Ouganda : Des agriculteurs cultivent du piment oiseau pour augmenter leurs revenus

| février 26, 2018

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Arborant un léger sourire, Benon Olyech se balade fièrement dans son champ de cinq hectares de piment oiseau, et inspecte les plantes. Cet agriculteur de 69 ans cultivait autrefois du coton, mais cette culture exigeait beaucoup de travail. Il en a eu assez de devoir toujours pulvériser des pesticides coûteux une demi-douzaine de fois voire plus en l’espace de trois semaines pour accroître sa production.

Monsieur Olyech affirme qu’à l’époque où il cultivait le coton, son sol s’était épuisé, les prix étaient bas, les semences coûtaient plus cher et la demande de coton diminuait. Par conséquent, il cessa d’en cultiver comme sa principale source de revenus et se tourna vers le piment oiseau.

Monsieur Olyech est originaire d’Awia-Um, un village du district de Lira, à 400 kilomètres environ de Kampala, la capitale ougandaise. Il affirme gagner plus d’argent avec le piment que lorsqu’il cultivait du coton. La saison dernière, il a vendu le kilogramme de piments oiseaux à 4 $ US.

Cependant, monsieur Olyech explique que la culture du piment oiseau comporte quelques difficultés. Il applique des pesticides pour garder les semis en bonne santé dans leurs planches. Il déclare : « C’est compliqué quand les semis se trouvent dans les planches, car on doit arroser au moins trois fois par jour, et aussi après les avoir repiqués dans les principaux potagers avant que les racines poussent. »

George Ogwang cultive du piment oiseau dans le village voisin d’Acekelatti. Monsieur Ogwang a 54 ans. Il a commencé à cultiver du piment oiseau pour augmenter son revenu, mais aussi parce qu’il avait réalisé que les piments exigeaient moins de main-d’œuvre et d’intrants que le coton.

Il déclare : « Les moments les plus difficiles sont la préparation de la pépinière et la récolte. Les ouvriers ont peur de récolter, car, sans équipement de protection, les particules de piment piquent leurs yeux. »

Il ajoute qu’il est difficile de conserver le piment récolté en saison pluvieuse. Ses ouvriers, ses ouvrières et lui étalent le piment sur une bâche pour éviter qu’il pourrisse.

Erinah Omara est une agricultrice du village d’Acan-Pii, dans le district de Lira. Cela fait trois ans qu’elle cultive du piment oiseau et elle est satisfaite de cette denrée. Elle déclare : « Je suis heureuse parce qu’elle m’a permis d’acheter deux hectares de terre supplémentaires. Par conséquent, je m’estime chanceuse d’être parmi les cultivateurs de piment. »

Martine Awira est l’agent agricole d’Agweng, dans le district de Lira. Selon lui, la culture du piment est une bonne chose pour les agriculteurs et les agricultrices, surtout en temps de sécheresse, car le piment n’exige pas beaucoup d’eau ni d’engrais une fois que les racines ont poussé.

Monsieur Awira explique : « Les piments ont besoin d’eau durant les premiers stades de croissance…. Nous encourageons les producteurs à [tester] cette nouvelle denrée, car elle n’exige pas beaucoup d’intrants agricoles et on peut la récolter jusqu’à cinq fois par an lorsqu’on en prend bien soin. Par-dessus tout, elle rapporte [plus] d’argent comparativement aux autres cultures. »

Monsieur Olyech récolte du piment oiseau quatre à cinq fois par an, alors qu’il récoltait le coton juste une fois l’an. Il gagne désormais jusqu’à 24 000 000 de shillings ougandais (6 600 $ US) dans une année. Ce revenu sert à payer les frais de scolarité de ses trois fils dans un établissement d’enseignement professionnel. Il a également construit une maison en dur de trois pièces dans son village grâce à l’argent du piment oiseau.