Zambie : Un agriculteur trouve la solution idéale en produisant des boutures et des tubercules de patate douce à chair orange en saison sèche (Africa Rising)

| septembre 11, 2017

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Aaron et Mervis Mumba sont des légendes dans le village de Kasuza, à l’est de la Zambie, le long de la frontière avec le Mozambique. Ce couple et leurs deux enfants ont accru leur revenu en créant une entreprise de production de boutures de patate douce à chair orange, ou boutures de PDCO, en saison sèche.

La famille Mumba a pendant longtemps cultivé du maïs, du soja, du manioc et des variétés traditionnelles de patates douces pour leur subsistance. Les choses ont changé en septembre 2014, lorsqu’ils se convertirent à l’agriculture commerciale. Monsieur Mumba a rencontré des représentants de Centre international de la pomme de terre et a décidé de tester la multiplication des boutures. Depuis, les Mumbas n’ont plus regardé en arrière. Ils cultivent toujours des denrées pour leur subsistance, mais la production de tubercules et de boutures de PDCO constitue désormais leur principale source de revenus.

La famille possède 1,5 hectare de terre, et cultive la variété de patates douces Olympia sur un quart d’hectare. À la fin de la saison agricole 2014/2015, les Mumbas ont troqué 200 sacs de boutures et de tubercules de PDCO contre 10 000 kilogrammes de maïs, la principale culture vivrière en Zambie. Chaque sac de boutures et de tubercules de PDCO valait 50 kilogrammes de maïs. Les patates douces à chair orange sont prisées des villageois à cause de leur goût et leur valeur nutritive.

Monsieur Mumba se rappelle : « Cette saison 2014/1015 a été une révélation pour nous. Nous n’aurions pas pu cultiver et récolter presque autant de maïs que j’ai obtenu grâce à ce troc avec différents agriculteurs de mon village. Comme les boutures et les tubercules étaient recherchés et que j’étais le seul fournisseur, nous avons fait de très bons profits! »

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Aaron et Mavis Mumba hors de leur maison. Photo credit: Simon Mudenda / CIP

Monsieur et madame Mumba ont demandé conseil et se sont informés sur les coûts de production, les forces du marché et les saisons de production. Ils prirent la décision d’exploiter la source d’eau souterraine facilement accessible sur leur exploitation en raison de la nappe d’eau près de la surface du sol, et commencèrent à produire des boutures en saison sèche. Ils comptaient avoir des boutures prêtes pour la vente dès le début de la saison pluvieuse, lorsque plusieurs agriculteurs cherchent des boutures pour planter.

Monsieur Mumba a acheté une pompe à pédale en échange de 400 gerbes de boutures de PDCO. La pompe leur a permis de cultiver des boutures et des tubercules de PDCO grâce à l’eau d’irrigation et l’humidité résiduelle.

À l’arrivée de la saison pluvieuse 2015/2016, les Mumba étaient prêts à échanger leurs boutures matures avec d’autres agriculteurs. Cependant, la saison agricole venait juste de commencer et les agriculteurs n’avaient pas de maïs à offrir en échange. Par conséquent, après avoir convenu des modalités d’échange, les Mumbas leur fournirent les boutures. Au moment des récoltes, les agriculteurs retournèrent s’acquitter de leurs dettes.

Les Mumbas décidèrent qu’il était préférable pour eux de troquer une petite quantité de PDCO contre du maïs plutôt que d’en cultiver eux-mêmes. En 2015/2016, leur quart d’hectare de PDCO leur a rapporté 10 000 kilogrammes de maïs. Selon l’Agence des stocks alimentaires de Zambie, le prix du sac de 50 kilogrammes de maïs variait entre 85 et 100 kwachas zambiens (entre 6 $ et 14 $US).

Toutefois, les Mumbas ne sont pas épargnés par les nouveaux régimes climatiques. Leurs puits de surface ont tari avec la mauvaise pluviométrie de 2015/2016, entraînant ainsi la réduction de leur production de boutures et de tubercules en saison sèche. En 2016, ils ont eu 2 550 kwachas (250 $US) en troquant trente sacs de 50 kilogrammes de PDCO de la récolte de la saison sèche précédente. Pourtant, ce fut suffisant pour permettre à la famille d’acheter les denrées qu’elle n’avait pas cultivées l’an dernier.

Cette année est bien meilleure. En effet, en 2017, ils ont troqué des boutures de PDCO produites durant la saison sèche 2016 contre 130 sacs de maïs de 50 kilogrammes chacun.
Mme Mumba déclare : « Je suis heureuse que nous nous soyons lancés dans cette entreprise de production de boutures et de tubercules de PDCO. Nos conditions de vie s’améliorent. Nous avons pu construire une maison et nous prévoyons maintenant économiser pour l’achat d’une voiture qui nous permettra d’étendre notre zone de ravitaillement en boutures aux villages voisins. Nous continuons d’apprendre de nouvelles choses à mesure que nous avançons. »

Mervis et Aaron Mumba font partie d’un groupe de plus de 200 agriculteurs qui produisent des éléments végétaux de PDCO dans le cadre du projet Africa Rising qui encourage la production de PDCO à l’est de la Zambie.

Le présent article est adapté d’un article initialement publié par Africa Rising, intitulé « Farmer finds a sweet spot producing orange-fleshed sweet potato vines and roots during the dry season in Zambia. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://africa-rising.net/2017/08/22/farmer-finds-a-sweet-spot-producing-orange-fleshed-sweet-potato-vines-and-roots-during-the-dry-season-in-zambia/