Mali : Des soins cliniques permettent à un couple d’avoir des enfants après huit ans de mariage

| décembre 6, 2024

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Nouvelle en bref

À Djalakorobougou, au Mali, Odile Dembélé Sissoko chérit les moments paisibles avec ses deux enfants après deux ans de lutte contre l’infertilité. Après trois ans de mariage sans enfant, son époux et elle eurent recours à une assistance médicale. Les examens révélèrent des problèmes au niveau des ovaires et des trompes de Fallope de madame Dembélé. Grâce au soutien de son mari, qui a lui aussi réalisé des tests de fertilité, le couple réussit après une année de traitement. Maintenant, madame Dembélé plaide pour une sensibilisation au problème d’infertilité, et insiste sur l’importance de l’espoir et des soins professionnels pour surmonter ce type de problème.

Il est 8 h du matin à Djalakorobougou, un quartier périphérique de Bamako, au Mali. Pendant que les membres de la grande famille Sissoko vaquent à leurs occupations quotidiennes, Odile Dembélé ,épouse Sissoko, profite d’un rare moment de quiétude avec sa fille âgée d’un an. Ce moment de plaisir lui fait oublier les nombreuses années de lutte que son mari et elle ont traversé, dans leur quête pour devenir parents. Elle se souvient de ces années de mariage sans enfant, déclarant : « Avant l’arrivée de notre premier enfant en 2021, on a dû attendre dans l’anxiété et le stress. » Maintenant, avec deux enfants, la famille Sissoko est enfin complète, et les matinées comme celle-ci sont remplies de gratitude.

Madame Sissoko explique qu’après trois années de mariage sans enfant, elle et son mari commencèrent à s’inquiéter. C’est alors qu’ils décidèrent de consulter un gynécologue. Les consultations révélèrent un gonflement anormal de l’ovaire et un dysfonctionnement d’une des trompes de madame Sissoko. 

Elle déclare : « L’infertilité est très difficile à supporter, surtout dans notre communauté où l’enfant est le pilier du mariage. Cette situation m’a causé une dépression. Mais avec le soutien infaillible de mon mari, on a trouvé une solution. » C’est alors que le couple a décidé de suivre le traitement du gynécologue.

Madame Sissoko explique qu’elle a eu le soutien de son mari pendant cette période difficile. Il l’accompagnait pour ses rendez-vous avec le gynécologue et acceptait de se soumettre aussi aux examens. Elle déclare : « Chez nous, certains hommes n’acceptent pas les examens. Ils pensent à tort que le problème d’infertilité concerne la femme. »

Fatamba est le mari d’Odile Sissoko. Il a subi un examen de spermogramme pendant la période de lutte de sa femme contre l’infertilité. Monsieur Sissoko se souvient que le médecin lui a prescrit quelques médicaments pour améliorer la qualité de son sperme et traiter des infections. Il explique aussi qu’il a dépensé cher pour le traitement de sa femme. Il déclare : « J’étais convaincu que l’infertilité n’était pas une fatalité. Et la solution est finalement venue grâce au traitement clinique qui s’est étalé sur une année. »

Grâce à l’implication et à la patience de monsieur Sissoko, le couple a retrouvé un nouveau souffle avec la naissance de leur premier enfant. Madame Sissoko raconte : « C’est après avoir eu mon premier enfant que j’ai compris que l’enfant est la base d’un mariage. Tout a changé, même le comportement de mon mari envers moi. Nous avons maintenant deux enfants ! » 

Le Dr Saleck Doumbia, un gynécologue-obstétricien au Centre de santé de référence de la commune V de Bamako, souligne qu’au Mali, beaucoup de couples, toutes catégories confondues, font face au problème d’infertilité. Le Dr Doumbia explique que l’infertilité peut être diagnostiquée en l’absence de grossesse après 12 à 24 mois de rapports sexuels, réguliers, non protégés. Mais cette durée est réduite à six mois lorsque la femme a plus de 35 ans. 

Le Dr Doumbia explique que l’infertilité peut toucher les femmes et les hommes. Chez la femme, l’infertilité peut avoir pour causes, les troubles hormonaux, le diabète, l’hypertension, les maladies chroniques, les infections, les problèmes au niveau des trompes de Fallope ou des ovaires. Chez l’homme, il peut y avoir des infections, des problèmes d’hydrocèle et de hernie ou des déséquilibres hormonaux. Le Dr Doumbia ajoute qu’il faut distinguer l’infertilité de la stérilité qui est une situation permanente. 

Le Dr Doumbia soutient qu’il existe des traitements pour l’infertilité. Ces solutions incluent les chirurgies, la correction des troubles hormonaux, les traitements médicaux ou la procréation médicalement assistée, dont le coût minimum est estimé à deux millions de francs CFA (1 643 $) au Mali. Les patients paient ce montant, et peuvent payer par tranche. Ces interventions ne sont pas subventionnées par l’État ou d’autres organisations.

Si un couple n’a pas les moyens de s’offrir ces interventions, il peut continuer à tester d’autres solutions moins coûteuses comparativement à la procréation assistée.

Depuis six ans maintenant, madame Sissoko est membre de l’Association des Femmes Désireuses d’Enfants (AFDE), créée en 2018, et qui lutte pour la cause des femmes infertiles au Mali, dans laquelle elle partage son expérience et donne espoir à celles qui vivent une situation d’infertilité. Elle conclut : « Il faut avoir de l’espoir et consulter un gynécologue pour une meilleure prise en charge. » 

Cette ressource a été produite grâce à l’initiative « HÉRÈ — Bien-être des femmes au Mali » qui vise à améliorer le bien-être des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et reproductive et à renforcer la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre dans les régions de Sikasso, Ségou, Mopti et le district de Bamako au Mali. Le projet est mis en œuvre par le Consortium HÉRÈ — MSI Mali, en partenariat avec Radios Rurales Internationales (RRI) et Women in Law and Development in Africa (WiLDAF) grâce au financement d’Affaires mondiales Canada.

Photo : Odile Dembélé Sissoko avec ses deux enfants au Mali, prise par Issa Togola en 2024.