Kathryn Burnham | janvier 16, 2017
Pour aller à Ketumbeine, vous devez vous rendre à 85 kilomètres au nord d’Arusha, dans le nord de la Tanzanie. Après avoir quitté la route goudronnée, il vous faut rouler quelques kilomètres de plus sur un chemin en terre cahoteux pour atteindre le village que les éleveurs et les agriculteurs surnomment leur terre natale.
Le chemin n’est plus aussi sec et poussiéreux qu’autrefois, mais il n’est pas aussi boueux qu’il pourrait l’être. Les pluies ont commencé tardivement et il a plu très cette année.
Lucas Laizer Ndoros est un éleveur résidant à Ketumbeine. Il élève des vaches, des chèvres, des ânes, des moutons et des poules. Ces derniers temps, M. Ndoros se sert d’un nouvel outil pour augmenter ses chances du trouver un bon pâturage pour ses bêtes. Cet outil, c’est la radio.
Radios Rurales Internationales travaille avec Orkonerei Radio Service dans le district de Simanjiro en vue de diffuser des bulletins météorologiques aux Maasaï du district de Longido, dont fait partie Ketumbeine. Plusieurs sont éleveurs, même si certains cultivent également du maïs et du haricot.
Les bulletins météorologiques diffusés par ORS FM visent particulièrement cette région, et ils précisent exactement où il pourrait pleuvoir dans la grande région de Longido.
M. Ndoros affirme que ces informations l’aident, car il sait dans quelle direction amener ses animaux, ce qui accroît ses chances de trouver de bons pâturages.
Par exemple : un jour, en novembre, ses bêtes se trouvaient à 15 kilomètres de Ketumbeine, sur des collines d’une zone où il avait récemment plu. Ses bêtes pourraient être plus près de chez lui, ou à des kilomètres plus loin dans une autre direction durant une autre journée.
Le fait d’avoir les prévisions météorologiques permet également aux éleveurs de planifier le nombre d’animaux qu’ils doivent avoir. Des animaux en meilleure santé se vendent à un meilleur prix. Lorsqu’il pleut moins abondamment pendant quelques semaines, les animaux dépérissent. Lorsque M. Ndoros sait que ses animaux seront stressés par le manque de pluie, il vend quelques-unes pour acheter des aliments. Mais quand il sait qu’il pleuvra abondamment bientôt, il conserve ses animaux jusqu’à qu’ils recouvrent une meilleure santé.
L’agence tanzanienne de la météorologie a annoncé que neuf régions avaient enregistré une pluviométrie inférieure à la moyenne entre octobre et décembre. Ces régions abritent plus de 21 millions de têtes de bétail qui risquent actuellement de mourir à cause du manque de pâturage et d’eau. Il est conseillé aux éleveurs de conserver des aliments pour animaux pour la saison sèche et d’abattre certains animaux pendant qu’ils sont encore en bonne santé. Les éleveurs sont également invités à garder autant de bêtes que peuvent supporter les pâturages.
Lekishon Kaika est un éleveur originaire également de Ketumbeine. L’homme de 32 ans est le chef du village et emploie tous les moyens pour obtenir des renseignements météorologiques, que ce soit à la radio, la télévision et par le biais d’un service mobile mis en place par Radios Rurales Internationales et connu sous le nom de « Bip pour la météo ».
M. Kaika soutient que le service « Bip pour la météo » est pratique, car il peut y recourir pour obtenir des renseignements météorologiques même lorsqu’il est loin de chez lui. Les prévisions météorologiques pour une période de dix jours diffusées par ORS FM lui permettent de planifier ses choses, et de conseiller les autres habitants de Ketumbeine.
M. Kaika utilise les renseignements météorologiques pour développer une nouvelle méthode de travail. Il fait un tri de ses animaux selon qu’ils sont affaiblis ou robustes. Si aucune des localités voisines n’a reçu aucune pluie, ce sont uniquement les bêtes en bonne santé qu’il emmène loin pour trouver de la bonne herbe. Les bêtes les plus chétives paissent à côté de la maison jusqu’à ce qu’elles soient en meilleure santé ou jusqu’à ce qu’il pleuve quelque part à côté.
Malheureusement, vu le retard qu’a accusé la saison pluvieuse, les bêtes de M. Kaika n’ont pas été très productives et lui ont rapporté très peu de lait. Toutefois, il affirme que les renseignements météorologiques lui permettront d’avoir plus de productivité à l’avenir, et ce, aussi longtemps que le climat restera également clément.
Cet article a été produit à partir d’extraits de The Citizen
