Zimbabwe : L’embouche bovine ravive l’espoir des agricultrices et des agriculteurs qui élèvent du bétail 

| mai 4, 2015

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Thuthani Moyo et plusieurs autres agricultrices et agriculteurs qui élèvent du bétail ont subi un revers majeur lorsque près de 13 000 bovins ont péri pendant la sécheresse qui a frappé le Zimbabwe en 2013. M. Moyo avait craint que son rêve de devenir un riche agriculteur éleveur de bétail n’ait volé en éclats.

M. Moyo vit à Figtree, au sud-ouest de Bulawayo, dans la province du Matabeleland Sud du Zimbabwe, encline aux sécheresses. À la fin de la sécheresse, M. Moyo et d’autres agricultrices et agriculteurs ont formé l’Association agricole de Figtree. Les membres de l’association ont décidé de créer un parc d’engraissement local pour l’embouche bovine, afin de protéger leur bétail advenant qu’il n’y ait plus de pâturages lors de futures sécheresses. Le parc engraisse le bétail avec des aliments spéciaux avant de le vendre.

M. Moyo peut désormais engraisser rapidement ses animaux de sorte qu’ils aient un bon poids. Il peut également les vendre rapidement. Il déclare : « Je ne ressasse plus le passé depuis que j’ai adhéré au projet d’embouche bovine l’an dernier. »

Les agricultrices et les agriculteurs paient 15 $US par mois pour engraisser chaque vache du parc d’engraissement. Les vaches atteignent leur poids visé qui varie entre 400 et 700 kilos en trois mois ou moins.

M. Moyo achète 5 bovins tous les quatre mois et peut en engraisser près de quinze par an. Il paie environ 300 $US pour une vache de 18 mois. Une fois engraissées, il vend les vaches directement aux abattoirs pour une somme pouvant atteindre 900 $US, en fonction de leur poids final. Il raconte : « Une agricultrice ou un agriculteur peut faire jusqu’à [200 pour cent] de bénéfice … en les soumettant tout simplement à un régime d’engraissement. »

Dans plusieurs régions rurales du Zimbabwe, les bœufs sont un symbole de statut social, et plusieurs agricultrices et agriculteurs n’ont pas l’habitude de les vendre. Ils préfèrent voir leurs troupeaux se multiplier plutôt que de les vendre pour de l’argent. Ainsi, beaucoup d’entre eux perdent tout ce qu’ils possèdent lorsque survient une sécheresse et que leur cheptel est décimé. Cependant, les éleveuses et les éleveurs de bovins commencent à se rendre compte qu’ils doivent vendre leurs animaux pour protéger leurs investissements contre la sécheresse.

Rodrick Mafume est le président du parc d’engraissement. Il admet qu’avant la création du parc d’engraissement, trop d’agricultrices et d’agriculteurs perdaient leur bétail à cause de la sécheresse. M. Mafume déclare : « Le programme a transformé la vie de la plupart des agricultrices et des agriculteurs, car ils peuvent désormais voir les avantages financiers que leur rapporte leur bétail. »

Nothando Ncube élève du bétail à Marula Mangwe, à Matabeleland Sud. Au début, elle était sceptique par rapport aux avantages du parc d’engraissement. Mais après avoir vendu ses premiers bovins engraissés, elle est heureuse d’avoir adhéré à ce projet.

Mme Ncube a reçu un prêt de 1 000 $US pour acheter du bétail. Elle explique : « J’ai acheté trois bœufs … et je les ai amenés pour les faire engraisser. Je les ai vendus à des boucheries, et les bénéfices ont été importants … Je me suis arrangée pour rembourser rapidement le prêt. »

Selon M. Moyo, l’embouche bovine a ranimé l’espoir de sa famille en ce qui concerne l’avenir. Il déclare : « Je suis en mesure de subvenir aux besoins de ma famille grâce à cette activité d’élevage. Je me rends dans d’autres régions pour acheter des bestiaux que je soumets à un régime d’engraissement pour les vendre ensuite aux boucheries.

M. Moyo est heureux de gagner autant d’argent. Il fait des projets pour l’avenir et veut acheter une voiture avec ses bénéfices. Il déclare : « [J’économiserai] de l’argent et [j’achèterai] une voiture d’occasion du Japon … de préférence une camionnette qui peut résister aux routes cahoteuses de ma région. »