Dioro Cissé | février 2, 2026
Nouvelle en bref
À Niono, situé à environ 100 kilomètres de Ségou, au Mali, le riziculteur Birama Faronta ranime une technique de labour traditionnelle, afin de récupérer les champs infertiles. Membre de la coopérative « Riz du village », il transforme les résidus de riz en un engrais naturel en labourant délicatement les champs et en les inondant pendant deux semaines. Cette méthode, qu’il a apprise de son père, a doublé sa production de riz, qui est passée de six à 12,5 tonnes de riz sur deux hectares. Vulgarisée dans le cadre du travail de la coopérative, cette pratique permet aux agriculteurs et aux agricultrices d’abandonner les engrais chimiques et de récupérer les terres dégradées.
À Niono, une région productrice de riz située à près de cent kilomètres de la ville de Ségou, au Mali, Birama Faronta, un riziculteur trentenaire, canalise de l’eau dans son champ de deux hectares, fraîchement labouré. Il est membre de la coopérative « Riz du village ». Il explique : « Après chaque récolte, je retourne la terre par-dessus les résidus de plants de riz. C’est un bon engrais naturel pour mon champ. »
Monsieur Faronta a appris cette technique de labour de son père. Cette méthode traditionnelle de fertilisation du sol lui permet d’accroître ses rendements.
À Niono, plusieurs agriculteurs et agricultrices ont abandonné leurs champs devenus infertiles à cause de la culture du riz. Monsieur Faronta explique que la surexploitation des champs, l’utilisation d’engrais chimiques et les faibles précipitations expliquent la dégradation des sols.
Il raconte que cette technique de labour est une solution locale qui permet de nourrir les terres agricoles. Il ajoute : « Nos parents n’avaient pas besoin d’engrais pour enrichir leurs sols. Depuis que j’ai adopté cette technique, mon champ est devenu plus fertile. » Monsieur Faronta explique que la technique consiste à retourner délicatement la terre au-dessus des résidus agricoles et a inondé le champ d’eau pendant au moins deux semaines. Ce processus transforme les résidus en compost et fertilise le sol.
Grâce à cette technique de labour, la production rizicole sur les deux hectares de monsieur Faronta est passée de six tonnes à 12,5 tonnes. Il explique fièrement qu’il vendra une partie de sa récolte pour soutenir l’activité commerciale de sa femme et payer les frais de scolarité de ses enfants.
Depuis plus de deux ans, monsieur Faronta partage son expérience avec d’autres membres de sa communauté qui ont formé une coopérative. Chaque semaine, ils se réunissent dans le champ d’un membre pour l’aider à appliquer cette technique. Grâce à ce travail collectif et d’entraide, ils économisent du temps et vivent en harmonie dans la communauté.
Le soutien de monsieur Faronta a suscité à nouveau chez les membres de sa communauté un intérêt pour la riziculture. À ses dires, les membres de la coopérative sont plus nombreux à abandonner les pratiques de la culture sur brûlis et l’utilisation d’engrais chimiques. Cela lui a permis de restaurer et de récupérer plus de huit hectares de terre épuisés pour la riziculture.
Bougouna Coulibaly est le responsable du secteur agricole de Ségou. Il pense que cette technique axée sur le groupe constitue une bonne approche pour le compostage naturel dans des régions productrices de riz. Monsieur Coulibaly ajoute que cette technique aide à combattre l’épuisement des sols et réduit considérablement l’utilisation et la dépendance aux engrais chimiques qui sont de plus en plus coûteux et qui nuisent aux champs.
Pour une efficacité accrue, monsieur Coulibaly recommande aux membres de la coopérative d’ajouter de la bouse de vache ou du foin avant d’inonder les champs. Il déclare : « En ajoutant du fumier organique, nous obtenons de meilleurs résultats. Cela renforce encore plus le sol et stimule la croissance des cultures. »
Habib Tangara est le fils du chef de village de Niono et il est membre de la coopérative de monsieur Faronta. Il utilise cette technique de labour pour produire du riz et du gombo. Il affirme avoir vendu plus de 25 sacs de riz de 100 kilogrammes cette année. La vente de sa production lui a rapporté plus de 500 000 FCFA (1 229 CAD). Il explique : « Nos champs sont beaucoup plus fertiles, et le travail collectif rend la tâche facile et agréable. »
Monsieur Faronta est convaincu que cette technique de labour protège plus la nature et est plus avantageuse pour les agriculteurs et les agricultrices. Il compte renforcer sa coopérative pour attirer plus de membres. Monsieur Faronta conclut : « Selon moi, nous devons retourner à nos pratiques traditionnelles plus saines et mettre à profit les avantages que la nature nous offre pour restaurer nos terres agricoles et vivre de la terre. »
