Zambie : Ce que la terre peut apprendre aux agriculteurs quoi cultiver (FAO)

| septembre 3, 2026

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Nouvelle en bref

La différence entre une très bonne récolte et une récolte décevante n’est pas toujours visible en surface. Dans le monde, des agriculteurs et des agricultrices prennent des décisions concernant ce qu’ils doivent cultiver, la quantité d’engrais à épandre et l’endroit où investir les ressources peu abondantes. Toutefois, les sols qui sous-tendent ces décisions varient parfois considérablement sur de courtes distances. Deux champs peuvent recevoir la même quantité de pluies et être gérés de la même façon, mais produire des résultats très différents. En associant les informations sur les sols, le climat, le terrain et les exigences des cultures, les chercheurs peuvent évaluer le niveau de rendement des cultures dans des endroits spécifiques et identifier les facteurs pouvant limiter le rendement agricole. Les évaluations d’aptitude qui en résultent permettent de déterminer les zones où une culture peut réussir, celles où la production pourrait être limitée et celles où d’autres choix de cultures pourraient offrir de meilleures perspectives. L’application SoilFER CropSuit est l’un des outils qui génèrent ces connaissances. Cette application permet aux utilisateurs et aux utilisatrices d’examiner la façon dont différentes cultures se développent dans des conditions spécifiques de sol, de climat et de gestion.

La différence entre une très bonne récolte et une récolte décevante n’est pas toujours visible en surface

Dans la province du Sud, en Zambie, le maïs cultivé dans des conditions climatiques et suivant des pratiques agricoles identiques s’est révélé inadapté pour un type de sol et très adapté pour un autre. Rien n’avait changé en surface. La différence se trouve sous les pieds des agriculteurs et des agricultrices.

Cette réalité ne concerne pas uniquement la Zambie. Dans le monde, des agriculteurs et des agricultrices prennent des décisions concernant ce qu’ils doivent cultiver, la quantité d’engrais à épandre et l’endroit où investir les ressources peu abondantes. Toutefois, les sols qui sous-tendent ces décisions varient parfois considérablement sur de courtes distances. Deux champs peuvent recevoir la même quantité de pluies et être gérés de la même façon, mais produire des résultats très différents.

Il devient de plus en plus important de comprendre ces différences, alors que les pays cherchent à accroître leur productivité tout en utilisant plus efficacement les ressources limitées.

Les interruptions récentes d’approvisionnement en intrants et la hausse des coûts d’intrants ont révélé davantage le besoin de décisions plus ciblées en matière d’agriculture. Lorsque les engrais coûtent cher ou se raréfient, il devient encore plus important de savoir quelles cultures sont mieux adaptées aux conditions locales pour améliorer les rendements et éviter de gaspiller les investissements.

Dans l’histoire de l’agriculture moderne, le climat, les variétés de semences, les pratiques de gestion et les recommandations en matière d’engrais influent sur les décisions. Cependant, les informations sur les sols sont cruciales pour ces décisions, bien qu’elles soient jusqu’à présent difficiles à obtenir, complexes à interpréter et moins facilement accessibles aux décideurs sur le terrain. Les progrès réalisés en matière de cartographie des sols et d’analyse de l’aptitude des cultures commencent à changer la donne. Ils permettent de transformer les données pédologiques en « renseignements des sols » capables d’aider les agriculteurs, les agricultrices, les conseillers et les décideurs politiques à prendre des décisions plus éclairées concernant le choix des cultures et la gestion des terres.

En associant les informations sur les sols, le climat, le terrain et les exigences des cultures, les chercheurs peuvent évaluer le niveau de rendement des cultures sur des sites spécifiques et identifier les facteurs de limitation de la productivité. Les évaluations d’aptitude qui en résultent permettent de déterminer les zones où une culture est susceptible de réussir, celles où la production peut être limitée et celles où d’autres choix de cultures peuvent offrir de meilleures possibilités. Ce type d’évaluations fournit un tableau plus précis du potentiel agricole avant l’investissement de ressources dans l’agriculture.

