Ouganda : Des agriculteurs familiaux adoptent la RNA pour améliorer leur environnement et la fertilité de leurs sols

| août 13, 2024

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Nouvelle en bref

Dans le village d’Aboka, au nord-est de Kampala, Justine Edonu s’occupe de son exploitation agricole de 10 acres. Les longues périodes de sécheresse et le durcissement des sols ont une incidence sur ses cultures, mais monsieur Edonu demeure optimiste. Sa communauté pratique la régénération naturelle assistée, et favorise ainsi la repousse des arbres pour restaurer les terres. Le résultat est que les sols sont plus fertiles, les arbres procurent plus de ressources et la biodiversité locale s’améliore. Bien que les agriculteurs et les agricultrices contrôlent généralement le peuplement d’arbres sur leurs propres exploitations, les membres de la famille de tous âges participent aux décisions et aux activités de régénération. Willson Ebuu, 19 ans, raconte que sa famille suit ses conseils pour la plantation, l’espacement, le sarclage et l’élagage, en partie parce qu’ils savent qu’il a l’énergie pour effectuer le travail.

C’est chaud et humide ce matin dans le village d’Abokat, à environ 375 kilomètres à nord-est de la capitale ougandaise, Kampala. Justine Edonu, père de sept enfants, inspecte son exploitation agricole de 10 acres, et tient dans sa main une machette pour désherber les plantes indésirables le long du chemin. L’homme de 42 ans a toujours vécu dans le village d’Aboka, dans le district d’Amuria. Il cultive du maïs, des arachides, des patates douces, du manioc, du millet, du sorgho et des haricots blancs. Le sol sablonneux et les pluies modérées sont avantageux pour ces cultures. 

Le changement climatique a des répercussions sur ses récoltes et sa communauté. Avec les longues sécheresses, le soleil fort, la faible pluviométrie et les vents, les régions sont quasiment devenues désertiques. L’exploitation de monsieur Edonu n’a presque pas d’eau et certaines cultures flétrissent. Le sol est devenu dur, ce qui fait qu’il est devenu plus difficile d’y cultiver. 

Cependant, monsieur Edonu a foi en l’avenir parce que sa communauté et lui ont pris des dispositions pour préserver leur environnement local. Ils ne cultivent plus dans les milieux humides, ne coupent plus d’arbres, et ne brûlent plus les forêts ni l’herbe. Ils font plutôt des billons entre les champs et appliquent la régénération naturelle assistée, ou RNA. C’est une pratique par laquelle les agriculteurs et les agricultrices favorisent la repousse à partir d’arbres existants ou de semences d’arbres poussant naturellement afin de reconstituer les arbres et les forêts pour les terres agricoles et les pâturages. 

La RNA comporte de nombreux avantages, notamment le fait qu’elle permet d’avoir du bois de feu, des fruits, du bois d’œuvre pour d’autres besoins, des remèdes traditionnels, des feuilles pour le compost, de l’air frais et qu’elle favorise la formation de la pluie. Les arbres fournissent un habitat aux oiseaux et aux écureuils et de la nourriture aux animaux sauvages. La forêt d’Abokat est devenue une attraction touristique, et accueille des élèves qui viennent pour étudier la forêt. 

Dans le district d’Amurai, les agriculteurs et les agricultrices gèrent la RNA sur leurs propres lopins de terre. Monsieur Edonu explique que les décisions sont prises au sein des ménages. Les familles se réunissent et conviennent d’activités de RNA comme le défrichage, la plantation de semis d’arbres, le sarclage, l’élagage et le paillage. Monsieur Edonu plante les eucalyptus et les pins, car ils poussent vite et résistent sur les sols secs ou pierreux. Leurs feuilles se décomposent et améliorent la fertilité du sol.

La terre est fractionnée en fonction de la demande du produit, et les périmètres moins fertiles sont appropriés pour les arbres. Par exemple, si les fruits se vendent bien, un plus grand espace y est consacré et peut être géré par l’homme, la femme ou les jeunes. Monsieur Edonu plante des arbres sur six acres, et du maïs et des arachides sur les quatre autres. 

Esther Aguti est une autre agricultrice du village d’Abokat. La femme de 17 ans participe également activement aux activités de RNA, et sa famille tient compte de sa voix et ses opinions. Lorsqu’elle fait des suggestions à son père, sa mère, ainsi qu’à ses frères concernant les arbres à planter, ils en discutent et prennent une décision en famille.

Elle dit avoir été convaincue par la formation de Vision mondiale. Elle ajoute : « Je n’avais plus espoir en l’agriculture à cause de l’épuisement des terres, mais lorsque j’ai acquis de nouvelles compétences, j’ai opté pour les arachides. » Elle affirme qu’elles poussent et elles se commercialisent bien.

Elle soutient avoir constaté l’impact de la RNA dans sa communauté, car ils ont actuellement une bonne pluviométrie, de bonnes températures, des sols fertiles et un cadre verdoyant.

Willson Ebuu est lui aussi un autre jeune du village de Moru, à Morunganunty, qui pratique activement la RNA et plante des arbres dans sa communauté.

En 2018, le ministère de l’Eau et de l’Environnement ougandais a distribué des semis d’arbres, dont ceux du pin, du tek et du Grevillea. Monsieur Ebuu déclare : « J’ai suggéré à mes parents de nous permettre à nous les jeunes et les enfants de planter les semis pour qu’on en profite dans l’avenir et ils ont été d’accord. Ils nous en ont donné 250. » Le jeune de 19 ans soutient que sa famille suit ses conseils pour la plantation, l’espacement, le sarclage et l’élagage, notamment parce qu’ils savent qu’il a l’énergie pour effectuer le travail. 

Il recommande maintenant qu’un plus grand nombre de personnes participent à la protection de l’environnement. Il déclare : « En tant que grand garçon dans la maison, j’ai la possibilité d’apprendre aux plus jeunes les avantages qu’offrent les arbres et les risques que comportent l’abattage des arbres et la pratique de l’agriculture dans les marais. »