulgation du statut VIH dans le contexte des droits et de la santé sexuels et reproductifs, les communautés sans grossesse chez les adolescentes, les infections sexuellement transmissibles (IST) et comment les prévenir, les méthodes de planification familiale, etc.

La discussion a été soutenue par des experts et expertes en santé sexuelle et reproductive, notamment Dr Toh ZEREGBE, médecin et chef de service au Programme National de Santé de la Mère et de l’Enfant en Côte d’Ivoire, et Madame Fatoumata Coulibaly, sage femme et point focal de ressource SDSR au Mali.