L’application SoilFER CropSuit est un outil qui génère ces connaissances. Cette application permet aux utilisateurs et aux utilisatrices d’examiner la façon dont différentes cultures se développent dans des conditions spécifiques de sol, de climat et de gestion. Rodgers Kabiti travaille à l’Institut de recherche agricole de la Zambie et il est le point focal national du projet SoilFER. Il déclare : « L’application CropSuit procure des renseignements scientifiques accessibles sur les cultures mieux adaptées qui permettront aux agriculteurs, aux agricultrices, aux chercheurs et aux planificateurs de prendre des décisions plus avisées, que ce soit pour le choix des bonnes cultures pour les conditions agroécologiques locales ou la gestion de la fertilité des sols et la diversification de la production agricole.

À l’aide de cette application, des analystes de la province du Sud de la Zambie ont étudié le comportement du maïs dans des conditions de culture pluviale à faibles apports d’intrants, où plusieurs types de sols coexistent dans la même zone. Les leptosols, par exemple, selon la Base de référence mondiale pour les ressources en sols, sont généralement des sols peu profonds et caillouteux qui peuvent limiter la croissance des cultures, tandis que les luvisols sont souvent des sols plus fertiles présentant un meilleur potentiel agricole.

Lorsque les leptosols ont été identifiés comme le type de sol dominant, le maïs a été classé comme non adapté. Lorsque l’évaluation fut reprise en prenant comme référence les luvisols sur le même site, l’aptitude à la culture du maïs est passée à « très élevée », parallèlement à une augmentation substantielle du rendement réalisable.

Cette comparaison suggère que les caractéristiques du sol, à elles seules, peuvent influencer considérablement les rendements agricoles. Ainsi, même si une décision peut sembler judicieuse lorsqu’on la considère uniquement sous l’angle climatique, elle apparaît sous un tout autre jour dès lors que l’on tient compte des conditions du sol.

Monsieur Katibi ajoute : « Cet outil peut considérablement favoriser la transformation agricole en Zambie, en réduisant les risques de récoltes déficitaires et en promouvant une utilisation plus durable des terres. »

L’application SoilFER CropSuit a été développée dans le cadre du programme « Cartographie des sols pour des systèmes agroalimentaires résilients », ou SoilFER, une initiative de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. SoilFER est mis en œuvre grâce au soutien financier des gouvernements américain et japonais. S’appuyant sur des informations pédologiques, des données environnementales et des modèles d’aptitude des cultures, le programme soutient les initiatives visant à mieux comprendre la fertilité des sols et l’aptitude des terres, afin d’orienter les décisions et les pratiques de gestion dans différents types de paysages.

L’analyse menée en Zambie a également permis d’identifier d’autres cultures susceptibles de donner de bons résultats dans les mêmes conditions. Le manioc, le niébé et le fonio se sont révélés être des options particulièrement adaptées au scénario « Luvisol », mettant ainsi en évidence des possibilités de diversification et d’adaptation.

La valeur potentielle de ces informations va bien au-delà d’une simple évaluation. En Zambie, où l’amélioration de la productivité et le renforcement de la résilience face au changement climatique constituent des priorités nationales, les outils permettant d’adapter les cultures aux conditions locales peuvent contribuer à des décisions agricoles plus éclairées.

La leçon à tirer de la Zambie est simple. Avant de pouvoir répondre aux questions concernant les engrais, l’irrigation ou les variétés de semences, il faut d’abord se poser une autre question : cette culture est-elle adaptée à ce sol ?

La réponse pourrait entraîner des conséquences bien plus importantes que ce que les agriculteurs et les agricultrices avaient imaginé.

La présente nouvelle est inspirée d’un article de la FAO intitulé « La bonne culture au bon endroit : Ce que les sols nous apprennent sur l’avenir de l’agriculture. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur :
https://www.fao.org/newsroom/story/right-crop-right-place/fr
Et pour utiliser l’application CropSuit, cliquez sur : https://data.apps.fao.org/soilfer/cropsuit