Ouganda : La plantation d’arbres ramène les oiseaux et restaure la nature à Sebei

| juillet 3, 2026

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Nouvelle en bref

Des communautés de la région de Sebei, en Ouganda, plantent des espèces d’arbres indigènes et exotiques, afin de reconstituer les habitats des oiseaux et d’améliorer les moyens de subsistance. Des décennies de déboisement ont réduit le nombre de figuiers et de Cordia, entraînant ainsi les populations d’oiseaux et les services écosystémiques. Maintenant, des espèces, comme le touraco de Lady Ross, le Souimanga à ailes dorées et le francolin du mont Elgon font leur retour. Les écologistes locaux distribuent des semis d’arbres et plantent des arbres fruitiers et des bambous, ce qui permet d’éviter la présence d’oiseaux sur les terres agricoles et de promouvoir le tourisme. Les arbres améliorent également la fertilité des sols, la pollinisation et la résilience climatique, ce qui offre des avantages durables pour l’agriculture et les revenus communautaires, tout en favorisant une reconstitution de l’écosystème du mont Elgon.

Cet article a été publié initialement en septembre 2025.

La région de Sebei, en Ouganda, a subi le déboisement pendant des décennies. Des arbres indigènes, comme les figuiers (espèce Ficus) et le Cordia africana étaient monnaie courante, mais un grand nombre a été abattu pour le bois, le charbon de bois et l’agriculture. Cela a réduit les habitats d’oiseaux, la biodiversité et les importants services écosystémiques.

Monsieur Yekoyada Mutusa, un ancien du village de Sukuya, dans le district de Kapchorwa, soutient avoir vu les choses changer au fil du temps. Il explique : « La population d’oiseaux, comme les oiseaux lisoso, Najinsole, Jimaulu, Namono, Sunyi, Musukune, Namboko et Lingasa a fortement diminué. »

Monsieur Mutusa raconte que les gens accordaient beaucoup d’importance à certains oiseaux. Il explique : « L’oiseau Lisoso, par exemple, indiquait aux gens de planter quand c’était le moment. L’oiseau chantait lorsque c’était l’heure de mener cette activité, et c’était parfait. Les arbres appelés Kusabasi (Ficus) abritaient un si grand nombre d’oiseaux, mais leur habitat a rétréci. »

Il ajoute : « Les arbres qui sont menacés et qui ont disparu sont le Jimaulo, la Namanyi et le Budidi. Si on pouvait faire revivre des arbres, comme le Gusabasi, le Guyema, le Gubondye, ainsi que les arbres fruitiers, cela pourrait attirer à nouveau beaucoup plus d’espèces d’oiseaux. »

Dans les districts de Kapchorwa, de Kween et de Bukwo, à Sebei, les populations plantent des variétés d’arbres exotiques et locales. Cela attire les oiseaux, et même des espèces qui avaient disparu.

Ces dernières années, une grande volée d’oiseaux avait débarqué dans le sous-comté de Ngege et détruit des acres de champs de sorgho. Selon certains observateurs, cela s’est produit parce que les oiseaux n’avaient plus un habitat adéquat, ce qui les poussait à se diriger vers les terres agricoles. S’il y avait suffisamment d’arbres, ils pensent qu’on pourrait éviter une telle destruction.

Les oiseaux, tels que le touraco de Lady Ross, le Souimanga à ailes dorées et le francolin du mont Elgon, sont à nouveau plus nombreux dans la région de Sebei et à travers l’écosystème du mont Elgon.

Madame Immaculate Chelangat, agente de protection de la nature à la Réserve de la biosphère du mont Elgon, déclare : « Nous voulons voir le mont Elgon s’épanouir à nouveau, car nous avons actuellement certains touristes qui viennent dans le coin pour observer les oiseaux. De plus, lorsque les touristes viennent, nous gagnons un revenu, car ils paient pour qu’on les emmène voir les oiseaux et observer le paysage. »

Madame Chelangat produit des semis d’arbres indigènes provenant de plantes sauvages du parc national du mont Elgon et les distribue gratuitement aux habitants de Sipi, dans le district de Kapchorwa. Elle cultive également des bambous et des arbres qui purifient l’eau, tels que le Syzygium cordatum (baie d’eau) le long de la rivière Kamorok.

