Togo : De nouvelles variétés de semences et de meilleures pratiques agricoles profitent aux producteurs d’arachides

| mai 10, 2021

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Nouvelle en bref

Au Togo, la filière arachide est mal organisée et les cultivateurs(trices) utilisent des pratiques traditionnelles. Ils/elles n’ont pas accès aux informations sur les bonnes pratiques agricoles et aux semences de qualité. Toutefois, de nouvelles variétés de semences et des formations sur les meilleures pratiques agricoles sont en train de transformer la vie des producteurs(trices) d’arachides. Cela fait sept ans que Bondjogou Yendoumban cultive des arachides. Cependant, avec plusieurs amis, il a songé à abandonner cette culture à cause des mauvais rendements et du manque de marchés. Les cultivateurs(trices) ont pris un nouveau départ grâce au soutien de l’organisation de développement, la GIZ, qui leur a présenté une nouvelle variété d’arachides. Cette nouvelle variété a permis à monsieur Yendoumban de voir ses rendements passer de 300 à 350 kilogrammes à presque deux tonnes par hectare. La GIZ aide aussi les producteurs(trices) à entrer en contact avec des acheteurs(teuses), étant donné que la commercialisation est une autre contrainte majeure des cultivateurs(trices) d’arachides.

Les premières pluies ont commencé à tomber il y a quelques jours, annonçant ainsi la grande saison agricole au sud du Togo. Les paysan(ne)s s’activent à mettre en terre leurs semences. Salima Tchonda, âgée d’une quarantaine d’années, cultive une parcelle familiale à Elavagnon, à environ 30 kilomètres de la ville d’Anié, dans la préfecture de l’Est Mono. Elle prépare ses semences d’arachide. En effet, l’arachide est une légumineuse prisée au Togo, mais la filière arachide rencontre des difficultés.

Madame Tchonda utilise des techniques rudimentaires pour produire l’arachide. Elle trie les semences à la main. Elle est assise avec sa fille, deux bassines devant elles, dont l’une contenant des coques d’arachides et l’autre servant à recueillir les gousses. À côté, sous le soleil, une bâche contient des graines en train de sécher. C’est ainsi qu’elle prépare sa semence d’arachide.

La préparation du sol est aussi rudimentaire. Elle explique : « Je décortique les coques d’arachides, prépare les billons à la main et sème mes arachides comme je le fais toujours. »

Comme madame Tchonda, la plupart des producteurs(trices) utilisent des pratiques traditionnelles pour cultiver l’arachide au Togo. Ils/elles cultivent principalement des variétés hâtives qui ont un cycle de moins de 100 jours.

La filière arachide n’est pas bien organisée et ne bénéficie pas du soutien de l’État. La production est artisanale et la faible capacité de transformation des arachides ne favorise pas l’essor du marché de cette légumineuse. En effet, les cultivateurs(trices) d’arachide n’ont ni accès à l’information pour de bonnes pratiques culturales ni aux semences de qualité.

Les sols sont cultivés manuellement sans une importante mécanisation et les billons sont faits à la houe. Pourtant, la qualité des semences et la bonne formation des billons peuvent améliorer les rendements d’arachide. Les producteurs(trices) disposant de moyens utilisent des charrues ou louent des tracteurs à 30 000 FCFA (55 $ US) par hectare pour labourer leur champ.

Mais, différentes organisations ont commencé à appuyer cette filière, y compris la GIZ, l’Agence allemande de coopération internationale. De la semence aux marchés, la GIZ accompagne les producteurs par des conseils et des formations pour les groupements de producteurs(trices) d’arachide.

Banla Essohouma est sélectionneur d’arachides à l’Institut Technologique de Recherche Agronomique (ITRA). Il explique : « Au niveau des semences, nous sommes un peu avancés depuis quelques années avec la collaboration de quelques producteurs que la GIZ a formés. » Il explique qu’ils produisent des semences de qualité pour les autres producteurs(trices) des régions de Kara, Savanes et Centrale. La GIZ accompagne ces agriculteurs(trices) également avec des conseils sur le semis à de bonnes densités et le choix des variétés en fonction du marché. Ces conseils ont permis à ceux de la région des Savanes d’adopter, par exemple, une variété d’arachides nommée ICIAR 19 BT-1 qui produit assez d’huile.

Ces propos sont confirmés par monsieur Bondjogou Yendoumban qui cultive l’arachide depuis sept ans dans la région des Savanes. Cet agriculteur et plusieurs de ses amis ont voulu abandonner la culture d’arachide à cause des mauvais rendements et du manque de débouchés. Mais ils ont retrouvé un souffle nouveau avec l’appui de la GIZ. L’organisation a introduit une nouvelle variété d’arachides, aménagé des champs d’expérimentation et essayé de résoudre le problème de débouchés.

Monsieur Yendoumban témoigne : « C’est le faible rendement à l’hectare qui nous poussait à abandonner la culture de l’arachide. Avant la formation de la GIZ, ma production était de 300 à 350 kilogrammes à l’hectare. Maintenant, je suis à près de deux tonnes par hectare aujourd’hui. » Avec la variété ICIAR 19 BT-1, les producteur(trices) peuvent obtenir un rendement de trois ou quatre tonnes par hectare avec 70 kilogrammes de semences.

L’épineux problème de la filière arachide, c’est le marché de consommation. Il y a deux ans, la GIZ a aidé certains producteurs(trices) à adopter des pratiques efficaces pour la culture de l’arachide. Mais les producteurs(trices) ont toujours eu du mal à écouler leurs produits.

Monsieur Essohouna soutient que l’écoulement des productions est le grand défi, mais des solutions sont recherchées. Il explique : « Nous prenons attache avec les autorités pour voir comment réorganiser la filière. Nous réfléchissons pour qu’il y ait quelque chose de plus stable pour la filière arachide. » Pour le moment, la GIZ aide les producteurs(trices) en les mettant en contact avec des acheteurs(euses) potentiels.

La survie de la filière arachide réside dans la transformation. Mais des usines de transformation de l’arachide en huile comme Nioto ont été abandonnées, car la production était insuffisante. Cette baisse de production est due à la faible mécanisation.

À ce jour, la transformation est essentiellement artisanale, il y a un manque d’hygiène et les consommateurs(trices) sont méfiants.

Monsieur Essohouna affirme : « Si on arrive à transformer l’arachide, cela va créer une demande et les producteurs augmenteront leur surface. »

Pour relever ce défi, l’Institut Technologique de Recherche Agronomique propose des formations pour les jeunes. Monsieur Essohouna pense que cela va créer de l’emploi et des débouchés sûrs pour les producteurs.

La présente nouvelle a été produite grâce à une subvention de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GmbH (GIZ) qui met en œuvre le programme Centres d’innovations vertes.

Photo : Les mains de Anna Paulo alors qu’elle travaille dans son champ de choux dans le village de Langali près de Morogoro, en Tanzanie, le 28 mai 2014. Crédit : Frederic Courbet, Fondation Bill & Melinda Gates