Nigeria : Des prêts accordés par une coopérative de producteurs de riz permettent aux membres d’acquérir des fraiseuses de riz

| mai 30, 2022

Téléchargez cette nouvelle

Nouvelle en bref

Iorkumba Terfa possède plusieurs fraiseuses de riz qu’il a achetées grâce à un prêt de l’association Adikpo Rice Millers Cooperative, dont il est membre. Au sein de la coopérative, certains membres ont leurs propres fraiseuses et d’autres vendent le riz usiné à Adikpo. Selon monsieur Terfa, les meunier.ère.s doivent verser une cotisation journalière, hebdomadaire ou mensuelle égale à 30 pour cent de leurs prêts et les vendeur.euse.s une contribution égale à 35 pour cent du montant qu’ils/elles souhaitent emprunter à la coopérative. Il est fortement conseillé aux membres de la coopérative d’honorer leurs engagements au titre des prêts consentis et d’utiliser les prêts comme convenu. Les membres bénéficiaires des prêts doivent fournir des garanties et ont une période de grâce de deux mois pour s’assurer de rembourser les prêts à temps. Monsieur Terfa affirme que le prêt de la coopérative a ouvert un nouveau chapitre dans sa vie, car il arrive désormais à subvenir aux besoins de sa famille grâce au revenu que lui rapportent ses fraiseuses de riz.

C’est jeudi matin et Iorkumba Terfa a déjà ouvert l’étal de son moulin à riz. Le ronronnement des fraiseuses à riz et le bruit des camions lourds transportant le son de riz remplissent l’air, obligeant les gens à parler très fort.

C’est une journée chargée, et même le vent poussiéreux de l’harmattan n’interrompt pas les activités de la meunerie. Le riz local est particulièrement très prisé à cause de la hausse du prix du riz importé, ce qui est profitable pour la meunerie.

Monsieur Terfa vit à Adikpo, à environ 150 kilomètres de Makurdi, dans l’État de Benue, au Nigeria. Cela fait plus de 22 ans qu’il usine le riz. Il déclare : « Beaucoup de gens viennent en ce moment à la meunerie, car c’est bientôt Noël. Nous ne voyons pas ça d’habitude. »

Monsieur Terfa possède plusieurs fraiseuses qu’il a achetées grâce à un prêt de l’association Adikpo Rice Millers Cooperative, dont il est membre. Il explique : « L’accès aux crédits de la coopérative m’a permis d’acquérir un équipement de transformation du riz tel qu’un épierreur, un cône à polir et des machines de conditionnement. »

Il déclare : « Nous gérons un fonds renouvelable toute l’année dans notre coopérative. Nous faisons des cotisations, afin que les membres puissent obtenir des prêts pour augmenter leur chiffre d’affaires. J’en ai beaucoup bénéficié parce que j’ai utilisé le prêt pour acheter des fraiseuses de riz. »

La coopérative est formée de membres qui ont leurs fraiseuses et ceux qui vendent du riz usiné à Adikpo. Les propriétaires de fraiseuses de riz et les personnes qui vendent du riz ont leurs associations respectives, mais ils peuvent adhérer aux deux.

Monsieur Terfa explique : « Pour adhérer à la coopérative et avoir accès aux prêts, une personne peut être membre d’une des associations. Elle doit également donner le nom d’une personne qui se portera garante si jamais elle ne parvient pas à rembourser son crédit. » Cette personne s’appelle un « garant. »

Aux dires de monsieur Terfa, les meunier.ière.s doivent apporter une contribution journalière, hebdomadaire ou mensuelle égale à 30 pour cent de leurs prêts et les vendeur.euse.s de riz une contribution égale à 35 pour cent du montant qu’ils/elles souhaitent emprunter à la coopérative.

Il déclare : « Vous devez préciser dans quoi vous voulez investir l’argent avant qu’on vous accorde le prêt. Vous pouvez utiliser les prêts pour augmenter votre chiffre d’affaires ou acheter des fraiseuses. »

Il est fortement conseillé aux membres de la coopérative de tenir leurs engagements au titre des prêts et d’utiliser les prêts aux fins convenues. Les responsables de la coopérative supervisent et surveillent les personnes qui empruntent pour s’assurer que le prêt est utilisé à bon escient.

Les membres doivent également donner une garantie pour obtenir un prêt. Il peut s’agir de titres fonciers ou d’autres biens. Si l’emprunteur.euse n’arrive pas à rembourser le prêt, la garantie peut servir à le rembourser. Parfois, cela signifie que les propriétés de la personne seront confisquées et vendues.

Monsieur Terfa explique : « Après avoir acheté l’équipement destiné à l’usinage, l’emprunteur.euse doit soumettre le reçu de l’équipement acheté, et ce reçu lui sera rendu seulement une fois la dette totalement remboursée. Les membres doivent commencer à rembourser le prêt avec des intérêts de 10 pour cent après une période de grâce d’un mois. »

Selon monsieur Terfa, en 2021, la coopérative a accordé des prêts à cinq membres pour acheter des fraiseuses. La coopérative a également donné de l’argent pour des services communautaires tels que l’entretien des routes de la région qui servent au transport du riz.

Terundu Iorngurum est également meunière à Adikpo et elle préside l’Adikp Rice Millers Association. La femme de 52 ans a plus de 10 ans d’expérience dans l’usinage du riz et elle a également bénéficié des prêts de la coopérative.

Madame Iorngurum vend également du riz. Elle déclare : « Nous vendons la tine de riz à 7 000 nairas nigérians (17 $ US). Par jour, je vends près de 300 tines. Trois tines font un sac de riz de 50 kilogrammes. »

Les membres remboursent les prêts en versements mensuels. La coopérative accorde aux personnes qui prennent des prêts une période de grâce de deux mois pour s’assurer qu’elles rembourseront. Après cette période, elles sont considérées comme étant en défaut. Pour assurer la transparence et l’équité pour les membres, les responsables de la coopérative ne sont pas autorisés à demander des prêts pour eux-mêmes tant que leur mandat d’un an n’est pas terminé.

Monsieur Terfa soutient que le prêt que la coopérative lui a accordé a ouvert un nouveau chapitre dans sa vie, car il arrive désormais à subvenir aux besoins de sa famille grâce au revenu de ses fraiseuses. Il explique : « J’ai fini de construire ma maison. Je n’ai pas de problème non plus pour payer les frais de scolarité de mes enfants. »

La présente nouvelle a été financée par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) dans le cadre du Partenariat pour la transformation agricole inclusive en Afrique (PIATA).

Photo : Des agriculteurs utilisent une fraiseuse de riz pour usiner le riz dans le Cluster de rizerie de Dandume à Katsina, au Nigeria. Crédit : ©IFPRI/Ian Masias.