Mozambique : Des producteurs de pois d’Angole emploient des méthodes traditionnelles pour mettre les récoltes à l’abri des ravageurs

| mars 21, 2022

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Nouvelle en bref

Monsieur Nelson vit à Gondola, un village de la province de Manica, à l’ouest du Mozambique. Cela fait plus de dix ans qu’il cultive, mais il a commencé à produire les pois d’Angole il y a deux ans seulement. Pour lutter contre les ravageurs, monsieur Nelson utilisait avant des pesticides, mais il a cessé de le faire en raison de leur coût élevé. L’humidité fait que les pois d’Angole pourrissent durant l’entreposage. Pour mettre ses pois d’Angole à l’abri de l’humidité, il les fait sécher et les emballe dans des sacs qu’il entrepose dans un lieu frais et sec, à une température variant de 25 à 30 degrés. Jonas Augusto Alfinete est lui aussi un cultivateur de pois d’Angole dans la province de Manica. Il se sert de méthodes traditionnelles pour lutter contre les charançons, en entreposant les pois non décortiqués dans un fût en plastique scellé et en allumant un feu de bois sous sa grange pour que la fumée éloigne les charançons. Pour les agriculteur.trice.s qui n’ont pas les moyens de se procurer des pesticides, les spécialistes leur recommandent d’appliquer de la cendre de tiges de maïs et du ciment ou simplement la cendre de maïs aux récoltes.

Zacarias Nelson se lève tôt pour épandre de l’engrais sur son champ de pois d’Angole. En quelques heures, le soleil brille avec éclat et la chaleur est forte. Bien que l’agriculteur s’attende à une récolte exceptionnelle, il craint de perdre une partie de ses pois à cause de ravageurs tels que les charançons.

Il déclare : « Pour moi, il est indispensable que je protège mes pois d’Angole pour éviter et réduire les pertes qui surviennent à cause du pourrissement et des infestations de ravageurs. Après la récolte, les charançons attaquent le pois d’Angole et si l’agriculteur ne fait pas très bien sécher sa récolte, l’humidité fait que la denrée commence à pourrir. »

Monsieur Nelson vit à Gondola, un village de la province de Manica, à l’ouest du Mozambique. Cela fait plus de dix ans qu’il cultive, mais il y a seulement deux ans qu’il a commencé à cultiver le pois d’Angole.

Pour lutter contre les ravageurs, monsieur Nelson utilisait avant des pesticides, mais il a cessé de le faire par la suite en raison de leur coût élevé.

Il explique : « Pour préserver la qualité de ma récolte, j’avais l’habitude d’appliquer un pesticide qui peut la protéger pendant trois à six mois. Mais comme ce pesticide coûte très cher, j’utilise maintenant de la cendre de tiges de maïs, une méthode traditionnelle pour lutter contre les charançons qui nuisent aux pois d’Angole. »

L’humidité fait que les pois d’Angole pourrissent durant l’entreposage. Il déclare : « Pour protéger mes pois [de l’humidité], je les fais sécher et les emballe dans des sacs que j’entrepose dans un endroit frais et sec où la température varie entre 25 et 30 degrés. »

Jonas Augusto Alfinete est lui aussi cultivateur de pois d’Angole de la province ce Manica. Comme les pesticides coûtent cher, il cherche des moyens pour mettre le pois à l’abri des charançons.

Monsieur Alfinete affirme faire partie des nombreux agriculteur.trice.s de sa région qui emploient des méthodes traditionnelles pour contrôler les charançons. Il ajoute : « J’entrepose les pois d’Angole non décortiqué dans un fût en plastique scellé, ce qui permet ainsi de prolonger la durée de conservation jusqu’à trois mois. J’allume également un feu de bois sous ma grange. La fumée qui s’en échappe éloigne les charançons des pois. »

Elias Massiza est un technicien professionnel agropastoral du Service régional des activités économiques de la province de Manica. À ses dires, en raison des coûts élevés des sacs hermétiques, les agriculteur.trice.s ont recours aux anciennes méthodes pour préserver leurs récoltes.

Monsieur Massiza explique : « Il existe deux façons de conserver la récolte de pois d’Angole, à savoir : la méthode traditionnelle et la méthode moderne. Traditionnellement, on conserve les pois dans leurs coques dans un canari en terre, un fût ou des sacs conventionnels. Cependant, il n’est pas conseillé d’entreposer le pois d’Angole non décortiqué, car cela facilite son pourrissement, et les sacs non hermétiques permettent parfois à l’humidité de toucher aux pois. Les granges pourraient constituer une autre solution. »

Selon monsieur Massiza, les ravageurs qui attaquent les pois d’Angole au stade de floraison et après la récolte englobent la chenille mineuse, la sauterelle élégante et les charançons.

Pour lutter contre les ravageurs après la récolte, monsieur Massiza soutient que les producteur.trice.s devraient pulvériser des pesticides s’ils/elles en ont les moyens. Il ajoute : « S’ils n’ont pas d’argent, les agriculteurs peuvent appliquer de la cendre de tiges de maïs et du ciment ou simplement la cendre de maïs. Ils peuvent également la technique de nos ancêtres qui consiste à préparer sous la grange, ce qui permet à la fumée de tenir les ravageurs à l’écart. »

Monsieur Massiza déclare : « Actuellement, les agriculteurs en milieu rural n’ont pas les moyens d’acheter des pesticides. Par conséquent, je leur recommande d’utiliser des pesticides faits maison tels que la cendre de tiges de maïs, notamment au stade végétatif, de croissance, de floraison et même après la récolte. Ces moyens ne coûtent rien et les agriculteurs ne perdent pas d’argent. »

Bien que monsieur Nelson peine à protéger sa récolte de pois d’Angole contre les charançons, il arrive à les gérer et à subvenir aux besoins de sa famille grâce à ces méthodes traditionnelles. Il déclare : « L’an dernier, j’ai gagné 7 000 méticais mozambicains (109 $ US) et j’ai pu subvenir aux besoins de ma famille, couvrir les dépenses scolaires de mes enfants et acheter des intrants pour la saison agricole suivante. »

Cette nouvelle a été produite grâce à une subvention de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GmbH (GIZ) qui met en œuvre le programme des Centres d’innovations vertes.

Photo : pois d’Angole récolté au Kenya, juillet 2016. Crédit : Muthoni Njiru pour AVCD.