Ouganda: Les producteurs de café ont du mal à obtenir de bonnes récoltes (Le Moniteur, IRIN)

| septembre 19, 2011

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Dans un petit magasin situé à côté de sa maison, Mme Ruth Namuli emmagasine et emballe des grains de café sec dans des sacs en sisal, avec l’aide de ses deux fils. Mme Namuli habite le district de Mukono, dans le centre de l’Ouganda, et elle est productrice de café depuis plus de 20 ans. Elle a appris le métier auprès de ses parents. Elle dit: « La culture du café a payé mes frais de scolarité et celle de mes frères et sœurs. C’est la principale source de revenus qui me permet de mettre de la nourriture sur ma table, et ça l’a toujours été. »

Alors que Mme Namuli parle, un camion arrive dans sa propriété. Ce sont les commerçants qu’elle attendait. Ils commencent à peser les sacs de café et les chargent sur le camion.
Mme Namuli négocie avec un homme nommé Haji Mukunya. Il offre 30 000 shillings ougandais pour un sac de 20 kg de café (environ 11$US), un taux de 1500 shillings le kilo. Mme Namuli dit qu’à l’époque, les commerçants payaient  4500 shillings le kilo à ses parents. Dans une industrie qui rapportait autrefois des revenus d’exportation  de premier plan pour l’Ouganda, l’image actuelle est sombre.

Haji Mukunya tente d’acheter à un prix plus bas parce ses propres frais ont augmenté. Il explique: « Le carburant est tellement cher. Les frais à l’usine de café ont augmenté en raison du rationnement d’énergie. Dans les usines qui peuvent se permettre d’avoir des génératrices, le diesel utilisé pour les faire fonctionner est trop cher. »

De nombreux facteurs font que la production de café a diminué, en Ouganda. Les coûts du carburant ont augmenté. L’électricité est chère et son réseau de distribution est peu fiable. La maladie de la rouille des feuilles a également provoqué une baisse de la production. Pour faire un profit, Mme Namuli a réduit le nombre de travailleurs qu’elle emploie pour le désherbage et la collecte des grains de café. Ceci a considérablement affecté la production.

Les récents glissements de terrain vont également affecter la production de café de cette saison. Environ 140 hectares de café ont été détruits par les glissements de terrain du 29 août dernier, à Bulambuli et dans les districts voisins, dans l’est de l’Ouganda. Quarante personnes auraient été tuées par les glissements de terrain, dont beaucoup étaient des producteurs de café.

M. Nathan Nandala Mafabi est président de l’Union coopérative de Bugisu. Il explique: « Les glissements de terrain ont balayé la région, enseveli les plantations de café et détruit environ 60 000 caféiers. « Les petits agriculteurs du district Bulambuli sont les principaux producteurs de café arabica, en Ouganda. Cet événement récent pourrait affaiblir la production nationale voire mondiale de café arabica.

La saison de production de café se termine ce mois-ci, et les volumes sont plus faibles que prévu. Un expert de l’industrie du café a commenté: « Nous prévoyons une production de 2,8 millions de sacs cette année, ce qui est bien inférieur à notre objectif [de trois millions de sacs]. » Mais avec de bonnes pluies ces dernières semaines, les derniers rapports indiquent que la barre des trois millions de sacs pourrait bien être atteinte.

M. Silver Malanga a perdu environ un hectare de sa plantation de caféiers, avec le glissement de terrain. Il dit: « Je récolte habituellement environ 2000 kg, chaque saison. Cela signifie que mes enfants ne pourront pas aller à l’école et que je ne pourrai pas nourrir ma famille. »

Pour M. Malanga et certains de ses collègues producteurs de café, les problèmes liés au café sont beaucoup plus immédiats.