Florence Ugbem | novembre 25, 2024
Nouvelle en bref
Yusuf Kuje a vu sa terre agricole, ainsi que ses récoltes, pâtir de l’érosion du sol, du soleil brûlant et de l’imprévisibilité des pluies ces dernières années. Cependant, il plante désormais des arbres à côté de son riz, son haricot, son maïs, ses melons et d’autres cultures. Les arbres protègent le sol du soleil, ralentissent le ruissellement d’eau et protègent la terre des vents forts. Il fait également du paillis avec des feuilles sèches, de la balle de riz et de l’herbe afin d’améliorer ses sols. Les arbres peuvent également lui procurer un revenu supplémentaire lorsqu’il vend leurs fruits.
Il est 8 h en ce jeudi matin au village d’Alagye, situé à 45 kilomètres de Lafia, la capitale de l’État de Nasarawa, au Nigeria, où Yusuf Kuje, 38 ans, entretient son exploitation de cinq hectares. Il consacre deux hectares et demi au riz et le reste de la superficie à l’agriculture mixte, notamment du sésame, du haricot, du soja, du maïs et du melon.
Au fil des ans, la terre agricole de monsieur Kuje a souffert de la dégradation et du ruissellement des eaux à cause du changement climatique, du soleil brûlant et de la mauvaise gestion. Cependant, il a confiance qu’il obtiendra une meilleure récolte de soja et de haricot au cours de la prochaine saison, car lui et d’autres agriculteurs et agricultrices formés par la Sasakawa Africa Association pratiquent maintenant la régénération naturelle assistée, ou RNA.
Depuis la formation, il exploite à côté de chez lui trois hectares où poussent des palmiers à huile, des manguiers, des neem et du maliana, connu également sous le nom d’acajou d’Afrique. Il a planté les arbres avec ses cultures pour prévenir le ruissellement des eaux, apporter de l’ombrage au sol et améliorer la qualité de l’air.
Il ajoute : « À la formation, nous avons appris à faire du paillis avec des feuilles sèches, de la balle de riz et de l’herbe, et j’ai mis cela en pratique sur mon champ de maïs et de soja. Mon soja se porte bien et je m’attends à une récolte abondante. »
Il récolte actuellement le riz et compte continuer à planter des arbres sur son exploitation. Il déclare : « Je suis satisfait des résultats. La qualité de l’air est meilleure. »
Abdullahi Dandala Adi est le coordonnateur de zone de la Sasakawa Africa Association et il aide les agriculteurs et les agricultrices d’exploitations familiales à avoir de meilleurs moyens de subsistance grâce à des pratiques intelligentes face au climat et à la RNA. Ils ont formé et sélectionné plus de 3000 agriculteurs et agricultrices de l’État de Nasarawa, au centre-nord du Nigeria, en vue de pratiquer le paillage pour planter des arbres et éviter la déforestation et le ruissellement d’eau. En outre, les arbres abritent le sol des effets du soleil, et protègent les terres agricoles des vents forts. Les agriculteurs et les agricultrices sont également encouragés à produire des cultures de couverture, telles que le sorgho et les légumineuses.
Monsieur Adi déclare : « Nos données révèlent que, sur environ 2000 agriculteurs formés, 310 d’entre eux qui ont appliqué effectivement la RNA admettent avoir un meilleur sol et de meilleures récoltes. »
Stella Dalla, 44 ans, est une mère de trois enfants qui vit à Assakio, à environ 30 minutes de Lafia, et qui également une bénéficiaire de la Sasakawa Africa Association. Elle compense son emploi d’enseignante en pratiquant l’agriculture sur leur terrain de trois hectares, où ils cultivent du riz, du maïs, des arachides, du niébé et du sorgho.
Elle explique : « On nous a encouragés à ne plus couper d’arbres, mais à planter plutôt des arbres d’intérêt économique avec nos cultures. La plantation d’arbres réduit l’érosion du sol, favorise la circulation de l’oxygène et l’infiltration de l’eau, tout en apportant des éléments nutritifs au sol. » De plus, les arbres permettent d’avoir un revenu supplémentaire grâce à la vente de leurs produits.
Madame Dalla a planté des manguiers, des palmiers à huile, des orangers, des bananiers et des plantains. Elle déclare : « En plus des avantages qu’ils procurent au sol, ces arbres généreront un revenu à ma famille. La plantation de cultures de couverture comme le niébé et le sorgho améliore mon sol, tandis que les arbres font ombrage aux effets rudes du soleil. »
Elizabeth Odaudu est une retraitée de 66 ans, résidente de Logo 2, qui a également adopté la RNA qu’elle a apprise du spécialiste Donald Akule. Elle cultive une variété de fruits et de légumes, y compris l’anacarde, la mangue, le cocotier nain et la banane dans son verger. Elle vend des semis et élève des lapins. Elle déclare : « Pour prévenir la déforestation, on m’a conseillé de planter des arbres et de les tailler, au besoin, plutôt que de les abattre. »
Elle ajoute : « Le paillage et la fosse de compost aident véritablement mes plantes à produire des fruits plus gros et plus savoureux qu’avant. Mes ventes ont augmenté maintenant. »
Grâce à la RNA, les agriculteurs et les agricultrices de l’État de Nasarawa découvrent qu’ils peuvent avoir des sols en meilleure santé et des revenus plus importants.
