Nelly Bassily | avril 7, 2014
À côté de sa belle maison neuve dans le quartier de Kamonyi au sud du Rwanda, Dativa Mukamana a créé un jardin potager. Mme Mukamana partage son jardin coloré en petites parcelles d’aubergines, de tomates, d’oignons et de poivrons. Elle dit : « J’ai préféré mettre ces différents légumes parce que l’espace me paraissait très grand et je ne voyais aucun intérêt de mettre les fleurs qui, outre leur beauté, n’apportent rien à la famille ».
Mme Mukamana, originaire de la capitale du Rwanda, Kigali, avait toujours rêvé d’avoir un jardin potager. Elle se rappelle: « Notre maison n’avait pas un grand espace autour d’elle, et chaque fois que j’achetais des légumes au marché, je doutais de leur qualité, vu leur hygiène précaire».
Depuis qu’elle a commencé à cultiver son jardin potager, elle mange des légumes frais contrairement à ceux que vend le marché et qui sont souvent fanés par le soleil.
Le jardin a inspiré ses voisins. Mme Umuhire Bénitha récolte maintenant les légumes de son jardin, qui auparavant était à l’état sauvage.
Madame Umuhire dit : « Cette parcelle qui en apparence semble petite est en réalité grande, compte tenu de la quantité que je parviens à récolter ». Au cours des six derniers mois, elle a récolté des tomates, des choux fleurs, des oignons et des épinards dans son propre jardin. Elle n’achète des légumes au marché que lorsque c’est absolument nécessaire.
Une autre famille locale a aussi récemment planté des légumes dans son jardin. Elle a ainsi réduit ses dépenses alimentaires. Acheter des légumes pour le déjeuner et le dîner tous les jours coûte cher.
Avant que ces familles ne se mettent à cultiver un potager, elles dépensaient plus de 15 000 francs rwandais [22 $ US] chaque mois. Non seulement économisent-elles maintenant cet argent, mais leurs enfants n’ont plus besoin d’aller au marché et d’y revenir, ce qui représente une économie de temps pour eux.
Avoir un potager signifie que ces familles sont parfois submergées par le volume de la récolte. Les femmes donnent une partie de leurs légumes à leurs voisins et à leurs amis et vendent aussi leur surplus. Mme Mukamana dit : « Dernièrement, j’ai eu des poivrons en abondance et je les ai vendus au marché ce qui me permettait de subvenir à d’autres besoins sans rien demander à mon mari ».
Depuis 2006, le gouvernement rwandais encourage les Rwandais à cultiver des jardins potagers pour pallier à la malnutrition, un problème qui affecte de nombreuses familles, surtout les enfants. Beaucoup de familles ont cultivé des potagers en raison de la pression exercée par les autorités.
Christine Nyirandayisabye est la secrétaire générale du village de Runda, à quelques kilomètres à l’ouest de Kigali. Elle précise: « Nous encourageons la population de notre secteur à avoir au moins leur jardin de cuisine à la maison [et à] l’entretenir régulièrement pour leur propre bien et non pour plaire aux autorités ».
Christine Mukambugo est d’accord. Mme Mukambugo est nutritionniste. Elle dit qu’un potager bien entretenu peut fournir une alimentation équilibrée. Elle explique que les légumes fraîchement récoltés bénéficient d’une saveur et d’une qualité nutritionnelle accrues. Les légumes sont riches en nutriments tels que la vitamine A, qui favorise la croissance et la résistance aux maladies, la vitamine C, qui contribue à la formation des os et les vitamines E et F, qui sont importantes pour la croissance corporelle. Mme Mukambugo dit que les familles qui mangent des légumes frais peuvent « dire au revoir à la malnutrition dans la famille ».