Ouganda : Un agriculteur se fait de l’argent avec des remèdes à base de plantes médicinales (par Denis Ongeng, pour Barza infos)

| juillet 13, 2015

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Guard Okello a obtenu son diplôme à l’Université de Nairobi en 1967. Il n’avait pas prévu d’être agriculteur, mais il y a dix ans, M. Okello a pris une décision qui a bouleversé sa vie.

M. Okello vit dans les environs de Junior Quarters à Lira, une ville située à 340 kilomètres au nord de Kampala, la capitale ougandaise. L’homme de 78 ans raconte : « C’est ma défunte mère qui était herboriste qui m’a inspiré. Elle aidait beaucoup de personnes à soulager leurs divers maux grâce aux extraits de plantes médicinales. »

Il s’est rendu compte que la culture de plantes médicinales pourrait lui rapporter un plus gros revenu. Par conséquent, M. Okello a quitté son poste d’ingénieur industriel pour aménager son propre jardin de plantes médicinales.

M. Okello est conscient de la nécessité de protéger les plantes indigènes. Il déclare : « Nos ancêtres ont vécu avec les plantes médicinales pendant des générations, mais celles-ci sont actuellement en voie de disparition. Les scientifiques croient que plusieurs plantes ont une valeur médicinale et peuvent soigner un certain nombre de maladies.

Okello Guard shows  Guava he has plated at his home

Photo: Denis Ongeng

M. Okello s’est servi de l’expérience et du savoir de sa mère pour faire des recherches sur les plantes locales ayant une valeur médicinale. Il déclare : « J’utilise … les pois de terre pour soigner les dysfonctions érectiles [et] la papaye pour soigner les problèmes urinaires et le rhumatisme. J’utilise également du jus d’aloès pour traiter les brûlures et les inflammations. »

Emmanuel Oceng a bénéficié d’un traitement à base de plantes médicinales. L’homme de 70 ans raconte : « J’avais des problèmes de vue, mais après avoir consommé de la goyave, ma vision s’est améliorée et je vois mieux maintenant. »

Les client(e)s de M. Okello ne proviennent pas seulement de sa localité, certains viennent du Kenya et de la Tanzanie. Il déclare : « Généralement, ils viennent chez moi à la maison ou dans mon bureau à Lira pour se faire consulter et acheter des extraits. »

M. Okello a utilisé les recettes de sa vente de médicaments à base de plantes médicinales pour s’acheter une terre. Le père de quatre enfants explique : « Au meilleur des ventes, je gagnais 300 000 shillings ougandais par jour [86 $US]. J’utilise désormais la terre que j’ai achetée pour cultiver des plantes médicinales. »

Depuis qu’il a démarré son entreprise, M. Okello gagne un revenu décent. Mais le nombre croissant de fournisseurs de médicaments pharmaceutiques nuit à la popularité de ses remèdes à base de plantes médicinales. De nombreuses personnes dans sa région ne veulent plus utiliser les extraits de plantes en guise de médicaments.

Fredrick Ssekyana est le responsable des relations publiques à la National Drug Authority en Ouganda. Il déclare : « M. Okello et les autres productrices et producteurs de plantes médicinales doivent collaborer avec l’Agence nationale du médicament pour développer leurs produits. Il déclare : « Nous voulons travailler avec les herboristes. Leurs produits peuvent être exportés vers les marchés internationaux, afin de leur permettre de gagner un meilleur revenu. »

M.Okello raconte : « Les gens ne connaissent pas les bienfaits des plantes médicinales. Ces plantes sont efficaces, peu coûteuses et faciles à trouver. »