Ouganda : La disparition du couvert végétal entraîne celle des plantes médicinales (Global Press Journal)

| octobre 16, 2023

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Nouvelle en bref

Aisha Rashid Lukwago est assise dans son bureau, un kiosque aménagé en bordure d’une des rues les plus achalandées de Namasuba, un quartier au centre de Kampala, en Ouganda. Dehors, une file de malades attendant pour la consulter pour divers problèmes de santé, notamment des ulcères, l’hypertension artérielle, le diabète et la perte de cheveux. Bien que son cabinet soit de plus en plus fréquenté, madame Lukwago affirme que, ces dernières années, l’accès aux plantes médicinales dont elle a besoin pour soigner les malades se complique davantage. Elle explique : « Lorsque je commençais, les forêts étaient librement accessibles, et nous pouvions aller simplement dans la forêt de quelqu’un et cueillir des herbes. Mais, actuellement, il faut payer même si c’est juste pour cueillir des feuilles de manguiers. » Selon les herboristes, avec la raréfaction des plantes, le nombre de propriétaires de forêts privées a augmenté, les gens ayant constaté que les propriétaires pouvaient profiter de la hausse de la demande. Par conséquent, les herbes médicinales coûtent cher.

L’enfance d’Aisha Rashid Lukwago s’est déroulée autour des plantes médicinales. Son père était un éminent herboriste dans les années 80, et il était connu pour les traitements qu’il donnait aux malades souffrant de symptômes du VIH et du sida au moment où l’Ouganda faisait partie des pays les plus touchés par la maladie en Afrique.

Aujourd’hui, elle est assise dans son bureau, un kiosque aménagé en bordure d’une des rues les plus achalandées de Namasuba, un quartier au centre de Kampala, en Ouganda. Dehors, une file de malades attendant pour la consulter pour divers problèmes de santé, notamment des ulcères, l’hypertension artérielle, le diabète et la perte de cheveux. Bien que son cabinet soit de plus en plus fréquenté, madame Lukwago affirme que, ces dernières années, l’accès aux plantes médicinales dont elle a besoin pour soigner les malades se complique davantage.

Elle explique : « Lorsque je commençais, les forêts étaient librement accessibles, et nous pouvions aller simplement dans la forêt de quelqu’un et cueillir les herbes. Mais, actuellement, il faut payer même si c’est juste pour cueillir des feuilles de manguiers. »

En Ouganda, 60 % de la population se fie toujours à la médecine traditionnelle pour les soins de santé quotidiens parce qu’ils coûtent moins cher et sont plus accessibles que la médecine moderne. Mais la vaste déforestation du pays causée par l’empiètement des terres agricoles, la production de bois de chauffage et le développement urbain pour satisfaire les besoins de la population grandissante a entraîné une perte massive des plantes et des herbes médicinales.

Selon les herboristes, avec la raréfaction des plantes, le nombre de propriétaires de forêts privées a augmenté, les gens ayant constaté que les propriétaires pouvaient profiter de la hausse de la demande. Par conséquent, les herbes médicinales coûtent cher.

Cette situation a amené madame Lukwago à en cultiver elle-même. Il y a cinq ans, elle a payé un lopin de terre dans le district de Mukono, à environ 30 kilomètres de son cabinet privé. Elle a aménagé un jardin botanique de cinq acres qui lui sert désormais de lieu d’approvisionnement en plantes médicinales pour son cabinet.

Cependant, contrairement à madame Lukwago, beaucoup d’herboristes ne possèdent pas assez de terre pour cultiver leurs propres plantes.

Mathias Nakedde est tradipraticien depuis plus de 20 ans. Il raconte qu’il y a à peine quelques années, il dépensait 30 000 shillings (8 $ US) pour un stock d’herbes de deux semaines. Actuellement, cela lui coûte 80 000 shillings (environ 21 $), car il doit maintenant payer les herbes chez les propriétaires de forêts privés.

Comme la majeure partie des forêts locales ont été défrichées ou privatisées, monsieur Nakedde doit parcourir des distances plus longues pour se procurer les plantes dont il a besoin. D’autres espèces d’arbres, comme Prunus africana, qui servent à traiter les symptômes du cancer de la prostate, sont désormais difficiles à trouver.

De 2001 à 2021, l’Ouganda a perdu 967 000 hectares (2,4 millions d’acres) de couvert végétal. La grande majorité résulte du développement agricole du pays.

La raréfaction entraîne une hausse des prix. Peter Wandera, 62 ans, a recouru aux herbes médicinales pour traiter les symptômes du cancer de la prostate dont il souffrait pendant deux ans. Il déclare : « Avant, j’utilisais les médicaments modernes, mais c’était devenu cher. »

Ce n’est pas seulement en Ouganda que l’utilisation des plantes médicinales est répandue. Selon un rapport du gouvernement, « près de 80 % des populations des pays en développement » utilisent les médicaments traditionnels en guise de traitement de première ligne avant de se rendre dans un centre de santé.

Yahaya Sekagya est le fondateur du Dr. Sekagya Institute of Traditional Medicine et le responsable de Prometra, une société spécialisée dans la préservation et la restauration de la médecine traditionnelle africaine et la science locale. Il se demande si le manque d’interventions des États, tels que les investissements dans la recherche et la protection des plantes médicinales ne nuira pas à la médecine traditionnelle en Ouganda.

Ces dernières années, le gouvernement ougandais a resserré la sécurité dans la majeure partie des réserves forestières pour réprimer la déforestation. Dans le cadre de ces efforts, il a également restreint l’accès des herboristes aux forêts, affirmant qu’ils contribuent à la disparition des arbres.

Monsieur Nakedde pense que la raréfaction et l’augmentation des prix des plantes pousseront un plus grand nombre de tradipraticiens à fermer boutique. Il déclare : « Je ferai ma part et cultivera les quelques plantes que je peux juste pour alléger le fardeau financier qui pèse sur moi.

Cette nouvelle est inspirée d’un article écrit par Patricia Lindrio pour Global Press Journal, intitulé “As Uganda’s Tree Cover Disappears, So Do Its Medicinal Plants.” Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://globalpressjournal.com/africa/uganda/ugandas-tree-cover-disappears-medicinal-plants/.