Nigeria : Des agriculteurs font sécher les tomates pour réduire les pertes après récolte

| juin 8, 2020

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Nouvelle en bref

Dans l’État de Kano, au Nigeria, Kulu Abdullah se rend dans une ferme de tomates voisine pour cueillir, découper et faire sécher des tomates au soleil, en bordure de route. Musu Kalla embauche des femmes comme madame Abdullah pour faire sécher les tomates afin d’éviter qu’une grande quantité pourrissent durant la saison chaude. Il affirme que les conditions météorologiques difficiles peuvent entraîner la perte de jusqu’à 30 pour cent de ses récoltes. Par conséquent, il paie une main-d’œuvre pour faire sécher les tomates qui peuvent ainsi se conserver plus longtemps. Bien que les tomates séchées rapportent moins d’argent que les fraîches, cela est plus rentable que de les laisser pourrir.

Il est presque huit heures en ce lundi matin et il fait 42 degrés. Kulu Abdullah quitte son domicile et marche rapidement vers des fermes de tomates situées à deux kilomètres. Elle se dépêche pour aller faire sécher des tomates en compagnie d’autres jeunes femmes qui se rendent également vers les mêmes fermes.

Madame Abdullah déclare : « Généralement, je me rends dans une des fermes de tomates pour cueillir ou aider à conserver des tomates pendant la saison chaude. Nous ôtons les tomates abîmées, [et] découpons et faisons sécher les tomates au soleil au bord de la route pour réduire les pertes après récolte. »

Madame Abdullah est originaire du village de Kura, dans l’État de Kano, au Nigeria. Elle est la première épouse de son mari qui a souffert d’une paralysie pendant deux ans. Il n’a plus de revenu à cause de son état. Par conséquent, madame Abdullah doit chercher de l’argent pour la famille. Entre autres moyens de gagner sa vie, elle fait sécher des tomates.

Elle est payée 200 nairas (0,51 $ US) pour chaque sac de tomates qu’elle cueille, découpe et fait sécher au soleil. Elle est heureuse d’avoir ce travail, car cela lui permet de subvenir aux besoins de sa famille.

Musa Kala fait partie des agriculteurs(rices) qui cultivent les tomates que madame Abddullah et les autres femmes font sécher.

Il explique qu’en saison chaude, les tomates s’abîment facilement à cause des conditions météorologiques difficiles. Il fait sécher les tomates pour réduire ses pertes financières. Monsieur Kalla déclare : « Cela fait plus d’une décennie que je fais sécher les tomates. Nous avons appris cela de nos parents et nos grands-parents. »

Il ajoute : « Depuis mon enfance, je coupe les tomates en morceaux et les fais sécher au soleil pendant quelques jours jusqu’à ce qu’elles sèchent très bien. Je les emballe dans un sac prêt pour la vente plus tard. »

Selon monsieur Kalla, s’il ne fait pas sécher les tomates de sa ferme d’un hectare et demi, ses pertes avoisinent 30 pour cent en saison chaude. Bien qu’il doive payer une main-d’œuvre pour découper et faire sécher ses tomates, il affirme que cela en vaut la peine pour réduire ses pertes.

Il soutient qu’il existe d’autres méthodes pour faire sécher et conserver les tomates. L’une d’elles consiste à mettre les tomates dans une jarre, entourer la jarre de sable et mouiller le sable. Cela refroidit le pot et augmente la durée de conservation des tomates.

Il explique : « L’inconvénient avec cette méthode, c’est qu’elle ne permet pas de placer une grande quantité de tomates dans la jarre. La meilleure solution pour conserver les tomates, c’est les découper en morceaux et de les faire sécher au soleil. »

Garzali Ali est cultivateur dans le village de Kwana Gafan, dans la région administrative de Garun Mallam. Lui aussi fait sécher ses tomates, et croit que le séchage est la meilleure solution pour minimiser les dégâts et s’assurer de pouvoir vendre les tomates plus tard.

Selon monsieur Ali, même si les tomates séchées ne sont pas aussi rentables que les fraîches, il est préférable de les faire sécher que de les laisser se gâter.

Il explique : « Le sac de tomates séchées coûte 3 000 nairas (7,72 $ US), tandis que la caisse de tomates fraîches se vend à 4 500 nairas (11,58 $ US). »

Hajiya Karima Sani, qui vit également dans l’État de Kano, affirme qu’elle préfère acheter les tomates séchées, car elles coûtent moins cher, et les ragoûts et les soupes qu’elle prépare avec se conservent plus longtemps. Elle explique : « Je trempe normalement les tomates séchées dans de l’eau chaude pendant 30 minutes pour les ramollir avant de les écraser. Cela permet de les débarrasser de la plus grande quantité de saletés possible et de tuer les germes. »

Auwal Salisu est le coordonnateur agricole nigérian de Pyxera, une ONG internationale à caractère commercial. Il affirme que l’avantage de sécher les tomates c’est que cela permet de réduire considérablement les pertes après récolte, le plus grand défi en termes de production de tomates.

Monsieur Salisu encourage les agriculteurs(rices) à faire sécher les tomates pour éviter le gaspillage. Il soutient, cependant, qu’ils doivent s’assurer de ne pas les faire sécher à même le sol et éviter d’utiliser des sacs sales pour l’emballage. Ces pratiques rendent les tomates séchées non attrayantes pour le marché local et international.

Il déclare : « Plusieurs techniques sont testées pour la conservation des tomates, mais la façon la plus simple et la moins coûteuse c’est de les faire sécher au soleil. »