Ouganda : Un agriculteur subvient aux besoins de sa famille grâce au poisson frais 

| mars 23, 2015

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Peter Odongo espère être un très grand pisciculteur. Chaque matin, l’homme de 69 ans commence sa journée en contrôlant ses étangs pour voir si les poissons sont en sécurité, avant de les nourrir par la suite.

M. Odongo a commencé à élever du poisson en 2000 dans le sous-comté de Ngetta, à quelques kilomètres au nord de la ville de Lira, dans le nord de l’Ouganda. Il se rappelle : « J’ai commencé avec un étang piscicole dans lequel j’avais stocké 10 alevins pris chez d’autres agricultrices et agriculteurs de ma communauté. » L’abondance d’eau dans la région laissait présager qu’il avait de bonnes chances de réussir dans sa nouvelle entreprise.

Mais les débuts furent difficiles. Plusieurs habitant(e)s de la localité considèrent que la pisciculture prend beaucoup de temps, coûte cher et est moins rentable que l’agriculture. M. Odongo a décidé de prouver le contraire aux sceptiques. Il a dépensé environ 90 000 shillings ougandais [32 $US] pour construire un étang qu’il a stocké avec 10 alevins de tilapia et de silure. Quinze ans plus tard, ses deux étangs grouillent de 3 500 poissons.

M. Odongo soutient qu’il y a une forte demande en poissons dans sa région. Il poursuit : « Plusieurs de mes clients ne se rendent plus au marché, mais viennent plutôt chez moi pour acheter du poisson frais. » Il gagne beaucoup d’argent en vendant son poisson au niveau local. Même les petits tilapias se vendent à 1 $US au marché.

L’Ouganda regorge de ressources naturelles nécessaires à la pisciculture. Il y a plein de lacs et de rivières à travers le pays. Plus d’un million d’Ougandais gagnent un revenu grâce à l’élevage de poissons qui sont une source majeure de protéine alimentaire.

Toutefois, les piscicultrices et les pisciculteurs ougandais sont confrontés à des difficultés. Les fournisseurs locaux ne disposent pas d’assez d’aliments pour poissons, et les aliments coûtent chers lorsqu’il y en a. M. Odongo paie environ 1 $US par kilo pour les aliments transformés. Il soutient que c’est la principale raison pour laquelle plusieurs agricultrices et agriculteurs ne peuvent pas se permettre de mettre sur pied leurs propres fermes piscicoles.

Le Dr Mwabaza est agent supérieur de recherches à l’Institut national des ressources halieutiques de Jinja, à 60 kilomètres à l’est de Kampala. Il dit que le manque de capitaux représente le principal problème des piscicultrices et des pisciculteurs. Il explique : « Les opérations de financement pourraient aider ces agricultrices et ces agriculteurs à apprendre des nouvelles technologies qui amélioreront … leurs activités de pêche et leurs revenus. »

Le Dr Ndawula soutient que la pêche excessive est responsable de la hausse du prix du poisson sur les marchés ougandais. Une petite quantité de poissons sur le marché signifie que les prix seront plus élevés. Mais, il déclare : « Si nous pouvions augmenter la production, les gens pourront avoir du poisson à [un] prix abordable. »

Les gains que rapporte la pisciculture à M. Odongo lui ont permis d’acheter une terre, de payer les frais de scolarité de ses enfants et d’élargir son exploitation agricole. Outre la pisciculture, il élève de la volaille et des chèvres, et cultive du riz.

M. Odongo explique que sa famille menait une vie misérable avant qu’il n’aménage sa ferme piscicole. Il raconte : « J’avais du mal à subvenir aux besoins de ma famille. Maintenant, je suis heureux, car je gagne en moyenne [350 $US] tous les mois grâce à la vente de poisson. »