Zambie : Des agriculteurs reconstituent les sols avec des fourmilières

| mai 11, 2026

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Nouvelle en bref

À Batoka, en Zambie, des agriculteurs et des agricultrices améliorent la fertilité des sols au moyen de méthodes naturelles présentées dans l’émission de radio Musemo Wamulimi sur Byta FM, avec l’appui de MISA Zambia et Radios Rurales Internationales. Ces pratiques englobent le compostage, la rotation des cultures, la culture intercalaire, la plantation d’arbres et l’utilisation de la terre provenant des fourmilières. Ces approches réduisent la dépendance aux engrais chimiques coûteux tout en améliorant les rendements et la sécurité alimentaire. Des agriculteurs et des agricultrices comme Sedcal Mutinta font cas d’une amélioration des récoltes après avoir adopté ces méthodes, tandis que d’autres préfèrent le fumier de compost qui a des effets durables et qui est disponible durant toute l’année.

Dans la communauté de Batoka, en Zambie, on peut apercevoir des agriculteurs et des agricultrices se rendant au champ avec des houes, des pelles, et parfois des sacs remplis de terre, de fumier ou des matériaux végétaux. Contrairement au passé, où la majeure partie des agriculteurs et des agricultrices dépendent entièrement des engrais chimiques, plusieurs ménages emploient désormais des méthodes naturelles pour améliorer leurs sols. Dans beaucoup de champs, des arbres poussent entre les cultures, pendant qu’ailleurs, des agriculteurs et des agricultrices creusent des fourmilières, étalent du fumier ou plantent différentes cultures dans le même champ. 

Ces changements ne se sont pas produits du jour au lendemain. Mais une émission de radio diffusée par Byta FM, depuis 2023, diffuse des informations concernant des méthodes pratiques, telles que la rotation des cultures, l’utilisation du fumier, la plantation d’arbres, la culture intercalaire et l’utilisation de la terre provenant des fourmilières, afin de retourner à la terre ses éléments nutritifs. Ces pratiques aident les agriculteurs et les agricultrices à réduire les coûts de production, améliorer les rendements et s’adapter au changement climatique au moyen de ressources disponibles dans leur environnement.

L’émission s’intitule Musemo Wamulimi et est financée par MISA Zambia et Radios Rurales Internationales dans le cadre du projet « À l’antenne pour des solutions fondées sur la nature inclusive du genre. »

Sedcal Mutinta est l’un des agriculteurs qui utilisent des fourmilières pour améliorer sa terre. La terre des fourmilières est parfois riche d’éléments nutritifs, tels que le calcium, le magnésium, le potassium et le phosphore. Elle peut améliorer la structure du sol et la rétention de l’eau, et aider les cultures à bien se développer même sans engrais, même si monsieur Mutinta explique que la méthode fonctionne mieux lorsqu’il pleut suffisamment. 

Monsieur Mutinta ajoute que les agriculteurs et les agricultrices utilisent également de la bouse de vache et des résidus de culture compostés pour améliorer la fertilité des sols.

Il raconte que c’est son père qui lui a appris l’importance d’utiliser la terre de fourmilière, mais qu’il n’a commencé à appliquer cette méthode sérieusement qu’après en avoir entendu parler à nouveau à la radio. Il explique qu’il a commencé par une petite partie de son champ et qu’après avoir constaté de bons résultats, il a décidé de continuer à utiliser cette méthode chaque saison.

Il explique que ce travail demande de l’effort, car creuser les fourmilières et transporter la terre est pénible, mais que le jeu en vaut la chandelle, car les cultures poussent bien, même sans engrais. Avec l’aide de sa famille, il a ramassé la terre à l’aide d’outils simples et l’a transportée jusqu’au champ en brouette avant de pouvoir acheter du matériel plus performant. Les agriculteurs et les agricultrices testent actuellement deux méthodes : déposer la terre des fourmilières en rangées ou l’épandre uniformément et en fine couche sur les champs. 

Il est préférable de choisir des fourmilières entourées d’une certaine végétation, comme de l’herbe ou de petits arbres, afin de s’assurer qu’elles sont riches en éléments nutritifs.

Après avoir appliqué cette méthode pendant plusieurs saisons, ses récoltes se sont tellement améliorées que monsieur Mutinta a pu vendre du maïs à l’Agence des réserves alimentaires et utiliser ces revenus pour acheter du bétail et construire une meilleure maison pour sa famille. Il a expliqué que le principal avantage était que sa famille avait désormais suffisamment à manger et qu’il ne s’inquiétait plus de savoir comment subvenir aux besoins de son foyer.

Il a également déclaré que cette pratique lui avait permis de réduire sa dépendance aux engrais chimiques, ce qui l’aide à faire des économies et à rendre l’agriculture plus abordable.

L’utilisation de la terre provenant des fourmilières permet de tirer profit d’une ressource qui serait autrement négligée, même si elle n’est pas toujours disponible. C’est pourquoi Clifford Machona, de Simunzele, préfère le fumier composté, obtenu à partir d’herbe, de feuilles et d’excréments d’animaux. Il explique que la terre de fourmilière peut venir à manquer, tandis que le compost peut être produit chaque année, ce qui en fait une solution plus durable pour la communauté.

Le fumier composté peut également demander moins de main-d’œuvre que le transport de grandes quantités de terre de fourmilière. Euness Machona explique qu’elle avait d’abord utilisé de la terre de fourmilière, mais qu’elle était ensuite passée au fumier composté, car celui-ci nécessitait moins de travail et pouvait être préparé tout au long de l’année. Elle explique qu’elle est veuve depuis de nombreuses années et qu’elle doit subvenir seule aux besoins de ses enfants. Après avoir appris à fabriquer son propre fumier grâce à l’émission de radio de Byta FM, elle a réduit ses dépenses en engrais et a réussi à améliorer ses récoltes. Grâce aux revenus qu’elle a gagnés, elle a pu acheter une moto et financer les études de ses enfants.

Le fumier composté peut être fabriqué à partir de résidus de culture, comme les tiges de maïs, ainsi que de feuilles et de bouse animale, tous ces éléments étant facilement accessibles aux agriculteurs et aux agricultrices. Sa production peut également demander beaucoup de travail, car il doit être régulièrement retourné.

Grâce à diverses techniques et au soutien d’émissions de radio destinées aux agriculteurs et aux agricultrices, ceux et celles de Simunzele, Batoka et d’autres communautés de la Zambie parviennent à améliorer la fertilité de leurs sols malgré la hausse des prix des engrais et l’imprévisibilité des précipitations.