Tanzanie : Gérer les aliments, l’eau et les relations avec les agriculteurs pour une bonne production animale (IPS)

| janvier 20, 2025

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Nouvelle en bref

Le village d’Ikolongo, qui se trouve à 670 kilomètres au sud de la savane masaï tanzanienne, a mis en place une solution spéciale pour régler les conflits liés à l’eau et aux pâturages. Ici, une initiative communautaire a réuni les agriculteurs et les éleveurs pour régler le problème de pénurie d’eau. Alors que les bergers d’Oldonyo Samu, au nord de la Tanzanie, luttent avec la raréfaction de l’eau et des pâturages, les habitants d’Ikolongo aménagèrent des zones désignées pour le pâturage et des points d’eau atténuant ainsi les tensions. Les éleveurs achètent chez les agriculteurs et les agricultrices de la balle de riz qu’il utilise comme aliments pour les animaux en saison sèche, tandis que des règlements stricts et des infrastructures communes, y compris des barrages, fournissent une source d’eau fiable à tout le monde. Cet effort de collaboration crée une communauté résiliente.

Alors que le soleil se couche, un troupeau de bétail arpente paresseusement le paysage aride sur le chemin du retour vers la maison après avoir été brouté. Vêtus de robes rouges, les jeunes éleveurs masaïs sifflent habituellement lorsqu’ils guident les bœufs, les chèvres et les moutons pour qu’ils restent sur le chemin. La quête de survie oblige ces éleveurs à se bousculer pour l’eau et les pâturages qui s’amenuisent, car ils essaient de garder leurs troupeaux en vie à Oldonyo Sambu, dans la savane masaï au nord de la Tanzanie.

Curieusement, à 670 kilomètres, dans le village d’Ikolongo, au sud de la Tanzanie, le sort des consommateurs et des consommatrices d’eau s’est amélioré, et ce, grâce à une initiative communautaire qui a réuni les agriculteurs, les agricultrices et les éleveurs pour résoudre leur déboire avec l’eau.

Assis sous un baobab, l’homme de 47 ans Leinot Leboo regarde ses bœufs boire dans une mare. Monsieur Leboo déclare : « Je ne me rappelle pas avoir vu de conflits entre des éleveurs et des agriculteurs ici. Nous avons suffisamment de pâturages et d’eau pour notre bétail. »

Contrairement à Oldonyo Sambu, les habitants du village ont aménagé ici des aires de pâturage délimitées et des points d’eau pour le bétail, ce qui réduit les conflits avec les agriculteurs et les agricultrices. Monsieur Leboo déclare : « Nous amenons souvent nos bœufs ici et nous les laissons paître et boire sans créer de perturbations. »

Selon Ignas Mashaka, le chef du village d’Ikolongo, les habitants ont instauré un système où les éleveurs paient un petit montant pour nourrir leurs troupeaux avec de la balle de riz produite par les agriculteurs et les agricultrices, notamment en saison sèche.

Monsieur Mashaka déclare : « Cette disposition permet d’avoir une source constante d’aliments, mais elle offre également aux agriculteurs un revenu supplémentaire. »

Concernant l’eau, après des mois de négociation entre les habitants de la localité et les autorités municipales locales, 12 villages ont adopté des règlements stricts. Monsieur Mashaka explique : « Ces règlements permettent d’apaiser les tensions liées à l’utilisation de l’eau. »

Dans le cadre de cette initiative, les habitants se sont unis pour construire des barrages et des réservoirs qui ont réduit la pénurie d’eau et qui permettent aux agriculteurs, aux agricultrices et aux éleveurs d’avoir une source d’approvisionnement fiable.

Musa Chacha est un cultivateur dans le hameau d’Ikolongo. Il déclare : « Nous avions l’habitude de nous disputer pour la moindre goutte d’eau, mais, maintenant, il y en a assez pour tout le monde et nous n’avons aucune raison de nous battre. »

Malgré la disponibilité de vastes espaces de pâturage, la population tanzanienne vit de fréquents conflits liés à l’eau et à d’autres ressources à cause du changement climatique et du peu de contrôles sur les terres. Les sécheresses prolongées entraînent souvent des confrontations entre les agriculteurs, les agricultrices et les éleveurs, car ils se battent pour l’eau et les pâturages.

En collaborant et en gérant durablement les ressources, les habitants d’Ikolongo ont bâti une communauté forte et résiliente.

L’élevage est important en Tanzanie, qui compte plus de 36 millions de têtes, soit le deuxième plus grand nombre de têtes de bétail en Afrique, après l’Éthiopie. La Tanzanie possède aussi un grand nombre de moutons de chèvres, de poules et de porcs, ce qui le classe parmi les premiers pays du continent en termes de nombre total de têtes de bétail. Ce secteur rencontre de nombreux défis en raison des risques climatiques, des maladies du bétail et de la faiblesse des investissements, selon les analystes de la Banque mondiale. Toutefois, le gouvernement a lancé une initiative de 546 millions de dollars américains.

Saidi Juma est un éleveur de 55 ans du village de Kilolo qui a constaté des changements au niveau des régimes climatiques au fil des ans. Il déclare : « Quand j’étais jeune, les pluies étaient prévisibles et il y avait beaucoup d’herbes, mais ces dernières années, nous avons du mal à trouver des pâturages pour nos bêtes, et les rivières s’assèchent trop vite. »

Un volet de l’initiative gouvernementale a trait à l’adoption d’innovations intelligentes face au climat, telles que les meilleures pratiques d’élevage, le fourrage résistant à la sécheresse et les systèmes de gestion efficace des ressources d’eau.

L’introduction de l’herbe résistante à la sécheresse Brachiaria, dans le village d’Ikolongo, permet de maintenir le bétail en meilleure santé en période sèche. Monsieur Mashaka déclare : « Nous avons voulu cultiver cette herbe, car elle résiste à la sécheresse et procure assez de nourriture pour notre bétail. »

Selon lui, les cultures fourragères résistantes à la sécheresse garantissent une réserve continuelle d’aliments nourrissants pour le bétail en saison sèche.

La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Kizito Makoye pour Interpress News Service, sous le titre « How Climate-Smart Strategies Revitalized Tanzania’s Livestock Sector. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : www.ipsnews.net/2024/07/climate-smart-strategies-revitalized-tanzania’s-livestock-sector/.