admin | avril 24, 2026
Nouvelle en bref
Des femmes du district de Kasese, en Ouganda, reconstituent des terres agricoles dégradées en plantant des espèces d’arbres indigènes pour s’adapter au changement climatique. Sous la direction de l’agricultrice Janet Nyakairu Abwoli, des groupements communautaires produisent des semis de Ficus et de Dracaena qui contribuent à prévenir l’érosion du sol, à préserver l’humidité et à protéger les cultures des conditions météorologiques extrêmes. Cette initiative, appuyée par les autorités locales et des ONG, fournit également des semis aux ménages du district. Bien que des agriculteurs et des agricultrices fassent état d’une amélioration des rendements et des conditions des sols, l’accès limité aux semis d’arbres et aux matériels de clôtures continue de ralentir l’adoption à plus grande échelle des actions de reboisement.
Dans la lumière tamisée matinale du district de Kasese, des femmes sont réunies autour d’une petite pépinière d’arbres aux abords du village. Des rangées de jeunes semis de Ficus et de Dracaena sont prêts dans des pots soignés, leurs feuilles scintillant de rosée. Les femmes sont ici pour ramasser des semis qu’elles planteront autour de leurs maisons et les exploitations agricoles.
Pendant des années, les agriculteurs et les agricultrices dépendaient des sols fertiles et des pluies prévisibles. Au cours des deux dernières décennies, la pluviométrie est devenue imprévisible. Les sécheresses durent plus longtemps et les inondations sont plus fréquentes, et elles emportent parfois les cultures, les maisons et les moyens de subsistance.
L’agricultrice locale Janet Nyakairu Abwoli a un plan. Il y a environ neuf ans, elle a commencé à organiser les femmes de sa communauté pour planter des espèces d’arbres locales, en vue de protéger la terre et subvenir aux besoins de leurs familles. Elle déclare : « Nous ne faisons pas que planter des arbres. Nous cultivons l’espoir. »
Les Ficus poussent rapidement et procurent de l’ombre aux habitations et aux cultures. Leurs racines maintiennent la terre en place, évitant ainsi l’érosion sur les pentes et le long des berges. Ils agissent comme des brise-vent et procurent du fourrage au bétail. Les Dracaenas résistent à la sécheresse, préserve l’humidité des sols et peuvent servir à délimiter les terres ou comme remèdes maison.
Evelyn Mugume, une responsable de l’environnement de la municipalité de Kasese, explique que les autorités locales et des organisations non gouvernementales appuient ces efforts de plantation d’un plus grand nombre d’arbres. Elle déclare : « Chaque saison pluvieuse, les gens viennent chercher des espèces d’arbres locales. Mais ce n’est pas seulement une question de reboisement. Il s’agit de leur rôle dans notre survie. »
Madame Abwoli tient également des ateliers pour apprendre à planter et à prendre soin des arbres, transmettant ainsi les connaissances de sa grand-mère. Elle déclare : « Ce que j’enseigne, c’est ce que nos ancêtres pratiquaient avant que la déforestation prenne de l’ampleur. »
Certains agriculteurs et agricultrices constatent déjà les résultats. Jannet Kabugho, qui a adhéré à l’initiative de madame Abwoli plus tôt, a affirmé que sa terre agricole s’était transformée. Son champ de maïs reste humide durant les périodes sèches, et les feuilles du Dracaena sont vendues à des fins médicinales.
Cependant, certains défis demeurent. Plusieurs familles peinent à obtenir des semis ou les outils nécessaires pour en prendre soin. D’autres sont très sollicités par les tâches domestiques, ce qui leur laisse peu de temps pour arroser ou protéger les jeunes arbres. Maria Kanyere est une veuve qui élève trois enfants. Elle déclare : « J’ai essayé d’en planter, mais les chèvres ont tout mangé. Je n’ai pas le temps de les clôturer. »
Malgré ces obstacles, madame Abwoli poursuit son travail, insistant sur les avantages à long terme des arbres pour le sol, la nourriture et la résilience de la communauté. Selon les autorités locales, les initiatives comme la sienne sont fondamentales pour la restauration des paysages dégradés et le renforcement de la résilience climatique.
Elle déclare « Il ne s’agit pas simplement de planter des arbres. Il s’agit de protéger ce qui assure notre survie. »
Pour madame Abwoli et les femmes avec lesquelles elle travaille, planter des arbres est autant une solution pratique au changement climatique qu’un moyen de se reconnecter aux traditions culturelles. Cela permet d’avoir des terres en meilleure santé et des communautés plus fortes pour l’avenir.
Photo : Janet Nyakiru Abwoli, district de Kasese, en Ouganda. Photo prise par Innocent Kiiza pour Mongabay.
La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Innocent Kiiza et publié sur Mongabay, intitulé « In Uganda, a women-led reforestation initiative fights flooding, erosion. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://news.mongabay.com/2025/01/in-uganda-a-women-led-reforestation-initiative-fights-flooding-erosion/.