Monsieur Joel Kaburu, guide touristique au parc national du mont Elgon, emmène les touristes locaux et internationaux observer des oiseaux, tels que le Souimanga à ailes dorées, le Souimanga tacazze, le touraco de Lady Ross et l’Akalat montagnard. Selon ses dires, les conflits, tels que celui de Ukraine et de Gaza, perturbent les oiseaux migrateurs. Il a suivi des formations du Conseil du tourisme de l’Ouganda et d’autres organisations, en vue de promouvoir la conservation des arbres et d’attirer les oiseaux et les touristes.

Les arbres favorisent la vie des oiseaux et ils améliorent l’agriculture, la fertilité des sols, ainsi que la résilience climatique.

Le professeur Edward Nector Mwavu, écologiste à l’Université de Makerere, explique : « En plantant des arbres, les communautés se protègent contre les inondations, l’érosion des sols et la perte de terre. Sebei, et en particulier Kapchorwa, où l’on cultive du sorgho, de l’orge et du millet, nécessite beaucoup d’arbres pour offrir un habitat aux oiseaux, étant donné que ces oiseaux venaient toujours se nourrir des céréales. »

Il ajoute qu’une partie de la végétation ne leur sert pas pour leur alimentation, mais pour la construction de leurs nids. Les aigles construisent des nids dans les arbres. Même les oiseaux de prairie qui mangent les cultures ont besoin des arbres et des buissons comme habitat.

Il déclare : « Il faut différents arbres, comme ceux qui ont des fleurs. Les fleurs produisent du nectar. Plusieurs oiseaux seront attirés vers de tels arbres pour prendre du nectar. Les abeilles fertiliseront les fleurs, ce qui favorisera la production de fruits, attirant des oiseaux, comme les pigeons. Ceux qui mangent le plantain, comme le Bulbul des jardins, aiment les fruits également. »

Les oiseaux favorisent aussi la pollinisation et la dispersion des semences. Par exemple, ils peuvent transporter les graines d’arbres, comme celles du goyavier sur de longues distances, contribuant ainsi à la régénération des arbres. Le professeur Mwavu déclare : « Si vous avez un habitat qui procure un lieu de reproduction, alors les conflits seraient moins nombreux entre la communauté et ces animaux. »

Monsieur Michael Kusuro, gestionnaire de zone à la National Forestry Authority dans la région de Kioga, affirme que l’organisation cultive aussi bien des variétés d’arbres exotiques et locales, et les distribue gratuitement par l’entremise de centres à Jinja, Mbale et Soroti.

Il déclare : « Nous produisons des variétés d’arbres locales que les membres de la communauté recherchent. Elles servent à plusieurs fins, notamment comme bois de chauffage, coupe-vent, aliments pour les animaux, plantes médicinales et matériaux de construction. »

Madame Chelangat ajoute : « Nous plantons des arbres et des végétaux autour des maisons, des lisières, au bord des routes et le long des collines, afin que les oiseaux puissent avoir un meilleur habitat dans les collines et les grottes, et en particulier près des réserves forestières. Les oiseaux causent des ravages, car leur habitat a été modifié. Cependant, s’ils ont assez de fruits et de baies, alors ils ne causeront pas de dégâts. »

Elle soutient que son équipe cultive des arbres qui produisent des baies que les oiseaux aiment. Selon son expérience, lorsque les oiseaux ont suffisamment de fruits, ils n’abîment pas les légumes ou les cultures.

À mesure que Sebei poursuit ses efforts de reboisement, plus d’oiseaux reviennent, les écosystèmes récupèrent et les communautés trouvent de nouvelles sources de revenus. La sensibilisation et les formations seront essentielles pour s’assurer que les populations et la nature jouissent d’une bonne santé de façon durable.


Photo : Immaculate Chelangat dans son centre de multiplication de semences dans le district de Sipi Kapchorwa

La présente nouvelle est financée par la Fondation IKEA dans le cadre du projet « Sustainable Dialogue and Knowledge Sharing Communication Platforms »