Zambie : Des informations météorologiques précises aident les agriculteurs à être plus efficaces dans leur planification (IPS)

| octobre 15, 2018

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Durant la saison agricole 2017-18, Fainess Muzyamba décida de ne plus cultiver comme d’habitude du maïs, mais plutôt des patates douces. La dame de 56 ans vit dans le district de Pemba, au sud de la Zambie.

Elle explique : « Grâce aux informations météorologiques que nous recevons chaque mois, j’ai décidé de cultiver des patates douces plutôt que du maïs. Grâce à ces renseignements et aux conseils techniques des agents de vulgarisation agricole, j’ai pu savoir à l’avance qu’il y aurait des problèmes au niveau des précipitations saisonnières, et j’ai décidé de cultiver des patates douces. Celles-ci n’ont pas besoin de beaucoup d’eau pour bien pousser. »

Sa décision a abouti à de bons résultats. Elle a récolté soixante sacs de patates douces de 50 kilogrammes chacun, qu’elle a échangés contre 40 sacs de maïs de 50 kilogrammes chacun également.

Elle revendra le maïs, mais conservera au moins 20 sacs pour nourrir les 11 membres de sa famille. Récemment, elle a commencé à cultiver du haricot pour avoir un revenu et de la nourriture, et elle vendra une partie pour compléter son revenu de maïs.

Madame Muzyamba reçoit chaque mois un ensemble d’informations météorologiques dans le cadre d’un projet sur la résilience en milieu rural piloté par le Programme alimentaire mondial. Ce projet aide les agriculteurs à gérer les risques en leur communiquant des informations sur la pluviométrie et en leur accordant des intrants et de l’argent sous forme de prêts. Le programme s’intéresse aussi aux volets gestion après récolte et commercialisation.

Lola Castro est la directrice régionale du Programme alimentaire mondiale, ou PAM, pour l’Afrique australe. Elle affirme que les régimes climatiques instables ne sont qu’un autre type de problème qui nuit aux agriculteurs d’exploitations agricoles de l’Afrique australe, y compris la fragilité des sols, le manque d’accès aux intrants et le manque d’informations sur la commercialisation et les bonnes pratiques agricoles. Le projet encourage aussi les paysans à diversifier leurs cultures pour mieux s’adapter à la modification de la pluviosité. Elle espère que cela sera renforcé pour aider plus de personnes à s’adapter au changement climatique.

En Zambie, le PAM a installé des stations météorologiques et des jauges, dont certaines sont gérées par des agriculteurs formés à cet effet. Ces agriculteurs notent les données figurant sur les jauges et transmettent ces informations au bureau de la météorologie, aux agents de vulgarisation et à leurs collègues agriculteurs, afin qu’ils puissent prendre les meilleures décisions.

Les paysans se réunissent en groupes pour discuter de questions telles que la teneur en eau du sol recommandée pour les semis. Ils comparent les renseignements locaux avec les prévisions plus détaillées provenant de sources nationales et régionales. Avec toutes ces informations, ils ont une meilleure idée de ce à quoi ils doivent s’attendre, et peuvent ainsi prendre de meilleures décisions sur ce qu’ils doivent semer et quand le faire.

Madame Muzyamba est convaincue d’avoir fait un revirement remarquable dans une saison qui a presque été catastrophique pour les agriculteurs. Elle déclare : « Le paiement des frais de scolarité de mes enfants ne sera pas un problème cette année. Je m’inquiétais surtout [par rapport au paiement de la scolarité de mon] fils aîné qui est en classe de 1re. »

La présente nouvelle est adaptée d’un article intitulé : « How accurate information about the weather is yielding resilience for Zambia’s smallholders, » initialement publié par l’InterPress Service. Pour lire l’article, cliquez sur : http://www.ipsnews.net/2018/08/accurate-information-weather-yielding-resilience-zambias-smallholders/.