Togo : Le compagnon des abeilles

| février 8, 2016

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Tenant une alvéolaire entre les mains, Agbegna Obed observe les ruches installées dans son jardin potager. Personne n’ose s’aventurer tout seul près de sa maison par crainte de se faire piquer par des abeilles.

Fièrement, M. Obed explique : « Les abeilles empruntent des  chemins précis. Il faut les connaitre pour ne pas se faire piquer. Dans cette concession, j’ai six ruches comme vous pouvez le voir. Chaque colonie d’abeilles a une voie qu’elle emprunte. J’ai installé quatre autres ruches en brousse à cause du manque d’espace.»

L’apiculteur de 69 ans a cultivé une variété de plantes dans son jardin. Celles-ci produisent du pollen et du nectar dont se nourrissent ses pollinisateurs producteurs. Il explique : « « Les abeilles aiment le nectar qu’ils puisent dans les fleurs. Cela leur permet de produire plus de miel. »

M. Obed est devenu apiculteur il y a cinq ans. Avant ça, l’ancien contrôleur d’impôts à la retraite cultivait et élevait des animaux dans ses heures libres. Mais il avait nourri le rêve de faire de l’apiculture depuis le lycée où il était tombé sur un livre intitulé La route du miel. Ce livre lui a appris tout ce qu’il devait savoir sur les abeilles.

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Cependant, ce n’est qu’après avoir acheté un miel de mauvaise qualité qu’il s’est aperçu qu’il devait produire son propre miel. Il explique : «« Je me souviens avoir acheté un jour un litre de miel à 700 FCFA [environ 1,15 $US]. Arrivé à la maison je me suis rendu compte qu’il était de très mauvais qualité… Et comme j’avais en projet de me lancer dans l’apiculture, j’ai décidé d’aller de l’avant. »

Sa détermination à produire du miel de bonne qualité a porté fruit. Son miel est si bon qu’il en vend aux autorités togolaises. Grâce en partie au bouche-à-oreille et à sa nièce qui travaille dans un grand hôtel de Lomé, la capitale togolaise, son miel est devenu célèbre. Certains de ses grands clients sont des ambassades.

Au début, ce n’était pas facile, et il avait de la difficulté à écouler son produit. Il se rappelle : « Au départ les gens pensaient que j’importais du miel de France que je venais revendre ici au Togo. Alors que ce n’est pas le cas. Si j’ai un miel de meilleure qualité, c’est juste parce que j’ai créé un environnement propice à la production du miel. J’ai planté beaucoup de fleurs et surtout certaines plantes comme les eucalyptus et le moringa.»

Au début, M. Obed récoltait entre 8 et 10 litres de miel tous les six mois. Pour satisfaire la demande croissante, il a sollicité l’aide d’un apiculteur ghanéen. Il explique : « Avant dans les ruches je mettais plusieurs cadre sur lesquels les abeilles venaient produire le miel. Les cadres réduisaient considérablement l’espace [sur lequel les abeilles peuvent produire le miel] dans les ruches. Alors mon ami apiculteur du Ghana m’a demandé de réduire les cadres qui se trouvent dans les ruches .Au lieu de dix cadres, j’en utilise aujourd’hui six.  Aujourd’hui avec cette méthode, il faut juste attendre un mois et demi avant d’avoir  entre 14 et 16 litres de miel par ruche.»

M. Obed n’a pas encore atteint son objectif. Sa production actuelle lui permet à peine de couvrir ses besoins et ceux de ses quatre enfants. En plus de ça, il est confronté aux voleurs de ruches et aux prédateurs comme les fourmis, les termites et les lézards. Pour éviter les attaques de lézards, M. Obed a placé ses ruches hors de portée, au-dessus d’énormes barriques.

Malgré ces difficultés, il travaille sans relâche à la confection de nouvelles ruches depuis qu’il a pris sa retraite. Il espère également obtenir une subvention auprès de l’État ou d’autres bailleurs de fonds pour l’aider à développer son entreprise apicole.