Togo : Des agriculteurs pratiquent l’élagage pour améliorer leur rendement dans la filière anacarde

| mai 24, 2021

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Nouvelle en bref

Par une journée ensoleillée d’avril, Akouété Apedo se promène dans sa plantation d’anacardiers, muni d’une serpette, avec laquelle il coupe les branches. Monsieur Apedo exploite une plantation familiale d’anacardiers de trois hectares à Elavagnon, au Togo. En élaguant certaines des branches d’anacardier, il peut être certain d’obtenir la bonne quantité de lumière du soleil et d’air nécessaire pour une bonne production. L’élagage est une bonne pratique qui aide les planteurs(euses) d’anacardiers qui connaissent une baisse de production à cause du changement climatique et des arbres qui vieillissent.

Par une journée ensoleillée d’avril, Akouété Apedo marche dans sa plantation d’anacardiers. La saison de récolte qui va de février à mars est terminée. Monsieur Apedo exploite une plantation familiale d’anacardiers de trois hectares, à Elavagnon, dans la préfecture de l’Est Mono, à une trentaine de kilomètres d’Anié, au sud du Togo.

Muni d’un coupe-coupe, il contourne chaque arbre, soulève les branches à élaguer et les coupe les unes après les autres. Cette technique permet une bonne aération des arbres. Monsieur Apedo élague ses arbres pour assurer une bonne production, même quand la pluviométrie est mauvaise.

La baisse de la pluviométrie et le vieillissement des arbres ont un mauvais impact sur le rendement des anacardiers. Monsieur Apedo témoigne : « Les années antérieures, j’avais une production de 700 kilogrammes par hectare. Mais cette année, je me suis retrouvé avec 400 kilogrammes par hectare parce qu’il n’a pas assez plu. »

Les anacardiers ont besoin de pluie en quantité modérée en saison pluvieuse et de la chaleur en saison sèche. Si la pluviométrie est normale, les arbres emmagasinent l’eau et la redistribuent au moment de la floraison. L’insuffisance des pluies et le vent sec entraînent une mauvaise production.

Aliou Sakibou est le directeur de l’ICAT, l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT). Il affirme que l’anacardier préfère la pluie jusqu’en octobre, suivi de la chaleur en novembre, le moment qui marque le début de la floraison.

Cependant, avec les récentes fluctuations de pluie et de chaleur, les agriculteurs(trices) ne sont pas sûrs d’avoir de bonnes récoltes. Les fleurs peuvent sécher, surtout quand il pleut trop tôt, et la production s’arrête, ou quand il n’y a pas assez de pluie et en temps de forte sécheresse.

L’âge des arbres est un autre problème crucial. Les anacardiers ont besoin de lumière pour bien produire. Élaguer les branches de vieux arbres qui ont plus de branches permet à d’autres parties de l’arbre de recevoir plus de lumière et cela assure une meilleure aération.

Monsieur Sakibou ajoute : « La solution, c’est de couper certains arbres pour permettre aux autres de grandir et produire convenablement. Pour pouvoir les tailler, il faut avoir des tronçonneuses, car ce sont de gros troncs. On peut aussi couper les branches de certains arbres qui traînent par terre. »

L’harmattan, le vent violent et sec qui souffle en décembre et en janvier, est aussi un ennemi de l’anacardier. Monsieur Apédo explique : « Quand l’harmattan est trop sec, les fleurs sèchent et les noix tombent. » Malheureusement, il ne peut rien contre cet ennemi. Il déclare : « Je suis à la merci du climat. »

Loumonvi Gnami possède huit hectares et demi à Tchikita, dans l’Est Mono. Il confirme les propos d’Apedo Akouété concernant l’harmattan, en ajoutant : « L’harmattan en est pour quelque chose dans la mauvaise production d’anacardes. Les fleurs des arbres, porteurs de fruits, sèchent, ce qui influe sur la quantité. Même si les graines sont déjà formées, elles sèchent une fois en période d’harmattan. »

Monsieur Gnami a alors adopté de nouvelles variétés d’anacardiers, et déclare qu’elles produisent bien juste après 18 mois. Il explique : « C’est en août 2019 que j’ai essayé la nouvelle variété. La saison passée, les plantes ont bien produit sur un demi-hectare. »

Ces producteurs(trices) espèrent que les semences améliorées et l’élagage les aideront à obtenir de bons rendements malgré le changement climatique.

Cette nouvelle a été produite grâce à une subvention de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GmbH (GIZ) qui met en œuvre le programme des Centres d’innovations vertes.