Zimbabwe: Les plantes résistant à la sécheresse donnent de l’espoir aux petits exploitants agricoles

| mai 6, 2013

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Pendant de nombreuses années, le maïs a été la principale source de nourriture et de revenus de Michael Moyo. Mais ces dernières années, un certain nombre de sécheresses l’ont forcé à se remettre en question. Il a maintenant commencé à cultiver des plantes qui résistent mieux à la sécheresse telles que le sorgho et le millet.

M. Moyo est un agriculteur qui s’est réinstallé dans la province du Matabeleland Nord, au Zimbabwe. Il tombe très peu de pluie dans cette province. Récemment, il y a eu encore moins de pluies et les saisons agricoles sont devenues imprévisibles. M. Moyo est un des premiers agriculteurs de la région à s’être converti à la culture de plantes résistant à la sécheresse afin de réduire l’impact du changement climatique.

Le maïs de M. Moyo souffre d’une insuffisance d’humidité. Il explique: « Les températures élevées affectent mes rendements de maïs [alors qu’] en même temps, elles favorisent la prolifération de mauvaises herbes et d’organismes nuisibles. » Il a été forcé d’investir beaucoup plus dans les pesticides et le désherbage, mais ses rendements ont souffert du manque de pluies.

M. Moyo a approché le Département des services agricoles, techniques et d’extension. On lui a conseillé de cultiver des plantes qui poussent bien malgré une faible pluviométrie. Il dit: « Les agents du Département m’ont conseillé d’utiliser des petits grains. Il y en a quelques-uns parmi nous qui avons suivi ces conseils. » La plupart des agriculteurs de la région se sont montrés réticents à cultiver des petits grains tels que le sorgho et le millet.

Sithabisiwe Ndlovu est une agricultrice locale. Elle soutient qu’elle ne suivra pas de si tôt l’exemple de M. Moyo. Elle trouve que les petits grains exigent trop d’efforts. Elle explique: « Les petits grains sont difficiles à récolter, surtout aux stades de battage et de transformation, où il me faudrait engager des gens pour le faire. » Mme Ndlovu reconnaît que la situation est mauvaise. Mais pour le moment, elle va continuer à cultiver du maïs.

Mme Sharlene Mabharani est l’agente agricole, technique et de vulgarisation pour le district local. Elle dit que la seule façon pour les petits agriculteurs du Matabeleland de s’adapter aux effets du changement climatique est de se convertir aux plantes résistant à la sécheresse. Elle poursuit: « Les petits grains sont adaptés au Matabeleland. Nous encourageons fortement les agriculteurs à [se] familiariser avec ce genre de culture. »

Mais il y a un inconvénient. Mme Mabharani dit: « Les agriculteurs disent que les plants (…) risquent de se faire picorer par les oiseaux. » Elle croit que ce problème peut être contrôlé. Elle explique: « Si, dans une région, une majorité d’agriculteurs cultivent des plantes similaires, les dommages seront partagés, plutôt que ce soit un seul agriculteur qui souffre. »

Dans le Matabeleland, les agriculteurs dépendent traditionnellement de la culture du maïs. Mais M. Moyo croit que, si les agriculteurs veulent survivre, il est urgent qu’ils considèrent autre chose que le maïs. Il explique: « Je dois envoyer mes enfants ainsi que les enfants de mon défunt frère à l’école. Ma seule source de revenus est liée à l’agriculture. Vu que le maïs ne donne pas, il faut que je considère d’autres options. »