Togo : Transformer les terres arides en sols fertiles

| mai 12, 2025

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Nouvelle en bref

À Bodobono, au centre du Togo, une agricultrice de 45 ans, Rouki Mamah a transformé sa parcelle d’un demi-hectare grâce à des méthodes agroécologiques. Confrontée à la sécheresse et à la dégradation des sols, elle a planté des neems et des moringas, érigé des haies vives et enrichies la terre avec du compost. Ses rendements ont augmenté, ce qui lui permet de gagner 150 000 FCFA avec la vente du surplus de production. Dix familles ont depuis lors adopté ses techniques. Madame Mamah déclare : « Ce sol était une tombe. Désormais, c’est un berceau. » Son exploitation agricole est actuellement un modèle de résilience et de régénération dans un climat en proie aux changements.

Un chemin de terre, bordé de manguiers et de rangées de moringas, traverse le village de Bodobono, juste à huit kilomètres de Sotouboua, au centre du Togo. S’étendant dans chaque direction, les champs sont encadrés par des haies vives d’acacias et de neem. Sous leur ombre protectrice, des plants de maïs et de niébé poussent. C’est l’exploitation familiale d’un demi-hectare de Rouki Mamah, 45 ans. Elle déclare : « Ce sol était une tombe. Maintenant, c’est un berceau. »

Pour affronter les sécheresses récurrentes et l’érosion du sol, madame Mamah s’est tournée vers des pratiques agroécologiques. Elle a planté des acacias et de neems pour protéger ses cultures et rendre le sol plus stable. Elle enrichit la terre avec du compost fait de résidus de cultures et de fumier de bétail, et elle a introduit des cultures robustes, résistantes à la sécheresse, comme le niébé.

Balayant du regard son champ transformé, elle déclare : « En saison sèche, le sol craquelait ici. Ensuite, les eaux de pluie lessivaient tout. » Madame Mamah a hérité d’un lopin de terre rendu inculte après des décennies de pratique d’agriculture intensive. En 2022, elle assista à une formation de la Revo Agro Cooperative, où elle découvrit l’agroforesterie. La coopérative guide et assiste les femmes à mesure qu’elles appliquent ces pratiques durables. S’inspirant de la formation, madame Mamah a planté environ 120 moringas et 80 neems, espacés les uns des autres de cinq mètres pour former des haies vives. Alors que les arbres grandissaient, ils formaient des barrières naturelles contre l’érosion éolienne et hydrique. Leurs racines profondes aident à retenir l’eau de pluie, tandis que les feuilles mortes, enfouies dans le sol, le réapprovisionnent en azote.

En même temps, madame Mamah produit deux tonnes de compost chaque année avec des résidus de cultures et du fumier. Grâce à ces pratiques, elle a obtenu des excédents ces deux dernières années. Elle estime avoir gagné 150 000 FCFA (environ 259 $ US) en vendant son excédent de production.

Aujourd’hui, l’exploitation de madame Mamah est un modèle de réussite. Désormais, grâce aux arbres, le sol conserve l’humidité jusqu’à deux mois plus longtemps en saison sèche. Des animaux comme les calaos et les oiseaux chanteurs aident à contrôler les organismes nuisibles, comme les chenilles et les sauterelles, tandis que les vers de terre creusent dans le sol, l’aérant ainsi naturellement. Leurs déjections apportent de l’azote et du phosphore à la terre, ce qui améliore sa fertilité. Le compost que madame Mamah applique a considérablement augmenté la matière organique du sol en deux ans. Rayonnante de fierté, elle déclare : « Les gens se moquaient de mes techniques. Mais lorsque mon maïs eut deux fois la taille des leurs, les rires cessèrent. » Aujourd’hui, près de dix familles dans la communauté ont adopté ses méthodes pour accroître leurs rendements.

À quelques mètres de là, l’agriculteur de 52 ans Abalo Kawe sarcle énergiquement son champ. Il déclare : « Avant, je croyais que c’étaient les arbres qui privaient les cultures d’eau. Maintenant, je sais que j’avais tort. » Après avoir vu les cultures de madame Mamah résister à une sécheresse en 2023, il planta 40 acacias et commença à utiliser du compost. Par conséquent, le rendement de son maïs est passé de 300 à 700 kilogrammes par hectare en seulement deux ans. Il vend maintenant un excédent de 200 kilogrammes chaque mois au marché de Sokodé, et gagne 50 000 FCFA de plus (environ 76 $ US). Il déclare : « Maintenant, mes enfants ont trois repas par jour. »

Marius Adossi, agronome à la ferme-école d’Ekofoda de Tchébébé, explique que l’agroécologie est une pratique agricole durable qui reconstitue les sols et préserve la biodiversité en s’appuyant sur les procédés naturels. Cette approche associe la plantation d’arbres, comme l’acacia, qui peuvent stocker jusqu’à deux tonnes de CO2 par hectare chaque année, aux engrais organiques qui augmentent la matière organique du sol de 1,2 % à 3,5 % en cinq ans. Il déclare : « L’agroécologie n’est pas une alternative, c’est une nécessité. »

Alors que le soleil se couche ce mardi soir à Bodobono, madame Mamah montre à son fils de 10 ans comment greffer un jeune moringa. Elle déclare : « Ces arbres sont votre avenir. La terre nous redonne ce que nous lui donnons. »