Sénégal : De jeunes entrepreneurs se soutiennent en partageant leurs expériences

| mars 2, 2020

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Nouvelle en bref

Il y a quatre ans, en ouvrant son restaurant, Marième Ndiaye Cissé, 30 ans, avait une idée précise : servir de la bonne nourriture sans arômes artificiels ou additifs chimiques. Mais c’était compliqué à Matam, une ville située dans une région éloignée du nord du Sénégal, à 600 kilomètres de Dakar. Elle dut se battre pour avoir des ingrédients de bonne qualité, un chef cuisinier professionnel et des client(e)s. Toutefois, madame Cissé ne baissa pas les bras. Grâce à une formation sur la planification et le ciblage de clients, elle est désormais plus confiante pour son activité commerciale. Elle a partagé ses expériences personnelles avec d’autres jeunes femmes entrepreneures lors d’un séminaire à Dakar, dans l’espoir que cela leur éviterait de traverser mêmes difficultés qu’elle.

Marième Ndiaye Cissé, 30 ans, possède un restaurant à Matam, une ville située à 600 kilomètres de Dakar, dans une localité éloignée du nord du Sénégal. Depuis l’ouverture de son restaurant, il y a quatre ans, elle a appris beaucoup de choses concernant la gestion d’une entreprise.

Son défi : servir des repas de qualité aux client(e)s. Pour cela, elle espère éliminer les mélanges chimiques de ses marmites. Cela est difficile au Sénégal, où les femmes utilisent généralement les arômes artificiels.

Elle explique : « Pour préparer le plat national sénégalais, composé de riz et de poisson, je mise sur les épices naturelles locales. » Pour assaisonner ses plats, madame Cissé utilise du poisson séché, un rehausseur de goût bien connu au Sénégal. Elle ajoute également une mixture qu’elle prépare elle-même, avec du sel, de la poudre de crevette, du piment, des feuilles d’oignon, des poivrons, du poivre noir et des feuilles de laurier.

Elle explique : « Mes clients sont habitués à manger dans des restaurants abordables, dont la qualité est douteuse et ils ne veulent pas dépenser plus pour acheter la nourriture de bonne qualité que j’offre. » Cependant, madame Cissé espère changer les mentalités.

Elle peine à trouver certaines matières premières à Matam. Elle ajoute : « J’ai eu de la difficulté à gérer ces quatre dernières années. C’était également difficile de trouver de bons collaborateurs dans cette région où plusieurs ne sont pas instruits. C’était impossible de trouver du financement. »

Elle a dû utiliser ses propres économies pour démarrer son activité. Elle ne maîtrisait pas les bonnes techniques de gestion au début et travaillait souvent à perte. Elle se rappelle : « Je n’arrivais pas à faire la différence entre avoir un personnel indispensable et productif et le reste. J’avais également du mal à trouver la clientèle cible dont j’avais réellement besoin. »

De plus, son maigre budget ne suffisait pas pour attirer un chef cuisinier professionnel à Matam.

Madame Cissé a partagé ses expériences personnelles lors d’un séminaire organisé pour les femmes entrepreneures par le programme Uniterra, piloté par le CECI et l’EUMC, des ONG canadiennes. Elle espère que ses conseils permettront à d’autres jeunes entrepreneur(e)s d’éviter les mêmes problèmes qu’elle.

Le séminaire fut l’occasion pour elle d’apprendre et d’avoir des idées. Elle y a rencontré Aurore Magougna, une entrepreneure canadienne, propriétaire d’un restaurant. À l’instar de madame Cissé, elle se bat contre la malbouffe qui séduit les consommateurs et les consommatrices. Son entreprise sociale s’emploie surtout à sensibiliser les enfants de 4 à 11 ans par rapport à la bonne alimentation. Cette idée a immédiatement séduit sa collègue sénégalaise.

Madame Cissé déclare : « Ce qui m’a le plus intéressé dans cette rencontre c’était l’occasion qui m’a été offerte de découvrir une autre culture : découvrir ce qui se passe ailleurs et pouvoir en tirer le maximum. Le séminaire m’a permis d’apprendre des expériences d’autres entrepreneur(e)s. En outre, nous avons pu nouer des partenariats intéressants pour l’avenir de nos entreprises. »

Madame Cissé compte tirer le maximum de ce qu’elle a appris. Inspirée par ses discussions avec madame Magougna, elle adoptera une autre approche pour son entreprise, et compte insérer des repas pour enfants dans son menu.

Tout comme madame Cissé, Nogaye Kane est une jeune entrepreneure qui a bénéficié de l’appui du programme Uniterra. Elle une étudiante de troisième année qui travaille sur les aliments. En mars 2019, elle a démarré un projet de jardinage sur un hectare à Ngaye Mékhé, une ville située au nord-ouest du Sénégal, à 265 kilomètres de Dakar.

Son projet consiste à cultiver des fruits et des légumes pour combler le manque de fournisseurs locaux. Mademoiselle Kane déclare : « J’ai eu cette idée parce qu’il n’y avait pas de vergers dans ma région. Les gens utilisent beaucoup les légumes, mais n’en produisent pas. Les commerçant(e)s doivent se rendre dans d’autres localités du pays pour s’approvisionner. »

Mademoiselle Kane a eu une idée et a vu qu’il y avait un besoin local, et le programme Uniterra l’a aidée à mieux élaborer son plan d’affaires et comprendre le marché local afin de pouvoir démarrer son activité en toute confiance.

Uniterra est un programme mis en œuvre par le consortium CECI-EUMC, qui travaille au Sénégal avec des partenaires locaux dans les sous-secteurs du riz, de l’arachide, de l’aviculture et du maraîchage, en vue d’aider les jeunes et les femmes à avoir accès à de meilleures possibilités économiques. L’objectif est de renforcer le pouvoir économique des femmes et des jeunes en développant leur esprit entrepreneurial. Le programme Uniterra a soutenu financièrement et techniquement la production de la présente nouvelle. Le CECI et l’EUMC bénéficient du soutien financier du gouvernement du Canada, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, www.international.gc.ca. Pour avoir de plus amples renseignements, vous pouvez suivre Uniterra Sénégal sur Facebook àwww.facebook.com/cecisenegal.