Zimbabwe: La culture de pommes de terre apporte de l’espoir aux agriculteurs vivant avec le VIH (par Nqobani Ndlovu, pour Agro Radio Hebdo, au Zimbabwe)

| décembre 3, 2012

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La vie n’a pas été facile pour Senzeni Maphosa après que son mari a succombé à une maladie liée au VIH, il y a deux ans. Elle avait quatre enfants à élever. Madame Maphosa se souvient : « La vie était dure car mon défunt mari était le seul qui travaillait. Ma seule option était de m’aventurer dans le commerce. » Elle a commencé à vendre des produits cosmétiques et des habits de seconde main qu’elle allait acheter en Zambie, le pays voisin. Cependant, vu qu’elle n’avait pas de permis de vendeuse ambulante, elle passait parfois des journées entières à fuir les fréquentes descentes de la police plutôt qu’à vendre sa marchandise.

Mme Maphosa vit avec le VIH depuis cinq ans. Comme ses ventes ne lui rapportaient pas assez d’argent, elle a dû penser à d’autres façons de soutenir sa famille. Elle savait qu’il y avait une énorme demande pour les pommes de terre, qui sont en train de devenir un substitut pour les aliments de base tels que le maïs, le riz et le blé. Elle savait aussi que les pommes de terre généraient un rendement rapide après une courte période de croissance.

Alors, elle a décidé de commencer la culture de pommes de terre et s’est jointe à une association locale de cultivateurs de pommes de terre. Avec d’autres agriculteurs de cette association, elle a approché Zubo Trust, une organisation non-gouvernementale qui offre aux femmes des prêts pour démarrer des projets générateurs de revenus. Madame Maphosa dit: « J’ai fait équipe avec six autres femmes vivant avec le VIH pour me lancer dans la culture de pommes de terre. Nous avons reçu 1000 dollars américains de prêt, et chaque agricultrice a utilisé le prêt pour acheter des intrants afin de produire un hectare de pommes de terre, pour commencer.

La plupart des agriculteurs choisissent de cultiver des variétés de pommes de terre qui ont une courte période de croissance. Mme Maphosa dit que l’association a fait un profit de 16 000 dollars américains. Elle explique : « Nous avons récolté environ 30 tonnes et nous avons vendu chaque paquet de 15 kilogrammes à 8 dollars américains. »

Le gouvernement zimbabwéen fait la promotion des pommes de terre car elle peut aider à assurer la sécurité alimentaire. Pour les saisons de culture 2012 et 2013, le gouvernement a promis assister les cultivateurs de pommes de terre en leur donnant des semences et de l’engrais pour faire augmenter la production. Avec le soutien du gouvernement, les agriculteurs de l’association veulent maintenant cultiver 30 hectares de pommes de terre.

M. Ronald Museka est le directeur du Conseil de la pomme de terre au Zimbabwe. Cette organisation représente les cultivateurs de pommes de terre et fait du lobbying  auprès du gouvernement pour leur compte. Il a offert de l’assistance à l’association de Madame Maphosa, concernant certaines techniques agricoles et certaines pièces de machinerie. Le Conseil connecte aussi les agriculteurs aux commerçants. M. Museka explique: « Nous voulons nous assurer que la production est adéquate pour le marché local. »

Le gouvernement a récemment imposé l’interdiction des importations de pommes de terre afin de protéger et de promouvoir des agriculteurs comme Madame Maphosa. M. Museka soutient la décision du gouvernement et dit qu’il devrait maintenir cette interdiction. Il explique: « Nous voulons que l’importation de pommes de terre soit interdite sauf si (…) il y a une pénurie au pays. Il devrait y avoir des mesures punitives pour ceux qui se font prendre en train de faire rentrer des pommes de terre frauduleusement dans le pays. »

La culture de pommes de terre a rendu la vie supportable pour Madame Maphosa, malgré son statut VIH positif. Elle dit: « La vie n’est plus un stress. Je me suis aussi organisée pour rembourser la moitié du prêt de 1000 dollars américains que j’avais pris auprès de Zubo Trust. »