Dorica Banda | décembre 23, 2024
Nouvelle en bref
Dans le district de Mazabuka, en Zambie, l’agriculteur Zukas Moobola a transformé son champ de coton grâce au biocharbon, une technique qui améliore la fertilité des sols. Après s’être débattu avec le manque de précipitations et la baisse des rendements, monsieur Moobola a adopté le biocharbon qui lui a permis d’avoir un sol plus fertile et de meilleurs rendements. On obtient le biocharbon en brûlant minutieusement des résidus de cultures, qui produit un charbon pouvant servir à améliorer la structure du sol, la rétention de l’eau et l’activité microbienne. Lorsqu’on le mélange avec du fumier de compost, il peut rendre les sols plus fertiles. Formés par Solidaridad, 120 agriculteurs et agricultrices de la province du Sud utilisent désormais du biocharbon, et constatent une amélioration des rendements agricoles et de la résilience face à la sécheresse.
Nous sommes un après-midi torride dans le district de Mazabuka, dans la province du Sud, en Zambie. La chaleur a atteint une température étouffante de 36 degrés Celsius. Sous un manguier, Zukas Moobala, 49 ans, éponge la sueur de son front. Pendant plus d’une décennie, il a cultivé du coton sur son exploitation d’un hectare, mais la baisse de pluviométrie a eu de graves répercussions sur ses rendements.
Monsieur Moobola utilise les profits de son activité agricole pour subvenir aux besoins de sa famille. Il avait l’habitude de récolter 1200 sacs de coton par an. Cependant, à mesure que les précipitations diminuaient chaque année, ses rendements ont fortement baissé pour atteindre juste 800 kilogrammes. Il était sur le point d’abandonner la culture du coton lorsqu’il entendit parler du biocharbon, une technique qui pourrait améliorer la qualité des sols et les rendements des cultures, et décida de faire un essai. Désormais, monsieur Moobola récolte fièrement 3 000 kilogrammes de coton sur la même parcelle.
Il explique le processus : « J’ai creusé ma première fosse en forme de cône il y a deux ans et on m’a dit de ne plus brûler les tiges de coton dans le champ, mais de plutôt les découper et de les brûler dans la fosse. Les tiges devaient être enfouies à intervalles réguliers à basse température, du bas vers le haut, et privées d’oxygène. Je mélangeais ensuite le biocharbon avec le fumier de mon bétail et j’enfouissais le mélange dans le sol juste avant le début de la saison des pluies. »
Monsieur Moobola conseille aux autres agriculteurs et agricultrices d’adopter le biocharbon. Il déclare : « Cela coûte moins cher et c’est écologique, et je ne pense pas que je vais cesser d’en utiliser. Toute la matière provient de nos exploitations, notamment la bouse, les excréments et les tiges de nos cultures. Nous avons cessé de brûler et nous remettons plutôt le carbone là où il doit être, c’est-à-dire dans le sol. »
Solidaridad, une organisation de la société civile internationale, a formé 120 agriculteurs et agricultrices de trois districts dans la province du sud sur la fabrication et l’utilisation du biocharbon. Le biocharbon est fabriqué par le brûlage de matières organiques, comme les résidus de cultures, dans un environnement à faible teneur en oxygène. Lorsqu’on l’applique correctement, il améliore la structure du sol, la rétention de l’eau et l’activité microbienne, permettant ainsi aux cultures de résister à la sécheresse et à la productivité d’augmenter à long terme.
Pour produire du biocharbon, les agriculteurs et les agricultrices ont besoin d’une fosse ou d’un four à biocharbon, d’un râteau ou d’une pelle, d’eau et de combustibles, tels que des résidus de culture. D’abord, il faut creuser une fosse en forme de cône d’environ un mètre de diamètre et allumer un feu au fond. Au fur et à mesure que le feu brûle, ajoutez du combustible, comme les tiges ajoutées par monsieur Moobola. Continuez à ajouter du combustible jusqu’à ce qu’il se transforme en cendres et, lorsque la couche de tiges est blanche, éteignez le feu avec de l’eau. Les restes carbonisés, connus sous le nom de biocharbon, peuvent être mélangés avec des matières organiques telles que le fumier de compost.
Pamidzai Bota, directrice régionale, explique que le biocharbon et les microbes du sol créent un matériau remarquable indispensable pour un avenir meilleur pour les agriculteurs et les agricultrices zambiens. Elle explique que le biochar se distingue par sa haute qualité et son impact durable, car sa stabilité lui permet de rester dans le sol pendant des centaines, voire des milliers d’années.
Elle ajoute : « Il est encourageant de voir comment les agriculteurs adoptent cette nouvelle technique et le changement qui se produit au niveau de la santé de leurs cultures et du rendement est incroyable. » Grâce à l’amélioration de la structure du sol de leurs champs, ainsi qu’à la meilleure rétention de l’eau et des nutriments, les agriculteurs et les agricultrices ont augmenté le rendement de leurs cultures et peuvent générer plus de revenus, assurer leur sécurité alimentaire et nourrir leurs communautés.
Un autre agriculteur, Christopher Banda, a commencé à utiliser du biocharbon dans ses champs de soja l’an dernier. Auparavant, ses rendements avaient chuté de façon spectaculaire en raison des faibles pluies, passant de huit à trois tonnes. Après avoir fabriqué du biocharbon à partir de tiges de maïs et de soja, il l’a mélangé avec du fumier de poulet et l’a épandu avant les semis. Les résultats, dit-il, furent remarquables.
Pour les agriculteurs et les agricultrices zambiens, le biocharbon est non seulement une piste vers de meilleurs rendements, mais également une solution respectueuse du climat pour renforcer la résilience.