Sénégal : Des femmes plantent des variétés d’arbres fruitiers locales pour lutter contre la dégradation des terres

| mai 21, 2026

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Dans la région de Kaffrine, au Sénégal, des membres de l’Association des femmes forestières de Kaffrine restaurent des terres dégradées en plantant des variétés d’arbres fruitiers locaux, telles que le madd, le moringa et le jujubier. Dans le cadre de leur initiative « Muraille de Fruits », les femmes ont mis en terre plus de 4500 arbres, en vue d’améliorer la fertilité des sols, de protéger les cultures et de générer des revenus grâce aux produits de fruits transformés. Appuyé par l’organisation de défense de la biodiversité Lion Rouge, le groupement affirme que le projet renforce les moyens de subsistance et la résilience environnementale, tout en aidant les familles à s’adapter à la dégradation des terres et à bâtir un meilleur avenir.

Sous le soleil de plomb de Kaffrine, à environ 250 kilomètres au sud-est de Dakar, au Sénégal, une silhouette se déplace tranquillement entre des rangées de jeunes pousses d’arbres. Un vent chaud soulève la poussière du sol, un rappel du degré de sécheresse et de la rudesse actuelle des sols. Tout autour, le paysage révèle une histoire mitigée : la terre s’est épuisée au fil du temps, usée par l’érosion et la lente progression du désert, mais également des parcelles où de jeunes arbres commencent à prendre racine et à montrer des signes de restauration. 

Fily Traoré habite à Kaffrine et préside l’Association des femmes forestières de Kaffrine qui regroupe environ 60 membres. Dans son champ, elle marche tranquillement, inspectant soigneusement une jeune pousse de jujubier à mesure qu’il se développe. Madame Traoré déclare : « Ces plants sont pour nous une promesse d’avenir. Nous veillons sur eux. »

Depuis 2004, madame Traoré et les femmes de son association se sont engagées à restaurer les terres dégradées dans des zones classées comme des forêts tout en créant des débouchés économiques pour les familles locales. Les femmes plantent des variétés d’arbres fruitiers locales, telles que le madd, le moringa et le jujubier qui contribuent à fertiliser et à restaurer le sol. Elles utilisent également les fruits et les feuilles pour la consommation familiale, et elles vendent le surplus pour avoir un revenu. Madame Traoré explique qu’elles ont choisi ces variétés pour leur résistance et leur valeur nutritionnelle.

Les femmes ont nommé leur initiative « Muraille de Fruits ». Dans des pépinières communautaires, elles sèment, entretiennent et préparent de jeunes pousses avant de les planter durant la campagne nationale de reboisement, qui commence officiellement en août, chaque année. Madame Traoré déclare : « Dans cette région où les exploitations familiales luttent pour survivre, chaque arbre planté est un acte de courage, un pari sur demain. »

Les femmes de Kaffrine bénéficient du soutien de Lion Rouge, une organisation spécialisée dans la protection de la biodiversité au Sénégal, et qui forme les membres en gestion de pépinières.

Lion Rouge a également construit des systèmes de ravitaillement en eau et des réservoirs de stockage pour arroser les pépinières, installé des panneaux solaires et clôturé cinq hectares de terre avec des fils de fer barbelé, en vue de protéger les zones reboisées.

Le projet « Fruit Wall » s’appuie sur l’expertise des femmes de Kaffrine. Madame Traoré déclare : « Nous plantons pour que nos enfants puissent récolter les fruits et que nos terres retrouvent leur force. » L’Association des femmes forestières de Kaffrine a déjà supervisé la plantation de plus de 4500 arbres fruitiers.

Les pousses sont également plantés dans les champs individuels des femmes, afin d’améliorer la fertilité des sols de leurs exploitations agricoles. Les feuilles de moringa sont riches en azote, en potassium, en calcium et en phosphore qui améliorent la qualité des sols lorsqu’elles servent de paillis ou de composte. Madame Traoré ajoute que la plantation d’arbres dans les champs crée des brise-vent qui protègent les cultures des vents secs, offre de l’ombre bénéfique aux légumes cultivés en contre-saison, et favorise la conservation de l’humidité dans leurs champs.

Fama Niang est membre de l’Association des femmes de la forêt de Kaffrine. Selon elle, dans le passé, les femmes dépendaient uniquement des récoltes agricoles pour avoir un revenu. Aujourd’hui, grâce aux fruits des arbres, elles gagnent souvent jusqu’à 9 $ US par jour en vendant des produits transformés, tels que la poudre de feuilles comestibles et les fruits séchés. Madame Niang déclare : « Je contribue aux dépenses de ma famille en payant la scolarité de mes enfants. »

À Kaffrine, ces femmes soutiennent semer des opportunités et redonner vie à une communauté entière. Cependant, pour que ce progrès perdure et évolue, les femmes appellent les autorités à leur apporter plus de soutien parce qu’avec chaque arbre qu’elles plantent, elles bâtissent un meilleur avenir.