admin | novembre 24, 2025
Nouvelle en bref
À Boki, dans le sud du Nigeria, Drill Ranch œuvre pour la protection de l’un des primates les plus rares au monde, le drill, une espèce de singes en voie de disparition. Le gardien Gabriel Oshie a passé plus de 23 ans à nourrir et à surveiller des drills recueillis au sanctuaire qui abrite actuellement des centaines d’animaux. Créé par l’ONG Pandrillus, le ranch collabore avec les communautés locales, dont plusieurs anciens chasseurs qui sont devenus des gardes forestiers. Cependant, la déforestation, l’exploitation forestière et la faible application des lois de conservation menacent la survie des espèces, rendant ainsi indispensable la poursuite des efforts de protection.
Chaque matin à Boki, au sud du Nigeria, Gabriel Oshie traverse un parc forestier avec des paniers de bananes et d’autres fruits. Plus de 200 drills, des primates en voie de disparition, qui ont le visage brillant et une courte queue, l’attendent impatiemment. Depuis plus de 23 ans, Oshie s’occupe de ces animaux du Drill Ranch, un refuge faunique de la réserve forestière sur la montagne d’Afi, dans l’État de Cross River.
Les drills sont une espèce de primates rares dans le monde, et que l’on trouve uniquement dans certaines régions du Nigeria, du Cameroun et de la Guinée équatoriale. Ils sont moins de 4000 dans la nature actuellement, à cause de la déforestation, la chasse et du commerce illicite des animaux sauvages. Monsieur Oshie déclare : « La faune fait la beauté de la nature. Quand vous voyez les drills, les forêts et les autres bêtes, vous ne pouvez pas vous empêcher d’apprécier leur beauté. Mais c’est triste que les gens détruisent la faune malgré son importance. »
Les écologistes américains Liza Gdsby et Peter Jenkins ont créé Drill Ranch en 1991 dans le cadre de leur organisation à but non lucratif Pandrillus. Ce qui a commencé comme une modeste action visant à prendre soin des drills secourus est devenu le projet de reproduction de cette espèce le plus réussi dans le monde. Le sanctuaire abrite désormais plus de 600 drills, ainsi que des chimpanzés, une tortue à carapace molle et des perroquets gris africains récupérés d’entre les mains de trafiquants. Plusieurs de ces animaux sont relâchés plus tard dans la nature.
Le ranch collabore étroitement avec les communautés locales. Dix-huit villages voisins de Boki fournissent des gardes forestiers, dont beaucoup sont d’anciens chasseurs, pour surveiller les forêts et protéger les animaux. Leurs efforts ont convaincu les locaux de restituer au sanctuaire des drills en captivité, offrant ainsi aux singes une chance de survie dans la nature.
Malgré ces succès, l’avenir des drills demeure incertain. La déforestation rapide mue par la culture du cacao et l’abattage des arbres continue de rétrécir leur habitat. Les efforts de conservation sont également mis à mal par le soutien insuffisant du gouvernement. Alors qu’elle recevait chaque mois des fonds de l’État, Pandrillus dépend désormais en grande partie de l’aide internationale et des dons.
Des spécialistes avertissent que les forêts et la biodiversité du Nigeria sont sérieusement menacées. Les plantations industrielles, la chasse illégale et la faible application des lois de conservation continuent de détruire les habitats et poussent les animaux sauvages à se déplacer. Les communautés locales, notamment les femmes et les groupes vulnérables, subissent souvent le plus grand impact lorsque les forêts sont défrichées ou lorsque la faune disparaît.
Pour monsieur Oshie, ce travail lui tient à cœur personnellement. Il déclare : « Je suis ici, car je veux protéger la nature. Si nous ne sommes pas ici, les activités d’abattage pourraient prendre le dessus, ce qui détruirait les arbres et nuirait aux animaux. » Sa routine quotidienne, qui consiste à nourrir les drills, surveiller leur santé et travailler avec la communauté, est un combat discret, mais crucial pour leur survie.
Grâce aux efforts de monsieur Oshie, de Pandrillus et des communautés de Boki, les drills ont la chance de s’en sortir. Cependant, leur survie dépend de la protection permanente de leurs forêts, d’une application plus rigoureuse des lois de protection de la faune et de la reconnaissance de l’importance de la biodiversité pour les humains et l’environnement.
Photo : Un drill dans un enclos électrique du ranch. Mention de source : Promise Eze/IPS
La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Promise Eze pour Interpress News Service, intitulé « The Ranch Fighting to Save Nigeria’s Endangered Drill Monkeys. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://www.ipsnews.net/2025/10/the-ranch-fighting-to-save-nigerias-endangered-drill-monkeys/.