admin | juin 8, 2020
Nouvelle en bref
Avec les restrictions que le gouvernement congolais a imposées en matière de déplacements et de rassemblements pour ralentir la propagation du coronavirus, plusieurs femmes et enfants victimes de violence se sont retrouvés seuls avec leurs agresseurs, avec peu d’espoir d’être secourus. Marie Lukasa note une augmentation des appels à l’aide provenant de victimes de violence familiale à Kinshasa. Madame Lukasa a créé le groupement Forum of Women Citizens and Activists for Governance, Democracy, and Development. Elle et un petit groupe de bénévoles utilisent leurs téléphones portables pour offrir un service d’assistance informel aux familles en quête d’une aide médicale, juridique et psychologique. Avec la crise du coronavirus, la demande pour ce service a augmenté. Avant, ils recevaient cinq appels par semaine. Maintenant, ils en reçoivent 10 par jour.
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Quatre jours après que le gouvernement congolais a interrompu la vie nocturne trépidante de Kinshasa, son mari lui cassa quelques-unes de ses dents et alla vivre chez sa maîtresse, la laissant ensanglantée et nue sur le sol. Leurs trois enfants avaient assisté à toute la scène.
Une mesure gouvernementale visant à ralentir la propagation du coronavirus a eu pour conséquence que la femme que nous nommerons ici K1B1 se retrouva enfermée avec son agresseur. Le nom de la femme a été modifié pour préserver sa sécurité.
Elle a déclaré : « Quand Marie vint me rendre visite, je vomissais toujours du sang à cause des coups. » Elle parle de Marie Lukasa qui a créé le premier service d’assistance domestique de la RDC il y a un an. Madame Lukas a créé le groupement Forum of Women Citizens and Activists for Governance, Democracy, and Development.
Avec la crise du coronavirus, la demande pour ce service a augmenté dans un pays mal préparé à faire face aux violences familiales.
Comme ils manquent de fonds pour un centre d’appel ou un refuge, madame Lukasa et un petit groupe de bénévoles utilisent leurs téléphones portables en guise de services d’assistance téléphonique informels pour offrir une aide médicale, juridique et psychologique aux familles.
Il est difficile d’évaluer le nombre de familles en République démocratique du Congo qui subissent de plus en plus de la violence à cause des répercussions du virus qui a infecté plus de 3 000 personnes et causé plus de 75 décès dans le pays à la date du 3 juin.
Mais le nombre d’appels reçus par l’association de madame Lukaso est dix fois plus élevé qu’au début. Ils avaient l’habitude de recevoir cinq appels par semaine. Maintenant, ils en reçoivent 10 par jour.
Pierre Ferry est le responsable de la protection de l’enfance au Fonds des Nations Unies pour l’enfance, ou UNICEF. Il affirme que plusieurs femmes sont pauvres en RDC et que la violence conjugale est souvent considérée comme normale, même par les femmes.
Monsieur Ferry ajoute qu’avec seulement 2 082 travailleurs(euses) sociaux pour 84 millions de personnes, les autorités congolaises n’ont pas les moyens d’aider les victimes comme K1B1.
Selon certaines agences des Nations Unies et organismes d’aide et de défense des droits, les restrictions de circulation, la perte de revenus, l’isolement, le surpeuplement et le niveau élevé de stress et d’anxiété exposent plus les enfants aux violences physiques, psychologiques et sexuelles à la maison.
Madame Lukasa affirme qu’il faut un traitement holistique à la situation, « car nous ne voulons pas que les victimes d’aujourd’hui deviennent les violeurs de demain. »
La présente nouvelle est adaptée d’un article intitulé « New hotline helps families survive abuse in Congo » initialement publié par Thomson Reuters Trust et écrit par Benoit Nyemba. Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://news.trust.org/item/20200526101748-mrljk/
Photo: Reuters / Zohra Bensemra