Namibie: Les agriculteurs creusent des canaux pour sauver les cultures inondées (par Johanna Absalom pour Agro Radio Hebdo en Namibie)

| avril 9, 2012

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Les fermiers pratiquant l’agriculture de subsistance dans le nord de la Namibie ont bon espoir d’avoir de meilleures récoltes cette année, alors qu’ils tentent de sauver les récoltes menacées par de fortes pluies.

Getrud Aron, Namushingo Mateus et Hilma Asser sont voisins et vivent dans le village d’Oshaandja, dans la région d’Oshana. Ils sont à pied d’œuvre pour essayer de sauver leurs récoltes, malgré des dommages causés par les inondations. Les agriculteurs ont planté en novembre et décembre. De fortes pluies sont tombées à la mi-janvier et les champs ont été rapidement inondés.

C’est la quatrième année consécutive que le village a été frappé par de fortes pluies qui ont inondé les champs des agriculteurs.

Mme Aron vit dans le village depuis près de 35 ans. Elle dit : « Après quelques années de mauvaises récoltes, nous avons pensé à un moyen d’améliorer la situation. Nous avons décidé de sauver nos cultures en drainant l’eau. » Quand elle a vu que cette pratique fonctionnait bien pour ses voisins, elle a décidé de suivre cet exemple.

M. Mateus explique que chaque ménage se concentre sur l’élimination de l’eau au niveau de son propre champ. Tout d’abord, les agriculteurs identifient les parcelles inondées qui n’ont pas été gravement endommagées. Puis ils utilisent des bêches, des houes, des brouettes et des pelles. Ils creusent des canaux de sorte que l’eau puisse s’écouler des champs vers la plaine.

C’est une tâche difficile et qui requiert beaucoup de main-d’œuvre. Le sol est lourd. Selon M. Mateus, cinq ou six personnes d’un même ménage travaillent chaque jour pendant huit heures. Parfois, les agriculteurs voisins s’entraident.

Ces dernières années, le nord de la Namibie a reçu des précipitations supérieures à la moyenne. Face à ce grand défi, les agriculteurs du village d’Oshaandja se sont organisés pour sauver eux-mêmes leurs cultures de sorgho et de mil.

Les agriculteurs disent que leur initiative a été utile. Les champs drainés sont en bien meilleur état que ceux où l’on a rien fait. M. Mateus dit : « Dans les parties de champ qui n’ont pas été drainées, les plantes ont été gravement endommagées. Mais nous avons sauvé les autres. »

Confrontés aux défis posés par une météo incertaine, les agriculteurs continuent d’explorer des pratiques innovantes telles que celles consistant à creuser des canaux, pour que l’excès d’eau s’écoule. Mme Aron a bon espoir que leurs efforts porteront des fruits. Elle dit : « Cette année, nous pourrions une fois de plus avoir [un] surplus. »