Zambie : Réussir en période de sécheresse grâce à la transformation des déchets en sols fertiles et en combustibles

| juillet 22, 2024

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Nouvelle en bref

Le village de Nkhondola, situé à environ 50 kilomètres de Lusaka, est durement touché par la sécheresse qui offre un spectacle de terres arides, stériles sur lesquelles se promènent quelques animaux. Mais dans la concession de Royd Michelo, des arbres et des cultures y croissent. Malgré la sécheresse, monsieur Michelo s’attend à une bonne récolte de maïs, de haricot et de citrouilles qu’il a cultivés ensemble. Agriculteur de 40 ans, sa famille et lui ont adopté l’agroécologie, en utilisant le paillis et du fumier pour restaurer leur terre. Grâce aux encouragements du responsable du village et du Collège de formation agricole de Kasisi, le champ de monsieur Michelo est désormais florissant, et promet une moisson abondante en dépit des conditions difficiles.

Le village de Nkhondola est situé à environ 50 kilomètres de la capitale, Lusaka, dans le district de Chongwe de la province du Lusaka. En conduisant à travers le village, vous apercevrez de vastes lopins de terre dénudés et arides à cause de la sécheresse. Les arbres ne dansent plus au rythme du vent, et peu d’animaux y s’y promènent.

Cependant, dans la concession de Royd Michelo, de grands arbres bourgeonnent, des épis de maïs verts garnis se balancent librement. Des poules grattent le sol à la recherche d’insectes tandis qu’un groupe de vaches broutent l’herbe verte à proximité.

Au cœur de la sécheresse qui frappe la Zambie, monsieur Michelo a raison de sourire. Il s’apprête à enregistrer une bonne récolte. L’agriculteur a cultivé du maïs en association avec du haricot et des citrouilles dans le même champ qui au lieu d’être dénudé et sec, est désormais vert, avec des feuilles de citrouille veloutées recouvrant le sol.

Monsieur Michelo, 67 ans, est un agriculteur local qui vit avec sa femme Eliza, âgée de 52 ans, ses six enfants et leurs quatre petits-enfants. Cet agriculteur cultive du maïs, du haricot, des arachides, des citrouilles et quelques légumes verts comme le chou frisé et le gombo sur 10 hectares. Il a trois bœufs, alors qu’il en avait près de 20 avant que la sécheresse s’installe.

Cela fait 40 ans qu’il cultive et le maïs constituait sa principale culture. Il y a 20 ans, quand les sols étaient fertiles, il récoltait 200 sacs de maïs. Il raconte que, lorsqu’un champ en particulier cessait de bien produire, il défrichait tout simplement une nouvelle terre pour y planter en déracinant des arbres et en utilisant un tracteur pour labourer les sols. Il y a 10 ans, il a récolté seulement 100 sacs de maïs. Et il y a quatre ans, son rendement est passé à huit sacs bien malgré l’utilisation d’un engrais de bonne qualité.

Les pluies se raréfiaient et cessaient au milieu de la saison pluvieuse, ce qui rendait le sol chaud, sec et dur à cultiver. Il restait très peu d’arbres, car ils avaient été coupés pour la production de charbon de bois. Le forage creusé il y a 20 ans par le gouvernement ne fournissait pas assez d’eau.

Monsieur Michelo était sur le point d’abandonner, mais il lui fallait nourrir et subvenir aux besoins de sa famille. Il décida de parler au chef du village pour voir comment ils pouvaient mieux restaurer la terre.

Moses Katia, 69 ans, est le chef du village de Nkhondola. La sécheresse a également nui à ses récoltes, mais il a partagé avec monsieur Michelo de précieux renseignements qu’il avait reçus du Collège de formation agricole de Kasisi, ou KATC, qui se trouve à environ 30 kilomètres du village.

Monsieur Michelo déclare : « Le chef m’a expliqué ce dont nous devions pratiquer l’agroécologie. »

Les agriculteurs et les agricultrices du village de Nkhondola utilisent désormais du paillis pour protéger leurs sols et cultivent leur maïs en association avec deux autres cultures.

Le chef Katiba déclare : « Les responsables de Kasisi nous ont [également] appris que nous pouvons utiliser du fumier et d’autres produits de cultures pour produire du biogaz, dont nous pouvons nous servir pour faire la cuisine, et que c’était de l’énergie propre. Nous voulons que chaque famille utilise le biogaz pour nous évitions de couper les arbres pour avoir du bois de chauffe ou du charbon. »

Aux dires du chef Katiba, le village a obtenu de bonnes récoltes la saison dernière, pendant que d’autres villages se plaignaient de la sécheresse et des mauvais rendements. Il ajoute : « Nous devons comprendre qu’il nous faut prendre soin de la nature, afin qu’elle prenne soin de nous. »

Contemplant son champ verdoyant, monsieur Michelo a les larmes aux yeux alors qu’il déclare : « J’ai alors compris que je cultivais de la mauvaise manière. » Il explique : « Les agents de vulgarisation agricole ont visité nos champs et nous ont expliqué comment nos méthodes agricoles et le défrichage des terres avaient entraîné la déforestation et l’érosion des sols. Les agents nous ont appris l’importance de faire revivre les forêts en plantant des arbres et en couvrant les sols de paillis fait de plantes à larges feuilles et en enfouissant des tiges de maïs sèches dans le sol pour prévenir l’érosion. »

Monsieur Michelo raconte avoir acheté des semis de lilas étranger à la direction des Eaux et forêts il y a deux ans et qu’il les avait plantés entre ses cultures en rangées en vue de restaurer la matière organique du sol. Il a planté le lilas autour du champ et certains arbres fruitiers près de son domicile.

Il a également acheté de la bouse de vache dans une ferme commerciale pour fertiliser ses cultures et améliorer les sols. Le personnel de vulgarisation agricole a appris aux paysans et aux paysannes que les déchets animaux et les résidus de cultures pouvaient servir à produire du biogaz pour la cuisine, et que le fait de remplacer le bois de chauffe par le biogaz leur permettrait de lutter contre la déforestation et la pollution atmosphérique.

Maintenant, son champ a repris vie et ses cultures balancent librement au vent. De larges feuilles de citrouilles couvrent le sol, le maintiennent humide et le protègent de la chaleur, tandis que les feuilles de haricot grimpent le long des tiges de maïs et fournissent de l’azote au maïs.

Aujourd’hui, monsieur Michelo attend avec joie sa première récolte abondante après deux ans passés à améliorer la terre par le paillage, le reboisement et la polyculture.