admin | février 12, 2018
À Bentiu, au Soudan du Sud, la vie est souvent difficile, avec les températures qui dépassent souvent les 40 degrés Celsius, ajoutés à l’humidité extrême ou la poussière. Bentiu abrite le plus grand site de protection des civils des Nations Unies du pays. Plus de 112 000 Sud-soudanais déplacés vivent là-bas. Ces personnes déplacées ont fui leurs maisons après que le conflit armé a éclaté en décembre 2013.
Des forêts et des marais entourent le site. Mais le camp lui-même qui couvre une superficie de 160 hectares est dénué de tout arbre. Les constructeurs ont abattu ces derniers pour construire des abris, des dispensaires et d’autres infrastructures de base. En retour, l’absence d’arbres contribue à l’augmentation de la force des vents et des tempêtes de sable en saison sèche.
Mais, actuellement, certains résidents du camp tentent de créer de l’ombre et réduire la poussière en plantant des arbres. L’Organisation internationale pour les migrations ou OIM, qui gère le camp, a commencé à aménager une pépinière d’arbres.
Koang Pech vit dans le camp et est le jardinier qui travaille avec le projet. Utilisant un peu de bouse de vache, il sème des graines dans des sacs de nourriture abandonnés. Il déclare : « Nous cultivons des espèces locales telles que la mangue, la goyave, le neem, le dinkipesha, le ban, le keer, le meth, le citron, le bannes, le powpow, le dhuras, le chokas, etc. Certains de ces arbres peuvent atteindre 25 mètres…. Je montre aux gens comment les planter, creuser les trous, la fréquence à laquelle ils doivent les arroser, etc. »
À ce jour, l’OIM a produit 1 000 semis d’arbres et jeunes arbres. Les jardiniers ont planté les 300 premiers arbres dans des écoles, des dispensaires et des centres de communication. Plus tard, les résidents des camps pourront s’instruire sur la production de semis d’arbres dans la pépinière et planteront ensuite des arbres près de leurs maisons.
Monsieur Pech explique : « Avoir des arbres près les écoles et les dispensaires permettra d’amoindrir les effets de la chaleur et fournira de l’ombre lorsque le soleil sera haut. Quand les arbres seront suffisamment grands, les enfants pourront faire les cours à l’extérieur, à l’ombre. Les gens seront heureux. »
Il ajoute que, lorsque les arbres arriveront à maturité, ils procureront également des fruits tels que les mangues et les goyaves, ainsi qu’un endroit ombragé où peuvent se réunir les amis. « Vous savez, il est plus facile de vous repérer lorsque vous reconnaissez un arbre. Vous pouvez le voir de loin. Quand il y a assez d’arbres, ils attirent la pluie. C’est comme ça que la nature fonctionne. »
Les gens qui vivent sur le site de Bentiu font partie de quasiment deux millions de Sud-Soudanais déplacés à l’intérieur de leur propre pays. Le conflit les a obligés à quitter leurs villages, et ils resteront sur le site jusqu’à ce que ce soit assez sécuritaire pour eux de retourner à la maison.
Les conditions humanitaires empirent au Soudan du Sud. Selon les estimations de l’OIM, sept millions de personnes auront besoin d’aide cette année en raison du conflit, des déplacements, de l’insécurité alimentaire, du déclin économique et de l’accès limité aux services de base.
L’OIM affirme que, bien que le développement de la pépinière soit un projet de petite envergure, il aide les personnes dont les conditions de vie ont été considérablement perturbées à retrouver un semblant de normal et de soulagement.
La présente nouvelle est une adaptation d’un reportage photo intitulé « From Seedling to Shade: Planting Trees in South Sudan’s Displacement Sites » de l’Organisation internationale pour les migrations, publié par l’Inter Press Service. Pour consulter l’article original, cliquez sur : http://www.ipsnews.net/2018/01/seedling-shade-planting-trees-south-sudans-displacement-sites/
Photo: Koang Pech, un jardinier et Sud-soudanais déplacés gardener qui habite à Bentiu, au Soudan du Sud. Crédit: Amanda Nero / IOM 2017