Rwanda : Des filles qui font de la programmation et brisent les stéréotypes (ONU)

| juillet 8, 2024

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Nouvelle en bref

Lorsque Natacha Sangwa voulut apprendre la programmation informatique, les gens lui demandèrent si elle pensait vraiment pouvoir maîtriser ça. La programmation nécessite du temps et de la concentration, des qualités que les filles ne possèdent pas selon eux. Mais madame Sangwa était déterminée à leur prouver qu’ils avaient tort. Elle participa au premier camp de programmation organisé dans le cadre de l’initiative African Girls Can Code, en 2023, au Rwanda, et elle apprit tout sur la programmation, la robotique et l’égalité des genres. La prise de conscience de l’écart entre les hommes et les femmes dans le domaine de la technologie l’a motivée à continuer à œuvrer pour la création d’un secteur technologique plus inclusif et diversifié. Elle déclare : « Certaines personnes croient que les filles ne peuvent être créatives et féminines en même temps, tout en poursuivant également une carrière dans le domaine de la programmation. » Madame Sangwa et d’autres participantes au programme sont prêtes à défier ce mythe et à motiver d’autres filles à apprendre la technologie et à travailler dans le domaine des TIC.

Quand Natacha Sangwa voulut apprendre la programmation informatique, des proches lui demandèrent si elle pensait réellement pouvoir y arriver. La programmation nécessite du temps et de la concentration, des qualités qui font défaut aux filles selon eux. Après tout, ce sont les hommes qui occupent la majeure partie des postes dans le domaine des technologies.

Madame Sangwa déclare : « J’ai été motivé à leur prouver qu’ils avaient tort en apprenant la programmation et en poursuivant une carrière dans le domaine de la technologie. » Elle a participé au premier camp de programmation organisé dans le cadre l’Initiative African Girls Can Code en 2023 au Rwanda, et est surtout intéressée par la robotique et la cybersécurité.

Le programme est mené dans 11 pays par ONU Femmes, l’Union internationale des télécommunications et l’Union africaine, y compris le Rwanda. Pendant ce camp de deux semaines, les filles participantes ont appris la programmation, la robotique et l’égalité des genres.

Madame Sangwa déclare : « Alors que je participais au programme African Girls Can Code, j’ai pris conscience de l’écart important qui existe entre les hommes et les femmes dans le secteur de la technologie. J’ai acquis de précieuses connaissances sur les stratégies de prévention des attaques en ligne et de protection de ma présence en ligne. »

Outillée de ces compétences, madame Sangwa veut aider d’autres à apprendre à se protéger en ligne. Elle a également appris l’importance de combler l’écart entre les hommes et les femmes dans le domaine des technologies, ce qui la motive à continuer à œuvrer pour rendre le secteur des technologies plus inclusif et diversifié.

Elle travaille actuellement à développer une application qui mettra les agriculteurs et les agricultrices locaux directement en contact avec leur clientèle et les aidera à avoir accès à un marché plus vaste.

Elle déclare : « Certaines personnes croient que les filles ne peuvent être créatives et féminines, tout en faisant carrière dans la programmation. On croit souvent que les programmeurs sont des personnes solitaires qui passent leur temps dans des pièces sombres à écrire des codes et qui ne parlent à personne. »

Madame Sangwa et d’autres participantes au programme sont prêtes à réfuter ces mythes et à inspirer plus de filles à se former en technologie et à embrasser des carrières dans le domaine des TIC.

Selon elle, des plateformes comme l’initiative African Girls Can Code et le programme Siemens EmpowerHer peuvent motiver et encourager un plus grand nombre de filles à faire carrière dans les TIC.

Elle déclare : « Après avoir participé au camp de l’initiative African Girls Can Code, j’ai commencé avec les filles de ma famille et je les ai aidées à surmonter leur peur et à s’intéresser à la technologie. Maintenant que j’ai terminé le programme Siemens EmpowerHer, j’ai hâte de devenir une mentore paire et de partager mon parcours avec d’autres filles. »

Madame Sangwa aime réellement la programmation informatique et croit dans la conception de technologies inclusives qui répondent aux besoins de tous les individus. Pour cela, elle doit tenir compte des points de vue des personnes de tout sexe. Elle explique : « Pour créer des technologies adaptées pour les deux sexes, nous devons accorder la priorité à la diversité hommes-femmes. Comme ce sont les hommes qui dominent actuellement l’industrie de la technologie, plusieurs technologies reflètent souvent leurs intérêts. »

L’intelligence artificielle, ou IA, l’intéresse également, et les stéréotypes de genre dans le domaine de l’IA la préoccupent. Elle déclare : « Je constate que cela est surtout développé par les hommes et que les formations portent sur des ensembles de données qui sont principalement basées sur les hommes. Cela fait que les systèmes de l’IA ne parviennent pas toujours à s’adapter aux femmes. Par exemple, lorsque des femmes utilisent certains systèmes de l’IA pour diagnostiquer des maladies, elles reçoivent souvent des réponses inexactes, car l’IA ne connaît pas les symptômes qui peuvent se manifester différemment chez les femmes. »

Madame Sangwa conclut : « Nous sommes l’avenir de la technologie, et nous pouvons réaliser beaucoup de choses. Ne laissez personne vous dire que vous ne pouvez pas réussir dans la technologie à cause de votre sexe. Ensemble, nous pouvons surmonter les obstacles et contester les stéréotypes. Nous pouvons créer un monde avec des chances égales et où tout le monde a accès à la technologie. Continuons d’apprendre et de repousser les limites du possible. »

La présente nouvelle est inspirée d’un article publié par ONU Femmes sous le titre « Girls who can code and break stereotypes: an interview with Natacha Sangwa. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://www.unwomen.org/en/news-stories/interview/2024/04/girls-who-can-code-and-break-stereotypes.

Photo : Participants lors d’une session de robotique lors du premier bootcamp AGCCI au Rwanda. Photo : ONU Femmes