Nigeria : Un agriculteur associe l’élevage à l’agriculture pour obtenir un sol en meilleure santé

| mars 17, 2025

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À Bende, au Nigeria, l’agriculteur Fredrick Aondohemba Lornenge pratique l’agroforesterie, en associant l’agriculture, la plantation d’arbres et l’élevage pour améliorer la fertilité du sol. Il déclare : « Nous constatons l’avantage qu’il y a à allier l’élevage et la plantation d’arbres, » y compris l’utilisation des déchets animaux comme engrais organique. Président de la Bende Multi-purpose Cooperative, il fait la promotion de l’agriculture régénératrice, avec le soutien d’ONG qui offrent des formations et des semis. Malgré les défis, il compte accroître son élevage et sa production de palmiers à huile, en vue d’une viabilité à long terme, tout en augmentant les rendements et en restaurant les terres agricoles.

Bende est un centre agricole urbain, situé à 10 kilomètres de Makurdi, la capitale de l’État de Benue, au centre nord du Nigeria. Il est tôt ce mardi matin, et le vent frisquet et poussiéreux de l’harmattan. Frederick Aondohemba Lornenge arrive dans sa plantation de manioc de huit hectares, prêt pour la récolte. Tout en supervisant la main-d’œuvre qu’il a recrutée, il réfléchit à son approche agricole intégrée.

Monsieur Lornenge pratique l’agrosylvopastoralisme, qui consiste à associer l’agriculture à la plantation d’arbres et à l’élevage. Il explique : « Je vois l’avantage qu’il y a d’associer l’élevage à la plantation d’arbres. Les fientes de mes poulets ne suffisent même pas. Je vais chez des proches et des amis pour ramasser des déchets animaux pour mes champs. » Il poursuit en déclarant : « Je compte diversifier mon élevage pour y ajouter des agoutis, des lapins et des chèvres, afin d’améliorer la fertilité des sols et les rendements. » (On appelle aussi les agoutis, Grand aulacodes.)

Cet électricien de 45 ans a appris l’agriculture depuis l’enfance. Même s’il a étudié, l’agroalimentaire lui tient à cœur. Il emploie environ 10 personnes pour des tâches, telles que le défrichage, le traçage des billons, l’application du fumier et la récolte.

Monsieur Lornenge consacre huit hectares à la culture du manioc, pendant qu’un autre hectare, où se situe sa maison, sert pour la culture du riz, du palmier à huile, de la papaye et des oranges. Il élève également des poulets à griller. En outre, il loue quatre hectares pour la culture du riz et possède trois hectares à Ayati, dans la région administrative de Gwer, où il compte planter des palmiers à huile.

Il déclare : « J’ai acheté plus de 800 semis de palmiers à huile en 2024 et je les soigne. Je les repiquerai en mai ou en juin 2025 lorsque les pluies commenceront. »

Il ajoute : « J’ai déjà planté des plantains et des bananes, et je cultive généralement du maïs et du manioc sur mes trois hectares à Ayati. Une fois que mes palmiers à huile commenceront à produire, je cesserai de cultiver là-bas et je laisserai la forêt y reprendre son droit. »

Monsieur Lornenge préside la Bende Multi-purpose Cooperative Limited. Avec d’autres membres, il a suivi une formation sur l’agriculture régénératrice, offerte par le spécialiste agricole Donald Akule, qui est également le directeur général et le PDG de la Benue Agricultural Development Company. L’ONG Greenvest Environmental Initiative leur a aussi offert une formation sur l’agroforesterie et la gestion des forêts, en plus de 1 500 semis de palmiers à huile à planter.

Monsieur Akule affirme que les répercussions du changement climatique sur l’agriculture, la dégradation des sols et les faibles rendements l’ont motivé à former les communautés à l’agriculture régénératrice. Il explique : « Notre but est de soigner le sol, faire revivre les terres agricoles et améliorer les rendements à faible coût. »

La coopérative Bende compte plus de 30 membres, notamment des agriculteurs, des agricultrices et des détaillants de produits agricoles. Ils se réunissent le deuxième mardi de chaque mois pour discuter et partager des pratiques durables qui ont amélioré la santé des sols et les rendements. De plus, la coopérative espère obtenir des subventions gouvernementales ou à des prêts à faible taux d’intérêt pour soutenir les membres.

Ngikposu Patricia Mbasen est responsable de la mobilisation communautaire à la Greenvest Environmental Initiative, et elle explique que l’organisation aide les agriculteurs et les agricultrices à atténuer les effets du changement climatique en promouvant les moyens de subsistance durables et la préservation des écosystèmes.

Elle déclare : « Planter des arbres en guise de haies sur les terres agricoles favorise la rétention des eaux de pluie, protège contre le vent et l’érosion et procure des avantages économiques aux agriculteurs et aux agricultrices tout en réduisant les émissions de carbone. »

Precious Igbayima et son mari, Wilfred Lornenge sont des membres actifs de la Bende Multi-purpose Cooperative Limited. Ils appliquent la formation qu’ils ont suivie et tirent profit de l’intégration de la plantation d’arbres avec l’agriculture et l’élevage. Ils ont acheté des semis de palmiers à huile, dont les variétés Super-Gin et Ternerra, en attendant la saison pluvieuse pour les repiquer.

Madame Igbayima déclare : « Planter des arbres en association avec les cultures accroît la biodiversité et réduit l’érosion. Les arbres fournissent de l’ombre à mes cultures et au sol, et améliore la santé du sol et les rendements. »

Photo : M. Fredrick Aondohemba Iornenge arrose ses plants de palmier à huile en préparation de la plantation.