Nouvelles en bref: Des catastrophes consécutives frappent les agriculteurs malgaches (IRIN)

Téléchargez cette nouvelle

En février de cette année, les agriculteurs de la province de Tulear, dans le sud-ouest de Madagascar ont été durement frappés par une catastrophe naturelle. Un cyclone a causé des inondations majeures, détruisant quarante pour cent de leurs cultures. Maintenant, ce sont des colonies de criquets qui sont arrivées, menaçant la sécurité alimentaire dans une région qui est déjà parmi les plus pauvres du pays.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le cyclone a non seulement endommagé des cultures et des habitations, il a aussi créé des conditions favorables à la reproduction des criquets. Environ la moitié de l’île de Madagascar est maintenant infestée de milliards d’insectes dévoreurs de plantes. La FAO estime qu’environ deux tiers de l’île seront envahis par les criquets d’ici septembre, si aucune mesure n’est prise.

Le Centre National Antiacridien n’a pas été en mesure de faire le travail de prévention nécessaire pendant plusieurs années, principalement à cause d’un manque de fonds. La FAO essaye de collecter 41 millions de dollars US afin de répondre à l’urgence actuelle et de mettre en œuvre une campagne de trois ans pour prévenir des infestations futures.

Mr. Tsitindry est un agriculteur de 52 ans vivant à Fenoarivo, une communauté située à environ 100 kilomètres au sud de la ville de Tulear. Habituellement, il gagne raisonnablement sa vie grâce à ses sept hectares de terre. Il dit: « Pendant les années où les précipitations étaient bonnes, je pouvais produire 100 sacs de riz et 70 sacs de haricots. » Il vendait ses produits de culture et achetait ce dont sa famille avait besoin. Il a aussi réussi à épargner suffisamment d’argent pour acheter quatre vaches.

Mais le cyclone a inondé et complètement détruit les champs de riz et de maïs de M. Tsitindry. Il a dû vendre deux de ses vaches pour récupérer de l’argent. Des voleurs l’ont privé des deux autres. M. Tsitindry a planté des légumes, une fois que l’eau s’est retirée, mais maintenant ces plantes sont à risque à causes des criquets. Il dit: « Chaque matin, nous nous rendons dans les champs et nous tapons dans nos mains pour effrayer les insectes (…) nous restons dans les champs pour nous assurer que les criquets ne reviennent pas pour dévorer les plantes restantes. »

Dieu Donne Hajasoa est conseiller technique auprès d’un centre d’information pour agriculteurs et pêcheurs, à St-Augustin, un village de pêcheurs situé à 35 kilomètres de la ville de Tulear. Il dit: « Au cours de ces dernières semaines, un nombre important d’agriculteurs sont venus de villages éloignés pour nous demander de l’aide. » Les autorités de Tulear n’ont pas les ressources pour aider. Les agriculteurs ont besoin de conseils concernant le nettoyage de leurs champs, ainsi que de pesticides pour traiter les criquets.

Le Programme alimentaire mondial, aussi connu sous le nom de PAM, dit que plus de 50 000 personnes ont été affectées par le cyclone, dans la région. Le PAM a atteint 32 000 personnes et leur a offert de l’aide d’urgence, et plus de 13 000 personnes sont maintenant inscrites dans des projets vivres contre travail.

CARE International et le PAM ont mis en place un projet de type vivres contre travail qui permettent aux gens de gagner de la nourriture pour leur famille en nettoyant la ville de Tulear. Mais ce programme ne durera qu’un mois.

Clementine Claudette et ses huit enfants sont parmi les 3500 bénéficiaires du projet de CARE. Alors que son mari essaye de replanter du maïs, elle reçoit de la nourriture en échange de son travail. Le projet prendra fin bientôt, mais cela prendra encore quatre mois avant que sa famille ne puisse faire une récolte. Mme Clémentine dit: « Nous essayerons de nous en sortir en faisant des petits boulots, comme transporter du bois en ville et produire du charbon de bois. »