Ouganda : L’élevage d’oies : un investissement rentable

| août 15, 2016

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Tirée à quatre épingles, Grace Omia, 40 ans, est debout dans sa concession clôturée où elle nourrit ses oies en souriant. Elles sont en train d’engraisser, ce qui est un signe que la nouvelle activité avicole qu’elle mène à Lira, un district au nord de l’Ouganda, est bien partie.

Un(e) voisin(e) de Mme Omia lui a dit que l’élevage des oies pouvait lui rapporter un revenu avec lequel elle subviendrait aux besoins de sa famille. Donc, en avril, elle a acheté ses trois premières oies blanches et plusieurs canards.

Généralement, les familles ougandaises n’élèvent pas d’oies. Mais, Mme Omia a l’intention de les élever en même temps que d’autres oiseaux comme les pigeons et les paons afin d’accroître ses profits.

Elle a acheté ses oies chez un homme d’affaires kényan de Kampala. Elle explique : « J’ai l’intention de les élever … jusqu’en septembre lorsqu’elles commenceront à pondre et que les œufs commenceront à éclore. Une oie peut pondre de 12 à 15 œufs [qui prennent] presque 40 jours pour éclore. Elles agissent tout simplement comme les canards. »

Dennis Ogwang fait également de l’élevage à Lira, et est du même avis que Mme Omia. Il affirme que ce volatile est facile à domestiquer, et est très rentable. Il ajoute : « Les oies ne causent pas autant de dégâts que les canards. Elles se nourrissent d’herbe et de grain de poulet. Elles nagent et s’accouplent également dans l’eau, et pas à l’extérieur. Dans la cour, elles font toujours un son bruyant semblable à celui d’une alarme. »

Certaines croyances ougandaises pourraient dissuader certains agriculteurs et agricultrices d’acheter des oies. Raymond Olung milite dans la société civile du district de Lira. À ses dires, de nombreuses personnes pensent que cet oiseau porte malheur, et il est peu probable qu’elles en élèvent.

Toutefois, Mme Omia affirme que l’élevage des oies est un investissement rentable, car la demande est forte, surtout chez les résident(e)s et les visiteurs chinois. Elle explique : « Mes principaux client(e)s sont des [Chinois(e)s] qui vivent en Ouganda ou à l’étranger et qui sont des client(e)s réguliers des hôtels et des restaurants du pays … En Ouganda, on trouve de la viande d’oie dans presque tous les restaurants chinois. »

Elle soutient que les gens aiment la viande d’oie parce qu’elle est savoureuse. Elle ajoute : « Elle est meilleure à la viande de canard, sa couleur est brune, et on peut la rôtir ou la faire frire … On pourrait également l’ajouter à d’autres spécialités gastronomiques locales. »

Mme Omia affirme qu’une paire de jeunes oies coûte 300 000 shillings ougandais (88 $US). Toutefois, les éleveurs et les éleveuses peuvent vendre la paire entre 500 000 et 600 000 shillings ougandais (147 $ à 176 $US) sur le marché ouvert.

Antony Muchiri est un jeune éleveur d’oies et de dindons du comté de Kirinyaga. Au départ, il voulait élever des cailles, mais il a entendu dire que le marché des petits oiseaux était en forte baisse dans sa région.

Alors, il a opté pour les oies, et il en possède plus de 200 actuellement. Il raconte que c’est en écoutant une émission radiophonique locale qu’il a entendu parler de l’élevage des oies pour la première fois. Il ajoute : « J’ai fait des recherches sur Internet pour trouver des informations. J’ai trouvé des informations sur l’élevage de différents types d’oies. » Tout comme d’autres personnes, il a opté pour les oies blanches.

Mme Omia est enchantée par la perspective d’élever des oies. Elle raconte : « J’ai besoin d’argent, d’herbe et d’un grand espace pour élever ces volatiles. Ils embellissent naturellement la maison et rapportent de l’argent à ma famille. J’utiliserai l’argent que je gagnerai avec cette volaille pour payer les frais de scolarité des enfants et acheter également un autre lopin de terre … Je vais me servir également d’une partie pour rembourser mes dettes et construire une résidence permanente dans l’avenir.