admin | juin 4, 2026
Nouvelle en bref
Au nord-ouest du Nigeria, l’initiative de la Grande muraille verte aide les communautés à combattre la désertification et restaurer les terres dégradées. Dans le village de Garbadu, des agriculteurs et des agricultrices plantent des arbres résistant à la sécheresse sur une terre jadis endommagée par les forts vents, l’épuisement des sols et la baisse de pluviométrie. Les habitants rapportent une amélioration de l’humidité du sol, une réduction de l’érosion et des tempêtes de poussière. Lancé par l’Union Africaine en 2007, l’initiative couvre 11 pays du Sahel et appuie la restauration des terres, la sécurité alimentaire et la résilience climatique. Même si l’insécurité et les problèmes de financement subsistent, les communautés continuent de prendre soin des zones restaurées et de déployer leurs actions de conservation locales.
Dans le village de Garbadu, au nord-ouest du Nigeria, des rangées de jeunes arbres poussent désormais sur une terre jadis aride et nue. Leurs feuilles vertes se balancent délicatement au gré du vent chaud du Sahel, offrant ainsi un contraste flagrant avec le paysage sec et poussiéreux que les entoure. Des agriculteurs et des agricultrices se déplacent soigneusement entre les arbres, inspectent et arrachent les mauvaises herbes. Pour de nombreux habitants, ces arbres représentent bien plus qu’une simple restauration. Ils constituent un signe d’espoir dans une région en proie à la désertification et au changement climatique.
Depuis des années, les communautés du nord du Nigeria sont confrontées à une désertification croissante à mesure que le désert du Sahara continue de s’étendre vers le sud. Les forts vents endommagent les maisons et les terres agricoles, pendant que la baisse de la fertilité des sols et les pluies imprévisibles compliquent de plus en plus l’agriculture. À Garbadu, beaucoup de paysans et des paysannes ont abandonné leurs champs, car les récoltes ont diminué et les pénuries de nourritures ont empiré.
L’agriculteur Gadeja Shehu se rappelle comment les vents très poussiéreux arrachaient le toit de sa maison et détruisaient ses cultures. En 2021, il s’est joint à d’autres gens du village pour planter des arbres dans le cadre de l’initiative de la Grande muraille verte, une initiative africaine visant à restaurer les terres dégradées du Sahel.
Monsieur Shehu déclare : « Le projet a eu un réel impact ici. Avant, les vents forts arrachaient nos toits, mais, maintenant, ce n’est plus fréquent. Avant le reboisement, le sol retenait à peine l’eau, mais, désormais, il est humide et la région reverdit tranquillement. »
L’Union Africaine a lancé en 2007 l’initiative de la Grande muraille verte qui couvre 11 pays du Sahel, y compris le Sénégal, le Mali, le Niger, le Tchad et le Nigeria. Cette initiative vise à restaurer les terres dégradées, améliorer la sécurité alimentaire, créer des emplois et aider les communautés à s’adapter au changement climatique.
Au Nigeria, l’initiative consiste surtout à planter des arbres résistant à la sécheresse dans les états vulnérables du nord. Cependant, le projet n’implique pas seulement la plantation d’arbres. Il fait également la promotion de la conservation des sols et de l’eau, appuie le secteur de l’agriculture et de l’élevage et offre des possibilités d’emplois aux communautés locales.
Murtala Bado, le chef du village de Garbadu, raconte que les membres de la communauté comprennent mieux désormais l’importance de protéger les arbres et de restaurer l’environnement. Les habitants surveillent les sites du projet et luttent contre la coupe d’arbres dans les zones restaurées,
Monsieur Bado déclare : « Ce projet ne peut pas fonctionner s’il n’y a personne pour s’en occuper. Le fait de voir les gens se manifester et de s’y intéresser signifie qu’il sera viable à long terme. »
Les organisations internationales et les partenaires de développement ont considérablement investi dans l’initiative au fil des ans. Les financements appuient les activités de restauration des terres et aident à renforcer la sécurité alimentaire et hydrique. Selon certains spécialistes soutiennent que le projet pourrait devenir l’une de plus grandes initiatives en matière de résilience climatique dans le monde si sa mise en œuvre continue à prendre de l’ampleur.
Toutefois, des défis demeurent. Les conflits armés et l’insécurité dans certaines régions du Sahel ralentissent encore le travail de restauration dans certaines zones. Les problèmes de financement et les retards de distribution des ressources limitent également sa progression. Dans certaines communautés, l’insécurité a entraîné l’abandon forcé des sites de restauration.
Malgré ces difficultés, les habitants de Garbadu continuent de prendre soin des arbres qu’ils ont plantés. Les agriculteurs et les agricultrices affirment constater déjà une amélioration au niveau de l’humidité du sol et une réduction de l’érosion autour de leurs champs.
Pour les communautés qui vivent en première ligne de la désertification, la restauration des terres ne consiste pas seulement à protéger l’environnement. Il s’agit également de protéger les moyens de subsistance, les réserves alimentaires et l’avenir de leurs communautés.
Photo : Jabiru Muhammed debout à côté d’un arbre planté dans le cadre de l’initiative de la Grande muraille verte dans son village, dans l’État de Jigawa. Mention de source : Promise Eze/IPS
La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Promise Eze pour IPS, intitulé « Ambitious Great Green Wall Shows Slow, Steady Progress in Strengthening Landscapes, Improving Livelihoods. »Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://www.ipsnews.net/2026/05/ambitious-great-green-wall-shows-slow-steady-progress-in-strengthening-landscapes-improving-livelihoods/