admin | juin 11, 2025
Nouvelle en bref
En Ouganda, des chercheurs de la Martyrs University ont développé un engrais organique riche en éléments nutritifs à partir de déchets industriels de cuir, afin d’améliorer la fertilité des sols et encourager la culture du café. Cet engrais « intelligent » libère des éléments nutritifs, comme l’azote et le phosphore seulement lorsque le besoin se pose, ce qui permet au sol de conserver l’humidité en période de sécheresse. Le cultivateur de café Frank Matovu qualifie cela d’une « solution gagnante » parce qu’il est organique et efficace. Monsieur Matovu déclare : « Une fois que vous commencez à utiliser des engrais chimiques, le sol ne peut jamais subvenir à ses propres besoins. » Financé par le Conseil national ougandais pour la science et la technologie, le projet vise à réduire la pollution et à renforcer le secteur ougandais du café, et compte agir à l’échelle régionale d’ici novembre.
Des scientifiques ougandais transforment les déchets industriels du cuir en engrais organique riche en éléments nutritifs pour renforcer la production du café. Cette innovation remédie à deux défis majeurs : la gestion des déchets industriels et l’amélioration de la fertilité des sols dans le secteur agricole ougandais. Simon Peter Musinguzi, chercheur principal et maître de conférences à la Martyrs University en Ouganda, a expliqué qu’on n’utilise que 20 % de la peau pour le tannage du cuir, et que les 80 % restant sont considérés comme des déchets qui polluent l’environnement et nuisent aux communautés voisines des tanneries.
L’équipe a développé un engrais « intelligent » en extrayant du collagène des déchets de cuir. Cet engrais libère des éléments nutritifs essentiels, notamment l’azote, le phosphore et le potassium, seulement lorsque le sol en a besoin, et il aide le sol à conserver l’humidité pour protéger les caféiers en période de sécheresse, a déclaré Musinguzi.
Les recherches ont commencé l’an dernier grâce à un financement de 125 millions de shillings ougandais (34 000 $ US) du Conseil national ougandais pour la science et la technologie, par l’entremise de la Science Granting Councils Initiative (SGCI). L’Ouganda est le deuxième pays producteur de café en Afrique, avec 1,8 million de ménages qui gagnent leur vie grâce à cette culture. Cependant, les mauvaises méthodes agricoles et les engrais inefficaces menacent l’avenir de ce secteur.
Frank Matovu, un cultivateur de café de Masaka qui a testé l’engrais, a raconté que celui-ci était plus efficace que d’autres, car la majeure partie des engrais doivent être appliqués plusieurs fois et ils ne sont pas organiques, ce qui fait baisser leur valeur marchande puisque les gens préfèrent acheter le café biologique. Il avertit que les engrais chimiques dégradent la santé des sols, entraînant ainsi les agriculteurs et les agricultrices dans une spirale de dépendance coûteuse. Il déclare : « Une fois que vous commencez à les utiliser, le sol ne peut plus jamais subvenir à ses besoins, ce qui signifie que vous aurez toujours besoin d’engrais. Cela devient un poids économique et une menace pour les futures activités agricoles. » Pour monsieur Matovu, ce nouvel engrais est une « solution gagnante », car il est biologique et efficace.
L’Union européenne, le plus grand marché de l’Ouganda, encourage les pratiques agricoles durables, y compris les engrais organiques. Geoffrey Seruwu de l’Organisation nationale de la recherche agricole (NARO) a affirmé que beaucoup d’engrais créaient une spirale de dépendance quand les agriculteurs et les agricultrices doivent les utiliser ou se retrouvent avec des rendements faibles. Il croit que le nouvel engrais pourrait aider l’Ouganda à renforcer son secteur du café et améliorer la production d’autres cultures de valeur élevée, telles que l’avocat Hass, populaire en Europe. La NARO est prête à collaborer avec le secteur local de la recherche pour contribuer à une utilisation à grande échelle de l’engrais.
Selon Simon Peter Musinguzi, l’équipe compte mettre sur le marché un produit d’ici novembre et espère l’étendre à l’Éthiopie, au Kenya et à la République démocratique du Congo. Il a ajouté qu’une fois le produit prêt, ils tisseront des partenariats avec le gouvernement et les parties prenantes agricoles, afin de définir des stratégies pour les prix et la mise à l’échelle.
La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par John Musenze pour SciDev.Net, sous le titre « Collagen fertiliser is a smart move for Uganda’s coffee. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://www.scidev.net/global/supported-content/collagen-fertiliser-is-a-smart-move-for-ugandas-coffee/.